Venezuela: comment NE PAS donner une information

Publié par Venezuela infos dans assemblée constituante, Médiamensonges / désinformation / propagande 19 août 2017

Ángeles Diez Rodríguez, Docteure en Sciences Politiques et en Sociologie, professeure de l’Universidad Complutense de Madrid.

Le 30 Juillet s’est produit un Ă©vĂšnement politique d’une portĂ©e historique considĂ©rable: un peuple internationalement assailli Ă  l’extĂ©rieur et soumis Ă  la violence paramilitaire Ă  l’intĂ©rieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingĂ©rence internationale et des aspirations des Ă©lites locales Ă  reprendre le pouvoir.

Il y a moins de vingt ans, au siĂšcle dernier, un Ă©vĂšnement d’une telle ampleur aurait figurĂ© en premiĂšre page de toute la presse d’information du monde. Les mĂ©dias de masse, publics et privĂ©s, l’auraient relevĂ© dans leurs gros titres, sans doute manipulateurs, mais ceux-ci auraient parlĂ© du dĂ©fi du peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien face aux menaces de l’impĂ©rialisme. Ils auraient montrĂ© des images, peu nombreuses, mais sans doute quelqu’une ou quelqu’autre de ces immenses files de vĂ©nĂ©zuĂ©liens devant les bureaux de vote, comme ceux du Poliedro de Caracas, ou de ces gens marchant Ă  travers les collines et traversant les riviĂšres dans la rĂ©gion de TĂĄchira ou de MĂ©rida, oĂč les bureaux de vote Ă©tant occupĂ©s par des guarimberos (casseurs) armĂ©s, il fallait se dĂ©placer Ă  la recherche de centres de secours oĂč pouvoir voter, souvent sans y parvenir.

Les lĂ©gendes des photos auraient sĂ»rement dĂ©tournĂ© les images et proposĂ© une lecture en accord avec le dĂ©sespoir de l’opposition putchiste incapable d’accepter une dĂ©faite. Mais il y aurait eu une image, un commentaire, une toute petite information qui aurait parlĂ© de la volontĂ© majoritaire du peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien contre tout pronostic et tout calcul rationnel.

Tout journaliste digne de ce nom aurait voulu consigner, analyser, vĂ©rifier et mĂȘme manipuler cet Ă©vĂšnement. Plus encore en des temps oĂč les rĂ©seaux sociaux font circuler une infinitĂ© d’images qui comblent les vides des nouvelles qui en sont dĂ©pourvues. LĂ  oĂč les mĂ©dias de masse cachent une image, les  rĂ©seaux en mettent des centaines. Cependant, le 31 Juillet, l’information sur les Ă©lections vĂ©nĂ©zuĂ©liennes pour l’AssemblĂ©e Constituante est passĂ©e sous silence dans les mĂ©dias espagnols. C’est une autre information qui fut donnĂ©e Ă  sa place.

La non nouvelle qui a supplantĂ© l’évĂšnement vĂ©nĂ©zuĂ©lien, bĂątie sur le modĂšle dĂ©jĂ  existant (violence et chaos) Ă©tait : nouvelle journĂ©e de violence au Venezuela. Tous les gros titres visaient, avec plus ou moins de qualificatifs, Ă  façonner une image qui corresponde Ă  la propagande distillĂ©e au cours des mois antĂ©rieurs. Puis ont Ă©clos les spores dissĂ©minĂ©es par la non nouvelle, qui avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© diffusĂ©es par les agences impĂ©rialistes: auto-coup d’état, fraude, moins de votes que n’en dĂ©clare le gouvernement, opposants nouvellement arrĂȘtĂ©s, isolement international


