Bernard-Henri Lévy propose de ne pas tenir compte des votes qui ne lui plaisent pas

23 mars 2019

Encensant une nouvelle fois Emmanuel Macron, l’écrivain Bernard-Henri Lévy a pu exposer son modèle de démocratie pour un média belge. Avec une idée précise : ne pas tenir compte de certains votes.

Dans une interview clairement orientée pour le média belge L’Echo, le philosophe Bernard-Henri Lévy (BHL) a choisi d’être radical pour lutter contre les populismes. «Quand cette population-là vote pour le pire, le racisme, l’antisémitisme, la haine, quand ils sont encore minoritaires, je pense qu’il faut leur dire : on ne tiendra pas compte de ce que vous dites», proclame-t-il. Le quotidien, certainement étonné de la réponse, se demande si la manœuvre est démocratique. Ce à quoi BHL réplique : «Si, c’est démocratique.»

Il assume donc : «C’est ce qu’a fait Pierre Mendès France. Au moment de son investiture comme président du Conseil, il avait prévenu les communistes : “Vous pouvez voter, je ne comptabiliserai pas vos voix dans ma victoire”. […] On a parfaitement le droit de dire à une partie de l’électorat : “Ne perdez pas votre temps ; les voix de la haine, de l’antisémitisme, du racisme, ne seront pas entendues.”»

A la question de savoir comment procéder, si cet électorat devient majoritaire, Bernard-Henri Lévy élude. Il essaie alors de mettre sur le même plan le Front national et le Parti communiste : «Quand Jean-Marie Le Pen était à 20-25%, quand le parti communiste était au même niveau, j’étais partisan de leur dire à tous les deux : “Il n’y a pas de réponse à la question que vous posez. On n’y répondra pas.”» Et si un parti, qu’il jugerait populiste, fait plus de 50% ? BHL proposerait de faire revoter ? D’imposer un parti minoritaire à la tête de l’Etat ?

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Pour lui, nier une partie de l’électorat, si celui-ci ne correspond pas à ses idées, n’alimentera pas le ressenti de cette population, qui ne se sentirait de fait pas entendue. Elle accepterait d’ailleurs le fait que leur voix ne compte plus… «Tant qu’on a tenu ce discours, beaucoup de gens ont voté utile. C’est ce qui s’est passé jusqu’à présent. C’est ça qu’il faut dire aux gens», assure-t-il. D’ailleurs, «les gens» doivent, selon lui, prendre «leurs responsabilités».

Peu après, il fait un parallèle avec les Gilets jaunes : «Il faut que ces gens-là sachent qu’ils se mettent au ban de la République. Même s’ils sont nombreux.»

Toutefois, il concède que «la démocratie, c’est donc la voix du peuple». Ainsi, il juge que le Grand débat en France est une bonne chose, «surtout lorsqu’on le fait comme l’a fait Macron». Soutien public d’Emmanuel Macron, BHL le considère d’avoir été «extrêmement courageux» en prenant cette initiative.

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