Theresa May est à Ankara pour « régler » la question de Chyprela politique de l’élargissement de l’UE est à un carrefour

par Dimitris Konstantakopoulos

La premier ministre britannique Theresa May s’est précipitée à Ankara pour discuter de Chypre, du Moyen-Orient et de l’admission de la Turquie à l’UE. Elle se rendra d’abord à Washington pour tester la position de la nouvelle administration américaine sur cette question et pour faire du lobbying pour la solution qu’elle veut imposer pour résoudre le conflit autour de Chypre. La Grande-Bretagne a toujours été l’architecte de la politique occidentale sur Chypre et Mme May va non seulement essayer d’influencer l’Administration américaine, mais, si c’est possible, obtenir que les américains tiennent leurs promesses à Erdogan, et le persuader d’aller de l’avant à Genève sur le plan concernant Chypre.

La Conférence internationale sur Chypre, hâtivement organisée à l’initiative du Président Anastasiades, sous la pression de l’ancienne adjointe au Secrétariat d’ Etat américain Victoria Nuland, a, comme objectif premier, d’abolir les accords de Zurich et de Londres de 1960, qui obligeaient la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie à garantir la souveraineté de la République de Chypre et puis, en second, à abolir la République de Chypre pour créer à sa place un protectorat international étrange et instable, placé sous le règne d’une « force internationale de police». (1)

Dans des conditions normales, May n’aurait aucune chance de succès. Mais Erdogan serait prêt à donner tout ce qu’elle lui demande, à deux conditions. Tout d’abord l’arrêt de toute aide aux Kurdes et ensuite la garantie qu’on n’essaiera pas de le renverser.

Mais les États-Unis dans le cadre de n’importe quelle administration, Trump y compris, ne sont pas prêts à « brader » les Kurdes, parce qu’ils les considèrent comme un atout stratégique majeur dans la région. De plus, le Pdg d’Exxon Mobil (un fervent partisan d’une solution de type Koffi Annan pour Chypre) a maintenant une influence officielle considérable à Washington et a déjà signé des contrats très lucratifs pour la prospection pétrolière au Kurdistan irakien.

L’atmosphère à Ankara, autour d’Erdogan, exprime la crainte d’une conspiration internationale qui remettrait en cause l’existence au Moyen Orient de tout Etat ayant une population supérieure à 10 millions d’habitants, selon la déclaration de l’ex-Consul à Mossoul, Ardaham Miletkveli, aujourd’hui député du CHP (parti à caractère républicain, social démocratique et laïc).

Mais personne ne sait quelles sont ces conditions « normales ». Tous ceux qui se sentent acculés veulent se persuader qu’il existe un autre chemin plus facile, et de nombreux dirigeants expérimentés avant M. Erdogan ont succombé à cette tentation. S’il y a quelqu’un dans le monde qui pourrait tenter d’organiser une telle opération si délicate, c’est bien le premier ministre de Grande-Bretagne Theresa May.

Les cartes britanniques

Le Premier Ministre britannique est probablement le seul dirigeant occidental qui pourrait avoir une chance d’être cru et suivi par le Président Erdogan de Turquie, qui soupçonne la majeure partie de l’establishment occidental d’être derrière la tentative du coup d’Etat contre lui, voire d’héberger toujours des plans visant à le renverser et à démembrer son pays (2)

Si Mme May a décidé d’aller personnellement persuader Erdogan, c’est parce qu’elle croit que l’affaire de Chypre, est d’une importance primordiale pour la Turquie. Trois raisons à cela : l’avenir des bases britanniques sur l’île, l’avenir des relations Turquie-UE et, aussi, éventuellement, quelques autres plans pour le Moyen-Orient. (3)

Il y a une quatrième raison pour laquelle Mme May se précipite à Ankara. C’est que nous nous dirigeons à pleine vapeur vers une nouvelle crise en Grèce et dans l’UE, elle pense donc que le moment est favorable avant que tout n’explose. L’Allemagne, la Commission européenne et le FMI vont organiser une nouvelle attaque sur les Grecs, la Grèce et son gouvernement (qui a déjà accepté le règlement proposé pour Chypre). Mme May joue la course contre la montre.

