Bernard Duterme
9 avril 2026
Nouvel impérialisme ou simple continuité en mode brutal ? Sous les outrances et les rodomontades de Donald Trump, la politique des États-Unis en Amérique latine n’invente rien, mais pousse à leur paroxysme deux siècles de domination.
Entre coups de menton ou de force, menaces tous azimuts et rivalité exacerbée avec la Chine, la « doctrine Donroe » imprime surtout un style : celui d’une puissance qui, pour rester hégémonique, assume désormais sans fard la démesure, la coercition et le mépris.
L’actuelle administration Trump a-t-elle imprimé, comme d’aucuns le disent, un virage stratégique dans la politique des États-Unis à l’égard du sous-continent latino-américain et des Caraïbes ? Marque-t-elle une rupture dans la nature des relations entre la première puissance mondiale et le reste des Amériques ? Oui et non. Le 47e président yankee et sa clique n’ont pas inventé l’impérialisme. Ils ne l’ont pas même réinventé. Deux siècles d’application, certes à géométrie variable, de la « doctrine Monroe » proférée dès 1823 et de son « corollaire Roosevelt » décrété en 1904 les précèdent. La première attribua « l’Amérique aux Américains » (comprenez aux États-Uniens), le second officialisa l’usage du « Big Stick » (gros bâton) pour étendre et garantir les intérêts du nouvel empire sur l’ensemble du continent.
En revanche, il n’est pas impossible que les façons particulières de l’équipe au pouvoir à Washington aujourd’hui n’aient pas vraiment d’équivalent dans le rétroviseur. Car la politique étrangère de Donald Trump et ses compères ou, comme cela lui plaît visiblement de la rebaptiser, la « doctrine Donroe », avant d’être un ensemble d’orientations et de décisions politiques – obéissant ou pas à une logique cohérente, la question est en débat –, c’est d’abord un ton et un style. Si pas, pour l’essentiel, une manière de tenir le crachoir où l’arrogance le dispute à l’outrance, la bêtise à la grossièreté, l’hubris à la fatuité, l’inculture à l’insulte. Le tout au service d’un état de sidération [1] continu, créé et entretenu chez qui les écoute. Même si, à force, tout état de sidération doit bien finir par s’émousser.
Rétablir la grandeur de l’Amérique
Comme marchepied ou justification de ses envolées, Trump mobilise autant que faire se peut la négligence ou la faiblesse – pour s’en tenir aux reproches les plus courtois – de ses prédécesseurs. Il s’agit de restaurer la primauté des États-Unis d’Amérique sur leur « hémisphère occidental ». La suprématie tant géopolitique et économique que symbolique, civilisationnelle et militaire. Et ce, par tous les moyens, modulables selon les situations, l’humeur du moment et en fonction tout de même d’un principe de réalité… tel que le président est amené par son entourage – plus ou moins raisonnable que lui – à le percevoir.
Résultat : en quinze mois de présidence, l’éventail complet des instruments de pression, d’admonestation ou de coercition à sa disposition semble déjà avoir été agité, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, à l’égard des États ou des populations latino-américaines [2]. Motifs affichés et réaffichés : « rétablir la grandeur de l’Amérique », assurer la sécurité identitaire de « la plus magnifique nation au monde », forcer l’alignement politique et/ou la vassalisation économique de la région, destituer les pouvoirs récalcitrants, les remplacer par des « amis de l’Amérique », expulser les « criminels » (entendez les immigrés latinos), etc.
Ou plutôt tenter de faire tout cela. S’enorgueillir hic et nunc en tout cas d’être capable de le réaliser, de « libérer Panama des intérêts chinois », d’intervenir militairement contre les cartels de la drogue au-delà du Rio Grande, d’étendre les frontières des États-Unis jusqu’au pôle Nord, de renommer le Golfe du Mexique, de « prendre Cuba », de renvoyer des millions de sans-papiers latino-américains dans « leur pays de merde », de « récupérer » le pétrole vénézuélien, de sortir l’ex-président brésilien Bolsonaro de prison, d’inféoder à terme sous la bannière du « Bouclier des Amériques » (Shield of the Americas) ou d’une autre nouvelle coalition, plus commerciale, encore à venir, tous ces pays ingrats que ni Clinton ni Bush par exemple, au début de ce siècle, n’avaient réussi à subordonner au sein de la Zone de libre-échange des Amériques – « de l’Alaska à la Terre de Feu » – mort-née en 2005 [3].
Reprendre le dessus sur la Chine
L’autoproclamé « most magnificent ever » président des États-Unis a-t-il pour autant atteint ses objectifs, tout fluctuants qu’ils soient ? Va-t-il les atteindre ? Ce n’est pas sûr. En matière économique – pour commencer par le plus obsessionnel, mais difficile, de ses défis –, le bras de fer engagé avec Pékin sur le continent latino-américain est loin de tourner en faveur des États-Unis. Pour rappel, depuis l’entrée de la Chine à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en 2001, le volume de son commerce avec l’Amérique latine et les Caraïbes a été multiplié par cinquante, passant de 10 milliards à 500 milliards de dollars annuels en quelque vingt-cinq ans. Les États-Unis ne doivent d’ailleurs qu’à leurs échanges nourris et en hausse avec le Mexique (plus de 75% de leurs importations en provenance d’Amérique latine) d’être encore le premier partenaire commercial du sous-continent. Pour la seule Amérique du Sud, ils arrivent nettement derrière la Chine.
