Référents locaux, stickers et analyse vidéo : la nouvelle méthode de comptage des “gilets jaunes”

12/01/2019

Samedi 5 janvier, lors de “l’acte 8”, le ministère de l’Intérieur a recensé près de 50 000 “gilets jaunes” mobilisés dans toute la France. “Les chiffres sont sous-estimés à fond : c’est écœurant !”, dénonce le fondateur de la page Facebook “Le Nombre jaune”, qui en comptabilise plus du double.

A l’image de cette réaction, les comptages officiels sont vivement contestés au sein des “gilets jaunes” depuis le début de la mobilisation. Beaucoup affirment que les chiffres sont manipulés par le gouvernement pour minimiser l’ampleur du mouvement. Les crispations sont telles que des journalistes du quotidien L’Indépendant ont été agressés le 5 janvier par plusieurs “gilets jaunes” qui leur reprochaient d’avoir sous-estimé le nombre de participants le jour même à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Une accusation que le journal réfute, précisant sur son site avoir mis à jour ces estimations au fil de la journée.

La question est particulièrement sensible. Car faute de structure officielle, les “gilets jaunes” ne disposent d’aucun moyen de comptage. La fameuse “guerre des chiffres”, que se mènent habituellement syndicats et autorités, se joue donc sans que les manifestants puissent opposer une estimation fiable à celle avancée par la police.

Pour pallier ce manque, Joris, un “gilet jaune” marseillais, a décidé de lancer son propre décompte qui se veut “le plus objectif possible”, assure-t-il. Ce trentenaire espère que ses estimations gagneront bientôt en crédibilité auprès des médias “qui n’auront plus l’excuse de l’interlocuteur unique”. Il détaille sa méthode à franceinfo.

Les chiffres des médias locaux, “beaucoup plus fiables”

“Vous pouvez compter sur nous pour compter.” Voilà ce que promet la page “Le Nombre jaune” créée sur Facebook le 26 décembre 2018 et qui totalisait un peu moins de 2 000 abonnés le 9 janvier. Le ton de la page se veut léger et humoristique, comme le montre la photo de couverture qui raille le “professeur d’arithmétique de C. Castaner”. Le ministre de l’Intérieur est la cible préférée de Joris et de son équipe, composée de trois “gilets jaunes” bénévoles, administrateurs de la page. Ces trentenaires, dont l’un se présente comme ingénieur et un autre comme enseignant en sciences, appartiennent au mouvement depuis ses débuts. Ils ne se sont jamais rencontrés et gèrent la page sur leur temps libre.

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Au-delà des blagues, ils revendiquent une méthodologie “aussi fiable que possible”. Leur premier comptage a eu lieu lors de “l’acte 8”, le 5 janvier. Au total, ils ont recensé 123 440 manifestants dans toute la France, loin des 50 000 annoncés par le ministère de l’Intérieur. Sur le “compteur de MANUfestants”, une colonne recense les “gilets jaunes” mobilisés dans 90 villes françaises.

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