La Grande-Bretagne a perdu son Empire mais pas ses instincts et son talent diplomatique. L’été dernier l’Ambassadeur de Grande-Bretagne à Ankara a été le seul représentant diplomatique occidental à dénoncer rapidement le coup d’État. Bien sûr, on peut se demander comment le Service de renseignement britannique ne savait rien sur un coup d’Etat imminent dans l’un des pays les plus importants de l’OTAN, ou s’il savait, pourquoi il n’a pas prévenu le gouvernement d’une nation alliée et amicale. Mais les officiels turcs, probablement très heureux de recevoir tout type de soutien de l’Occident à cette époque, ont préféré ne pas mettre en doute les intentions des britanniques.

Nous ne savons pas quels cadeaux Mme May a dans ses bagages, ni quelles modalités à mettre en œuvre au Moyen Orient. Elle dira probablement à M. Erdogan combien ces dirigeants occidentaux qui jouent avec le feu kurde sont irresponsables et elle lui promettra qu’elle leur fera reprendre leurs esprits. Elle va sans doute essayer de le persuader de combien Israël et l’Arabie saoudite sont de meilleurs amis que ces personnes impolies et rustres comme le président de la Fédération Russe et les Ayatollahs de Téhéran. Et après tout, au Moyen Orient, les alliances et les amitiés peuvent changer plus rapidement que les saisons.

Ce que nous savons c’est que Mme May peut donner à Erdogan un rôle accru dans l’Union européenne, avec une Turquie qui obtiendrait beaucoup des pouvoirs liés à une adhésion à part entière dans l’Union.

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C’est ce qui intéresse la Turquie et c’est pourquoi le premier ministre Yildirim a expliqué que si l’affaire de Chypre est conclue, « la Turquie devra être traitée en tant que membre de l’Union européenne ». Le vice-président de son gouvernement a également demandé le droit pour tous les citoyens Turcs qui souhaiteraient s’établir à Chypre, le soient avec tous les droits attachés à un territoire qui en fait, appartient à l’Union européenne. Sachant que tout ce qu’ils demandent et leur politique de colonisation de Chypre est contraire à la fois aux règles européennes et au droit international, ils demandent également que l’accord soit intégré dans le droit européen.

Pourquoi la colonisation de Chypre intégrerait la Turquie dans l’UE

Si Ankara s’engage à conclure un accord sur Chypre, qui est actuellement en cours de négociation, la Turquie gagnera un énorme avantage. Elle deviendra immédiatement membre de l’Union européenne !

Comme le premier ministre grec l’a expliqué récemment à l’Agence de presse allemande DPA (21/01/2017), l’affaire à l’étude prévoit que la minorité (18 % de nationalité Turque) pourrait avoir exactement le même statut que la majorité des Chypriotes (82% de nationalité grecque). Il a caractérisé ce système comme le « plus égalitaire de toute les fédérations ». Il a raison. C’est un régime tellement égalitaire qu’il devient une énorme inégalité contre la majorité. Il n’y a pas beaucoup d’exemples ailleurs qui montrent un partage du pouvoir à 50/50%, que ce soient dans les Etats ou des Entreprises. Les Grecs et les Turcs seront tenus de se transformer en anges dans les années à venir, quelque que fut leur attitude au cours de ces mille dernières années. Sinon c’est le chaos qui en sortira.

Déjà, en vertu de ces arrangements, la Turquie obtiendrait un droit de veto sur le vote chypriote à l’intérieur de l’UE. En fait, beaucoup plus que cela. S’il semble difficile pour l’Allemagne d’« assimiler » les Turcs, il n’est pas trop difficile à comprendre ce qui passerait si des Turcs étaient « assimilés » dans une identité chypriote imaginaire et très fragile. Les Chypriotes turcs ne voudront jamais devenir « indépendants » de la Turquie, et même s’ils le voulaient, Ankara aurait les moyens de leur faire oublier ces rêves, rapidement.

C’est pourquoi Ankara cherche une influence déterminante sur les décisions des Chypriotes grecs, non seulement le droit de veto sur le vote de Chypre, mais aussi un réel droit de vote. Les Chypriotes grecs sont une majorité à Chypre, mais une infime minorité face aux 60 millions de Turcs juste là au nord de ses côtes.

