A la veille du G7, des altermondialistes mènent des actions en périphérie de Biarritz

23 août 2019

A une vingtaine de kilomètres de Biarritz, des milliers de militants altermondialistes ont entamé leur «contre-sommet» à Hendaye et Irun. Ils dénoncent l’hypocrisie d’un G7 placé par Emmanuel Macron sous le signe de la lutte contre les inégalités.

Emmanuel Macron s’adressera aux Français ce 24 août à 13h lors d’une allocation télévisée afin d’expliquer les enjeux du sommet du G7, a annoncé l’Elysée.

«Juste avant l’ouverture du sommet, le président souhaite expliquer ses enjeux et les objectifs recherchés pour la vie concrète des Français», a précisé la même source.

  • Dix-sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, et quatre policiers ont été légèrement blessés dans la soirée du 23 août soir à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques) lors de heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre près du camp où résident une partie des opposants au sommet du G7.

    Les policiers ont été légèrement blessés par un tir de mortier d’artifice, selon la préfecture.

Au «barbecue de la colère» organisé par des syndicats de police, un journaliste de RT France a pu interroger Fabien Vanhemelryck, secrétaire général de Alliance Police, sur la gestion de la crise des Gilets jaunes. Ce dernier regrette qu’avec les aménagements de peine, aucun des agresseurs de policiers n’ait été selon lui en prison : «On demande que ce que l’on a vécu ces six derniers mois ne se reproduise pas.»

Yves Lefebvre, le secrétaire général de Unité Police FO, estime pour sa part que le G7 peut avoir lieu à Biarritz cette année parce que les policiers «ont tenus la démocratie et la République debout, notamment le 1er décembre, mais aussi à la mi-mars».

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Pour Loïc Travers de syndicat Alliance Police, Emmanuel Macron a donné des «gages aux Gilets jaunes» en vue de municipales de 2020.

Derrière une banderole «Welcome to paradise», plusieurs centaines de personnes ont manifesté en direction vers la ville d’Urrugne en fin de journée.

Selon un journaliste sur place, les manifestants étaient surveillés par une unité de gendarmes mobiles, assistée d’un hélicoptère. Une barricade faite de pneus a été érigée sur le chemin, et des palettes en bois ont été disposées sur la route pour ralentir les forces de l’ordre.

Les manifestants sont ensuite revenus vers leur camp, où sont notamment mobilisés des Gilets jaunes, comme a pu le constater une journaliste de RT France.

Des syndicats de police ont organisé un «barbecue de la colère», près de Biarritz, pour dénoncer l’épuisement dans les rangs et l’accumulation des heures supplémentaires. Un journaliste de RT France s’est rendu sur place.

  • Plus de 13 000 policiers et gendarmes sont mobilisés à Biarritz et dans sa région pour encadrer le G7 et le «contre-sommet». Or la crise des Gilets jaunes a déjà mis les effectifs à rude épreuve depuis neuf mois, estiment des syndicats de policiers.

A deux pas de Biarritz, où s’ouvre demain le G7, la ville de Bayonne s’est barricadée, désertée par les touristes et les promeneurs, par peur de rassemblements potentiellement violents d’opposants anti-sommet, défiant les interdictions de manifester.

Sur la place principale des Halles, où quelques terrasses sont encore sorties, la quasi-totalité des commerces a déjà tiré le rideau. Et devant une agence immobilière, deux artisans recouvrent la vitrine de protections en bois.

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Sur les bords de la Nive, rivière qui coupe en deux la ville de Bayonne, forces de gendarmerie et de police ont pris leurs postes et assurent les contrôles. Une trentaine de «voltigeurs», peloton de policiers à moto ultra-mobiles, quadrillent les rues du Petit Bayonne, sous les yeux incrédules des passants.

Des militants d’ANV-COP21 et son pendant basque Bizi !, ont décroché de la mairie d’Irissary, à 40 kilomètres de Biarritz, le portrait présidentiel, à quelques centaines de mètres d’une gendarmerie.

  • L’ONG assure qu’il s’agit du 128e portrait d’Emmanuel Macron dérobé par ses militants cette année, pour dénoncer les «beaux discours» du président sur l’urgence climatique, jamais suivis «d’actions concrètes» selon eux.

    ANV-COP21 a d’ailleurs prévu une «marche des portraits» d’Emmanuel Macron à Bayonne le 25 août, avec certains de ses images décrochées dans toute la France.

  • L’ONG Oxfam, qui tente d’interpeller les responsables politiques et économiques sur les inégalités croissantes dans le monde, a mené une action à Biarritz pour dénoncer l’attitude de «pompiers pyromanes» des dirigeants du G7 sur cette question.

  • En dehors des «zones de protection» du centre-ville, sept figurants portant chacun une grosse tête en papier mâché à l’image d’un dirigeant du G7 ont essayé d’éteindre «le feu des inégalités».

  • Réunies au sein du Réseau action climat (RAC), trente-deux ONG, dont Greenpeace, le Secours catholique et WWF ont par ailleurs annoncé le 22 août qu’elles boycotteraient le G7 à Biarritz.

  • Elles dénoncent la décision de l’Elysée de les maintenir à l’écart du sommet (le nombre d’accréditations pour la société civile et à un niveau historiquement bas) et d’atteindre à la liberté d’expression.

  • Dans la ligne de mire des activistes : les activités de la multinationale dont notamment la fabrication du glyphosate.

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A la veille du G7, des militants altermondialistes ont organisé une première action coup de poing contre l’usine Monsanto à Peyrehorade dans les Landes.

Pourquoi les altermondialistes détestent-ils tant le G7 ? Alors que Biarritz accueille le 45e sommet du G7 du 24 au 26 août, la présence des leaders mondiaux suscite, comme toujours, l’hostilité des militants altermondialistes. Pour éviter tout débordement, un important dispositif sécuritaire est déployé.

 

https://francais.rt.com/france/65183-g7-biarritz-macron-trump-altermondialistes-france-contre-sommet