L’évĂšnement d’une journĂ©e Ă©lectorale qui a mobilisĂ© des millions de vĂ©nĂ©zuĂ©liens qui sont allĂ©s voter pour leurs candidats Ă  la Constituante, fut trop incontestable pour ĂȘtre passĂ© sous silence; les flots du peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien trouvaient une infinitĂ© de fenĂȘtres numĂ©riques par oĂč s’écouler. De sorte que le systĂšme de propagande de guerre des mĂ©dias de masse espagnols, si bien entretenu et huilĂ© par les agences de presse Ă©tasuniennes, activa l’un de ses ressorts les plus subtils. Il n’affronta pas la nouvelle en la taisant, bien qu’il le fĂźt Ă©galement, il ne manipula pas des images comme il l’a rĂ©ellement fait avec le frauduleux rĂ©fĂ©rendum de l’opposition du 16 Juillet (le journal El PaĂ­s dĂ»t rectifier une image du test Ă©lectoral pour l’assemblĂ©e Constituante, sous laquelle figurait une lĂ©gende affirmant que c’étaient des queues pour voter au rĂ©fĂ©rendum organisĂ© par l’opposition). Dans ce cas, la technique de propagande mĂ©diatique majoritairement employĂ©e fit remplacer l’information qui faisait l’évĂšnement par d’autres qui attireraient l’attention des audiences.

Les gros titres parlĂšrent de violence, dictature et condamnation internationale: “Lors d’une journĂ©e marquĂ©e par la tension, les manifestations, la rĂ©probation internationale et la violence, les vĂ©nĂ©zuĂ©liens ont votĂ© pour choisir les membres de l’AssemblĂ©e Nationale Constituante » (CNN en espagnol); “Maduro concrĂ©tise un coup d’état contre lui-mĂȘme au Venezuela au cours d’une journĂ©e Ă©lectorale des plus violentes” (El PaĂ­s); “Condamnation internationale de l’usage disproportionnĂ© de la force au Venezuela. 10 personnes au moins sont mortes dans les manifestations pendant les Ă©lections Ă  l’assemblĂ©e constituante que soutient NicolĂĄs Maduro. (TĂ©lĂ©vision Espagnole).

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Pas une seule image des quelques 14500 bureaux de vote oĂč plus de 8 millions de vĂ©nĂ©zuĂ©liens attendaient leur tour pour voter. AprĂšs les Ă©lections prĂ©sidentielles de 2012 qui Ă©lirent Hugo ChĂĄvez, ce furent les Ă©lections qui mobilisĂšrent la plus large participation de masse. Toutefois, lorsque l’on consulte les archives photographiques du journal El PaĂ­s, on se trouve devant un Ă©trange phĂ©nomĂšne : sur 30 images sĂ©lectionnĂ©es par le quotidien, 7 sont celles d’explosions, de barricades et d’actes de violence, 2 montrent les opposants, 2 autres le prĂ©sident Maduro et le reste montre des vĂ©nĂ©zuĂ©liens isolĂ©s en train de voter, l’urne en premier plan, des petits groupes regardant les listes ou assis, attendant pour voter; il n’y a qu’une photo oĂč l’on voit trĂšs loin des voitures et des personnes avec une lĂ©gende qui parle de « files d’attente » pour voter. Le mĂȘme manque d’images significatives fut constatĂ© sur la TĂ©lĂ©vision Espagnole. C’est dire que, dans les mĂ©dias espagnols de grande audience, les images, quand elles faisaient allusion Ă  l’acte de voter, lançaient un message contraire Ă  la rĂ©alitĂ© qui circulait sur les rĂ©seaux sociaux, elles disaient : peu de vĂ©nĂ©zuĂ©liens sont allĂ©s voter. C’étaient des images soigneusement sĂ©lectionnĂ©es pour appuyer la version de l’opposition et ne pas donner l’information de l’appui massif Ă  la Constituante donnĂ© par le peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien.

Dans ces temps des rĂ©seaux sociaux, oĂč les hommes politiques ne font pas de dĂ©claration, ils twittent, oĂč la volatilitĂ© de l’information numĂ©rique prĂ©vaut sur le papier et oĂč les tĂ©lĂ©visions copient les rĂ©seaux sociaux, les façons de mentir et de dĂ©former sont de plus en plus complexes. PlutĂŽt que de cacher une information, il est plus efficace d’en donner une autre diffĂ©rente, qui occupe la place de la rĂ©elle. Nous appellerons cela la «  non information ».