Selon le Président de Chypre et le premier ministre grec (sur le journal Kathimerini, des 26/09/2016 et 25/12/2016), les troupes turques vont quitter l’île, mais seulement dans un lointain futur, après que l’Etat chypriote actuel et sa garde nationale aient cessé d’exister pour être remplacés par une « Police internationale » une force, qui, selon des sources fiables, comprendrait un nombre de policiers « égal » entre « Chrétiens et Musulmans » (ceci, nous le rappelons au lecteur, ils ont l’intention de le mettre en œuvre à l’intérieur de l’UE, pas dans une région reculée d’Asie ou d’Afrique). Si effectivement les troupes turques partent, on peut supposer que cela produira les mêmes effets que le départ des troupes Us d’Irak et de Syrie.

Les choses seront beaucoup plus compliquées si une telle solution s’applique. Si cet accord génère une sorte de protectorat post-moderne, de même type que celui qui a été appliqué à la Grèce par d’autres méthodes, c’est, dans la pratique, si injuste et instable, qu’il va probablement exploser, soit de lui-même, soit par une tierce partie désirant faire exploser l’île.

Il semble que pour certaines personnes il n’y a pas assez de problèmes dans le Moyen Orient et l’Union européenne (surtout en raison de la situation qui prévaut actuellement au Moyen-Orient).

Pourquoi la Grande-Bretagne veut la Turquie à l’intérieur de l’UE

L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est une stratégie des Etats-Unis et de la Grande Bretagne vieille de plusieurs décennies, qu’ils ont été en mesure d’imposer aux européens, en dépit des oppositions et de leurs réserves. Nous ne savons pas quels effets vont avoir le Brexit et l’élection de Donald Trump, nous n’avons pas, pour l’instant, aucune indication sur ce qui peut arriver.

Washington et Londres ont toujours voulu la Turquie au sein de l’Union pour les raisons suivantes :

1 -Pour avoir l’OTAN comme « Cheval de Troie » à l’intérieur de la construction européenne, décourageant ainsi toute idée d’avenir d’une Europe indépendante,

2 – pour sceller le caractère de l’Union européenne comme une zone de libre-échange néolibérale et rien de plus, ce que Londres a toujours voulu. En amenant de nouveaux pays à niveau économique et social complètement différents, sans organiser tout type d’effort systématique pour les amener au niveau des pays plus avancés, vous pouvez atteindre deux objectifs. Tout d’abord, vous obtenez une arme puissante contre l’État-providence européen occidental et, en second lieu, vous créez les conditions pour des ravages à l’intérieur de l’Union, comme l’a démontré la crise grecque,

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3 – en mettant de plus en plus de pays et de plus en plus d’hétérogénéité, tant sur le plan culturel, économique et social vous rendez l’Union ingouvernable. Puis, vous pouvez raisonnablement espérer qu’une telle situation va renforcer le pouvoir des grandes banques, des lobbies et des multinationales, caché derrière la Commission et la BCE, parce que quelqu’un devra prendre des décisions,

4 – l’admission de la Turquie va détruire l’un des rares éléments communs dans la politique européenne, c’est-à-dire la politique agricole commune, parce que personne en Europe ne va pas payer pour les paysans en Turquie,

5 – faire participer la Turquie aussi étroitement que possible à l’intérieur des mécanismes européens occidentaux, sape toute possibilité future d’Ankara d’avoir une politique indépendante.

La politique de l’élargissement à la Turquie est une politique mal conçue, comme s’est avérée être toute la récente politique d’élargissement de l’Union européenne. Le grand élargissement de 2004 a déjà joué un rôle significatif en exacerbant la crise de l’UE. Il n’est pas à l’avantage des membres actuels de l’UE, et il n’est pas également au profit des nouveaux arrivants. Si vous avez des doutes, allez et demandez aux citoyens bulgares et roumains s’ils se sentent appartenir à l’Union européenne.

Si l’on veut vraiment intégrer tous ces pays dans l’Union européenne, il devrait y avoir un projet clairement politique et social, clairement défini, et trouver le moyen de le faire et demander l’avis des citoyens européens. Pour créer une Union stable, vous avez besoin de beaucoup de choses, y compris la capacité d’apporter des améliorations spectaculaires en matière économique et sociale aux nouveaux entrants, à l’aide de ce qui pourrait ressembler à un Plan Marshall. Aucune idée de ce type n’existe à l’heure actuelle en Europe. Non seulement l’Union ne veut pas aider les nouveaux membres, mais elle a littéralement détruit certains de ses plus anciens membres !

