Macron, le vertige autoritaire

Emmanuel Macron, le vertige autoritaire

21 MARS 2019

La décision de mobiliser la troupe, samedi, pour endiguer les manifestations à Paris est sans précédent depuis les grandes grèves de 1947-48. Année après année, le mouvement social est un peu plus criminalisé et les libertés bafouées. Homme sans limites et sans mémoire, le chef de l’État franchit un nouveau pas.
Prend-on seulement la mesure de ce choix d’une gravité extrême ? La décision d’annoncer le renforcement du « dispositif Sentinelle » – entre 7 000 et 10 000 soldats – et son déploiement samedi 23 mars contre les manifestations possibles de « gilets jaunes » à Paris est une rupture historique dans l’ordre républicain. La mise en scène faite par le pouvoir de cette décision renforce encore cette appréciation.
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L’armée face aux «gilets jaunes»: la majorité assume, les oppositions s’insurgent

21 MARS 2019

Le gouvernement a demandé aux militaires de l’opération Sentinelle de sécuriser l’entrée de lieux emblématiques du pouvoir. La mesure a provoqué un tollé dans l’opposition, qui craint des morts et dénonce un recul de l’État de droit.
L’annonce a surpris tout le monde. À l’issue du conseil des ministres, mercredi 20 mars,le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a affirmé que le président de la République avait demandé « la mobilisation renforcée du dispositif Sentinelle sur les points fixes et statiques conformément à [sa] mission ». Cette mesure vient compléter d’autres actions déjà communiquées comme l’utilisation de drones, celle de marqueurs chimiques et la mise en place d’arrestations préventives en abord des zones interdites le 23 mars comme les Champs-Élysées à Paris, la place du Capitole à Toulouse et la place Pey-Berland à Bordeaux.

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L’appel aux troupes ou le retour de la guerre sociale

PAR ROMARIC GODIN

En replaçant l’armée dans les stratégies de maintien de l’ordre, le gouvernement renoue avec la logique de l’État du XIXe siècle. Une évolution logique compte tenu de sa politique économique et sociale, qui détricote l’État social issu de la Libération et du Conseil national de la résistance.
L’utilisation massive de l’armée dans des opérations de maintien de l’ordre est une première en France depuis 1948 lorsque le ministre de l’intérieur socialiste Jules Moch utilisa l’armée pour contraindre les mineurs à reprendre le travail. Ce fut la dernière fois, à l’exception notable (et qu’il ne faut évidemment pas oublier) des guerres coloniales où l’armée française fut mobilisée contre des manifestants et même contre des émeutiers. Et ce n’est pas un hasard. C’est donc une longue tradition qui, ce week-end, va se fermer. Et cette tradition n’est pas étrangère au système économique et social qui a prévalu jusqu’ici en France.

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