Il semble, d’aprĂšs les recherches du CIS (Centre d’investigations sociologiques) que ceci soit habituel dans les mĂ©dias espagnols. Comme antĂ©cĂ©dents nous avons cette Ă©tude de Juin 2016 qui signalait que la TĂ©lĂ©vision Espagnole, alors que le chĂŽmage Ă©tait toujours la premiĂšre prĂ©occupation des espagnols, lui avait consacrĂ© la moitiĂ© du temps qu’elle avait employĂ© Ă  parler de la crise politique au Venezuela (les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s de ce mois-lĂ  consacrĂšrent 71 minutes Ă  la situation du Venezuela face aux 31 qu’ils dĂ©diĂšrent au chĂŽmage dans notre pays) ou ce 7 avril de cette annĂ©e, alors que tous les bulletins d’information du monde ouvraient sur le dĂ©sarmement de l’ETA, la TĂ©lĂ©vision Espagnole parlait du Venezuela plutĂŽt que du dĂ©sarmement de l’ETA.

Cette technique de propagande de guerre qu’emploient les journaux d’information espagnols fait partie d’autres techniques mieux rĂ©pertoriĂ©es comme : le deux poids deux mesures, prendre la partie pour le tout, les infos toxiques, la partialitĂ© des sources, l’occultation ou l’inversion cause/effet.

Dans le cas de l’information de substitution, la non information, elle, doit comporter certaines caractĂ©ristiques. En premier lieu, elle doit ĂȘtre crĂ©dible, c’est-Ă -dire qu’elle doit se situer dans la logique mĂȘme de la matrice dĂ©jĂ  Ă©tablie; dans le cas des Ă©lections Ă  l’AssemblĂ©e Constituante cette matrice est : violence, coup d’état, chaos, urgence humanitaire.

De plus, elle doit avoir comme base un fait certain comme le feu mis Ă  quelque bureau de vote, des barricades incendiĂ©es, un quelconque incident isolĂ©. Ce fait, du point de vue de l’importance sociale, est anecdotique ou ne peut ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© si l’on prend en compte l’évolution des votes. Cependant, pour ne pas donner l’information importante -celle qui, elle, est gĂ©nĂ©ralisable quantitativement et qualitativement-, il est fondamental de s’appuyer sur ce fait qui, entre les mains de la guerre mĂ©diatique, fonctionne, comme les attentats sous faux drapeaux ou attentats contre soi-mĂȘme, (ceux qui sont commis pour rejeter la faute sur l’ennemi et justifier une intervention). Ainsi, lors de la journĂ©e d’élections vĂ©nĂ©zuĂ©lienne il y eut des incidents provoquĂ©s par l’opposition, un attentat contre la Garde Nationale Bolivarienne, des embuscades armĂ©es pour dissuader les votants et incendie de bureaux de vote. Mais si l’on prend la journĂ©e dans son ensemble, le fait notable a Ă©tĂ© l’attitude pacifique et la dĂ©termination des votants dans l’accomplissement de leur devoir Ă©lectoral.

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En troisiĂšme lieu, l’information de substitution doit ĂȘtre au rang du spectaculaire autant que l’information rĂ©elle, afin de retenir toute l’attention. La violence est toujours une information spectaculaire en soi, elle est capable de retenir l’attention et de relĂ©guer tout autre fait. C’est pourquoi, mĂȘme lorsque l’on ne dispose pas d’images de violence il faut que le journaliste apparaisse portant un gilet pare-balles, un masque Ă  gaz et un casque, pour que notre cerveau prĂȘte foi aux actes de violence dont parle le reporter.