Agrandir ou détruire l’Union (et la Turquie !)

Dans le cadre de la « mondialisation sans soucis », la politique d’élargissement illimitée de l’Union européenne a été le pendant de la libération continue des marchés à l’intérieur de l’Union, contribuant à la transformer non pas en sorte de Fédération, mais en un Empire néolibéral, comme Barroso l’a dit une fois, c’est-à-dire une structure totalitaire dirigée par la Haute Finance.

Dans le contexte de la crise économique et politique actuelle de la mondialisation, la poursuite de la politique de l’élargissement, avec ces méthodes, peut devenir un instrument pour détruire l’Union, ou au moins lui créer des problèmes énormes. La crise bancaire s’est déjà métamorphosée en différends entre États (notamment entre la Grèce et l’Allemagne). Maintenant, la crise politique va être transmuée en conflit interethnique. Seul le diable lui-même envisagerait d’ajouter, à une structure comme l’actuelle UE, de nouveaux conflits ethniques et nationaux difficiles, tels que ceux à l’intérieur et autour de Chypre !

Pour les deux dernières décennies, nous avons vu les résultats du chaos au Moyen-Orient. Pour les deux dernières années, nous avons commencé également à voir et à vivre, les conséquences de ce chaos à l’intérieur de l’Europe. Peut-être est-il temps de cesser de mener de telles expériences sur une planète en proie à des problèmes tels que ceux que nous connaissons aujourd’hui.

« Divide et Impera » ou Mars rencontre Venus

Pour ce qui est de la Méditerranée orientale, il faut se rappeler que les scénaristes de toutes les crises gréco-turques et les guerres du siècle dernier ont été moins celles d’Athènes, Ankara ou Nicosie, que celles de Washington et Londres.

Les dirigeants nationaux dans ces trois pays ont tendance à considérer les problèmes comme un antagonisme entre leurs États et nations. Mais à chaque confrontation, quel que soit le vainqueur, l’entropie des structures étatiques de la région augmente. Ils y ont tous perdu un peu de leur force. Il s’agit de la logique du principe « Divide et Impera ».

Nous ne pouvons pas savoir ce pour quoi va opter M. Erdogan. S’il décide de prendre les gains à court terme que le vieux lion britannique va lui offrir, il peut dans une ultérieure étape offrir un visage très étrange et inattendu. C’est une chose d’entrer dans l’Union européenne par la porte. C’est autre chose de très différent de la franchir par la fenêtre. La plupart des européens ne veulent pas de la Turquie à l’intérieur de l’UE. Une façon d’aborder ce problème c’est d’essayer de faire changer leur opinion. L’autre méthode consiste à leur jouer des tours. Quand les européens découvriront la manœuvre, il sera juste temps de déclencher une augmentation exponentielle de leur haine contre la Turquie et contribuer à la destruction de la construction européenne, dont Ankara veut faire partie.

Personne ne peut être sûr de ce que décidera l’imprévisible Président de la Turquie. Il est sans aucun doute un maître de la tactique, mais il doit encore prouver qu’il est aussi un stratège astucieux.

Si nous ne pouvons pas faire des prédictions sur Erdogan, nous pouvons être sûrs de la stabilité incomparable des stratèges britanniques et de leur profond regret que leurs cousins outre-Atlantique ne les perçoivent toujours pas comme les conseillers les plus merveilleux de l’Empire. La politique britannique est parfois tellement compliquée que les ministres de sa Majesté eux-mêmes éprouvent des difficultés à en comprendre la signification. Nous ne savons pas si c’est le cas avec le ministre des affaires étrangères actuel, ceci expliquant sans doute pourquoi il n’est pas allé lui-même à Ankara.

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Mais c’était peut-être la raison pour laquelle un autre ministre des affaires étrangères britannique était très explicite pour ses propres collègues au cabinet, afin de les aider à comprendre ce qu’il faisait.

Il s’agissait d’Harold Mac Millan. Parlant sur Chypre (encore !), il a dit : « notre objectif dans les négociations est d’opposer aux Grecs le refus des Turcs d’accepter l’ « Enosi » l’union avec la Grèce, afin de les conditionner à leur faire accepter notre souveraineté ».