En quatriĂšme lieu, elle doit ĂȘtre capable de concentrer l’attention de ceux qui sont critiques envers les mĂ©dias de masse, afin que tout le potentiel de contre-information soit pointĂ© vers la mise en cause du « messager » (les moyens de communication de masse). Nous, les intellectuels et analystes, nous nous focalisons sur la dĂ©nonciation de la manipulation des mĂ©dias et nous laissons de cĂŽtĂ© la diffusion de l’information rĂ©elle, par exemple nous nous sommes concentrĂ©s sur la dĂ©nonciation de l’attentat contre la garde nationale bolivarienne, que les mĂ©dias ont transformĂ© en « rĂ©pression contre Maduro » ou sur la dĂ©nonciation de la violence des paramilitaires de l’opposition qui sabotaient les Ă©lections, au lieu de parler des vĂ©nĂ©zuĂ©liens Ă©lus pour rĂ©former la Constitution, de leur origine sociale, de leur engagement envers leurs bases, des premiĂšres propositions pour la rĂ©forme de la Constitution, des problĂšmes d’impunitĂ© que souhaite rĂ©soudre la nouvelle carta magna 
 En thĂ©orie de la communication cela se comprend comme l’Agenda Setting, c’est-Ă -dire que ce sont les mĂ©dias de masse qui imposent ce dont on parlera, qui fixent ce qui est important, ce qui ne doit apparaĂźtre dans aucun mĂ©dia, comment livrer l’information. L’agenda des mĂ©dias de masse devient l’agenda de l’opinion publique.

Une autre non information de ces jours derniers a Ă©tĂ© « l’isolement international du Venezuela ». Aux Nations Unies, le Venezuela a obtenu le ferme appui de 57 pays qui, au sein du Conseil des Droits de l’Homme, approuvĂšrent une rĂ©solution de reconnaissance de la Constituante vĂ©nĂ©zuĂ©lienne et rĂ©clamĂšrent la non-ingĂ©rence. Parmi ces pays figuraient les plus peuplĂ©s au monde et quelques autres de grand poids international comme la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde ou le Pakistan.

La non information qui remplaça celle-ci fut « Les Etats-Unis et les principaux pays d’AmĂ©rique Latine condamnent la Constituante de Maduro (El PaĂ­s) » information Ă©galement prĂ©sente dans la majoritĂ© des mĂ©dias espagnols le lendemain des Ă©lections.

Mais cette technique ne fonctionne que si l’on dispose du personnel spĂ©cialisĂ© capable, presque spontanĂ©ment, d’élaborer les non informations, capable de regarder ailleurs, bien Ă©quipĂ© du dĂ©guisement du « reporter de guerre ». Ce sont les parajournalistes, et Ă  la tĂȘte de la profession internationale se trouvent les espagnols, tant des mĂ©dias de masse privĂ©s que des mĂ©dias publics.

L’an dernier j’ai dĂ©jĂ  dĂ©fini ce que j’entends par parajournalistes : « Si l’on qualifie de paramilitaire celui qui est affiliĂ© Ă  une organisation civile dotĂ©e d’une structure ou d’une discipline militaire, nous pouvons dire des parajournalistes qu’ils sont ces journalistes affiliĂ©s Ă  des mĂ©dias de masse qui suivent une discipline militaire, lançant des bombes informatives sur les objectifs dĂ©finis par leurs entreprises ». Parmi ces derniers nous avons Marcos LĂłpez et Nuria Ramos, correspondants de TĂ©lĂ©vision Espagnole, qui sans aucun doute mĂ©ritent une mention spĂ©ciale pour leur mauvais travail journalistique, toujours prĂȘts Ă  se placer du cĂŽtĂ© de ceux qui jettent les bombes incendiaires sur la garde bolivarienne, capables de contredire sans difficultĂ© les images que recueillent leurs propres appareils de photos, disposĂ©s Ă  se faire les victimes –tout comme l’opposition- de la « rĂ©pression du gouvernement bolivarien ».

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La grande offensive contre le gouvernement du Venezuela de la part des mĂ©dias de masse espagnols fait partie de la guerre mondiale contre tout processus qui ne se plie pas aux intĂ©rĂȘts impĂ©rialistes. Nos parajournalistes jouent leur rĂŽle comme membres de l’armĂ©e vassale. Ces jours derniers nous avons vĂ©rifiĂ© que la guerre mĂ©diatique contre le Venezuela est l’une des plus fĂ©roces que l’on connaisse, peut-ĂȘtre parce que l’escalade guerriĂšre d’aujourd’hui est sans prĂ©cĂ©dents, et qu’en rĂ©alitĂ© il n’existe pas diffĂ©rents types de guerre mais une seule qui revĂȘt divers aspects. Si, comme dirait le Pape François, nous sommes face Ă  une TroisiĂšme Guerre Mondiale dont nous ne voyons que des bribes, le Venezuela est aujourd’hui l’un des objectifs prioritaires pour l’empire. La difficultĂ© vient de ce que, contrairement Ă  ce que nous vendent les films de Hollywood, aujourd’hui la guerre ne se prĂ©sente pas Ă  nous sous la mĂȘme forme qu’au siĂšcle dernier, il nous est plus difficile de reconnaĂźtre son mode de dĂ©roulement et d’identifier ses nouveaux et ses anciens bataillons.

Cette guerre contre le Venezuela essaie de combattre les deux piliers sur lesquels repose la RĂ©volution bolivarienne : la souverainetĂ© nationale et l’utopie socialiste. Elle vise Ă  miner l’image du Venezuela Ă  l’extĂ©rieur pour contrebalancer deux des traits les plus caractĂ©ristiques de la rĂ©volution bolivarienne : la voie pacifique et dĂ©mocratique pour transformer le pays et l’utilisation de ses ressources naturelles pour amĂ©liorer les conditions de vie socio-Ă©conomiques de la population. C’est-Ă -dire, miner l’image d’un pays qui construit une alternative au Capitalisme. En ce sens, le Venezuela a Ă©galement pris la relĂšve de Cuba comme rĂ©fĂ©rent de lutte pour d’autres peuples. Tout comme Cuba, il est devenu le mauvais exemple.

D’oĂč les missiles qui sont constamment lancĂ©s depuis les mĂ©dias de masse afin d’éviter l’appui Ă  la rĂ©volution bolivarienne : la violence et l’autoritarisme. Il s’agit lĂ  de deux torpilles qui traditionnellement sont pointĂ©es sur la ligne de flottaison de toute utopie socialiste.

Avec un pareil objectif, les moyens de communication et tout le systĂšme de propagande contre le Venezuela visent trĂšs spĂ©cialement le terrain des campagnes Ă©lectorales et mettent en cause sa dĂ©mocratie. Il ne faut pas oublier que les Ă©lections sont la condition de la dĂ©mocratie pour les Ă©lites politiques mais, seulement si l’on peut garantir que les gens votent ce qu’il faut, c’est-Ă -dire, si, grĂące Ă  la guerre des moyens de communication, l’on parvient Ă  convaincre la population de qui doivent ĂȘtre leurs gouvernants.

Les guerres ne sont pas l’affaire des gouvernements, ni des corporations, ni des moyens de communication, ni des peuples. Les guerres sont le rĂ©sultat de tous et de chacun de ces Ă©lĂ©ments. Les gouvernements dĂ©clarent la guerre mais, avant, les peuples assument qu’elle « était inĂ©vitable », mais, avant, les corporations font leurs comptes et le bilan des coĂ»ts et profits, mais, avant, les moyens de communication crĂ©ent les conditions pour qu’il n’y ait pas de rĂ©sistance.

Mais tout n’est pas perdu : selon un rapport Ă©laborĂ© par l’UniversitĂ© d’Oxford en 2015 et publiĂ© par l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme, sur les 11 pays europĂ©ens Ă©tudiĂ©s, les moyens de communication espagnols sont les moins fiables. Au niveau mondial, quand sont Ă©tudiĂ©s les publics des Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, France, Espagne, Italie, Irlande, Danemark, Finlande, BrĂ©sil, Japon et Australie, seuls les moyens de communication Ă©tasuniens ont moins de crĂ©dibilitĂ© que les espagnols.

Ángeles Diez Rodríguez, Docteure en Sciences Politiques et en Sociologie, professeure de l’Universidad Complutense de Madrid.
Source :
http://www.alainet.org/es/articulo/187357
Traduction : Michele ELICHIRIGOITY

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