Le résultat final d’une telle approche, qui a été également celle de Washington, a favorisé une énorme animosité entre Chypriotes grecs et turcs, ainsi qu’entre la Grèce et la Turquie, conduisant à deux conflits sanglants sur Chypre, une dictature militaire en Grèce, à la destruction de l’aile sud-est de l’OTAN et des décennies d’anti-américanisme ferventes en Grèce. Tant et si bien que le Président Clinton et le Secrétaire Holbrook ont ressenti le besoin de s’excuser, et qu’Henry Kissinger reste toujours accusé pour ce qu’il a fait à Chypre. Cela en valait-il vraiment la peine ?

S’il était nécessaire d’expliquer les objectifs actuels de Mme May, Mac Millan dirait probablement : « notre objectif dans les négociations est d’attirer les Turcs, en leur faisant croire qu’ils bénéficieront de garanties et d’un droit de veto sur Chypre, obligeant ainsi le gouvernement grec et Anastasiades à nous déléguer la souveraineté de l’île, ainsi qu’ils ont déjà accepté ».

Mais maintenant nous ne parlons plus d’une Chypre « pas totalement indépendante », comme le disait le Secrétaire Colonial Hopkins dans les années 50. Nous parlons de la complète dissolution d’un État, qui se trouve aussi à l’intérieur de l’UE. Cette façon de « résoudre le conflit de Chypre (maintenant gelé) » menace de le transformer en un conflit de type Syrien en Méditerranée orientale. Est-ce que nous en avons vraiment besoin ?

Athènes, 27/01/2017

 

 

 

 

 

Notes

Pour plus de détails sur cet « Etat » très étrange, de 50 % grec et 50 % turc, avec une « force internationale » de police ; se reporter à l’interview sur la FM grecque de l’Agence de presse DPA (21/01/2017)

(2) Les craintes de M. Erdogan ne sont pas nécessairement un délire paranoïaque. De distingués néo cons américains ont déjà invité les Forces armées turques à organiser un coup d’État contre lui. Les médias turcs pro-Erdogan regorgeaient de ces allégations.

Comme les « Statistiques historiques » le prouvent, les crises autour de Chypre (et les tentatives de « résoudre le conflit de Chypre ») ont toujours précédé les grandes guerres au Moyen-Orient, étant donné la position stratégique de cette île, contrôlant toute la Méditerranée orientale. Étant eux-mêmes insulaires, les planificateurs impériaux britanniques ont toujours compris trop bien l’importance stratégique de Chypre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est pourquoi Londres a pris soin que tous les fonctionnaires de l’UE dans des positions de traiter les affaires de Chypre soient de nationalité britannique. Mais vous pouvez toujours, si vous le souhaitez, croire que c’est simplement une question de coïncidence.

 

En 1954, le Labour était dans l’opposition et l’ex-colonial Secrétaire Griffiths se rappelant soudain qu’il était socialiste il posa une question sur l’avenir de Chypre lors d’un débat aux Communes (27/07/1954) à Harry Hopkins, Secrétaire aux colonies, un Tory. Il obligea Hopkins, en le rappeler à l’ordre, à déclarer en public la doctrine stratégique permanente des britanniques et des occidentaux pour Chypre : « Il a toujours été entendu et convenu qu’il y a certains territoires du Commonwealth qui, en raison de circonstances particulières, ne peuvent jamais s’attendre à être totalement indépendants ». Il s’agit de la doctrine qu’ils souhaitent postuler à Genève, avec une différence. Ils ne veulent pas une indépendance « partielle » de Chypre, comme en 1960. Maintenant, ils veulent l’abolition complète de l’Etat chypriote !

 

(4) Lorsque, quelques mois auparavant, le leader gauchiste des Chypriotes turcs est allé à la télévision pour réclamer une certaine indépendance vis-à-vis de la Turquie, le Président Erdogan lui a rappelé publiquement qu’il aurait dû se taire. Il ne lui a pas dit carrément qu’il devait être prudent s’il voulait garder sa tête sur ses épaules. Mais le message était clair et aucun Turc ne veut faire aujourd’hui de blague sur le Président.