Cette dernière, si elle demeure quantitativement en deçà de l’Union européenne et des États-Unis en matière d’investissements directs dans la région, en est en revanche devenue le premier créancier. Sur le podium des financeurs des grands projets d’infrastructures latino-américains (portuaires, routiers, énergétiques, ferroviaires, etc.), Exim Bank et la China Development Bank, les deux principales banques publiques en appui à la stratégie extérieure de la puissance asiatique, précèdent significativement la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement. C’est le corollaire d’un quart de siècle de flux de capitaux de Pékin vers l’Amérique latine, sans conditionnalités manifestes, au service d’une politique tant de pénétration commerciale que d’approvisionnement en matières premières critiques (minerais, hydrocarbures, soja…), indispensables à l’expansion chinoise. Vingt-deux des vingt-six États latinos sont aujourd’hui engagés dans l’initiative des « Nouvelles routes de la soie » [4].
Face à cela, Trump a mis du temps à comprendre que ses spasmodiques menaces tarifaires – hausse des droits de douane sur ses importations en provenance d’Amérique latine (ou y ayant transité par des infrastructures contrôlées par des intérêts chinois) – pouvaient vite se révéler contre-productives. Tant l’Europe que la Chine sont gourmandes des produits miniers et agricoles du sous-continent, dont l’entrée aux États-Unis deviendrait trop onéreuse. Il n’y a pratiquement qu’avec le Mexique que le chantage trumpien a partiellement fonctionné. En raison de l’intrication très forte des deux économies, première partenaire l’une de l’autre en 2024 et 2025, et du déficit commercial considérable (20% du total mondial, le deuxième le plus important) de la puissance états-unienne à l’égard de son voisin du Sud. Trump a même réussi à contraindre Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine, à hausser jusqu’à 50% ses propres tarifs douaniers sur les importations du Mexique en provenance de… Chine [5].
Persuader politiquement ou militairement
Ailleurs, pour s’imposer sur les intérêts chinois, c’est à la persuasion politique assortie de menaces militaires que le résident de la Maison Blanche a eu recours. Comme au Panama où, s’il n’a certainement pas gagné le match, il a tout de même remporté une manche, en replaçant sous fanions occidentaux les deux principaux ports d’entrée et de sortie du canal et en sommant les autorités nationales de prendre distance avec les projets liés aux « Nouvelles routes de la soie ». Mais Pékin n’a pas dit son dernier mot, notamment en s’engageant dans des procédures d’arbitrage international [6].
À l’inverse du Panama oserait-on dire, au Venezuela, c’est à la force militaire assortie de persuasion politique que le tout frais récipiendaire du « Prix de la Paix de la FIFA » a eu recours début janvier dernier. Pour kidnapper en un tour de main le président Nicolas Maduro et sa femme, tuer entre quatre-vingts et cent personnes au passage (sans compter les supposés narcotrafiquants bombardés auparavant dans la mer des Caraïbes) et mettre sous tutelle le régime en place… Résultat à ce stade : rien n’est réglé en interne en matière démocratique, les États-Unis ont rendu à leurs compagnies pétrolières un accès potentiel aux premières réserves mondiales de pétrole (lourd) et, enfin, l’espace d’influence de Pékin chez l’un de ses principaux partenaires stratégiques a pris un sérieux coup dans l’aile.
Effet collatéral consciemment manigancé au préalable (ou pas, ¿quién sabe ?), depuis cette violente intrusion à rebours du droit international, le pétrole vénézuélien n’arrive plus à Cuba, l’autre régime honni par Marco Rubio, le premier secrétaire d’État « cubano-gringo » de l’histoire des États-Unis. Pire, fin janvier dernier, l’empire yankee a décrété l’interdiction de livraison d’hydrocarbures par des tiers à l’île « communiste »… qui en dépend pourtant à plus de 80% pour sa production d’énergie. Objectif : rendre le pays exsangue pour qu’il tombe dans les bras de Washington, après quelques mois de « blocus sévère », « plusieurs années de marasme économique » et « six décennies d’embargo américain » [7] ? Sans doute Trump ne le sait-il pas lui-même, lui qui ce 29 mars, dans une volteface dont il a le secret, acceptait soudainement que du pétrole « russe ou non » parvienne aux Cubains car « il faut bien qu’ils survivent ». Comprenne qui pourra.
Autre régime latino-américain dans la ligne de mire de l’administration Trump, le Nicaragua de l’ancien révolutionnaire Daniel Ortega… dont les politiques économiques néolibérales sont pourtant, pour l’essentiel, en parfaite adéquation avec les intérêts états-uniens depuis son retour au pouvoir en 2007 [8]. Comme Cuba, le Nicaragua pèse peu comparativement au pétrole vénézuélien. Et son or, sa confection textile en zones franches, son café, sa viande, son tabac sont déjà très majoritairement captés, avec l’aval du gouvernement ortéguiste, par les États-Unis…, même si c’est à la Chine que le pays brade désormais prioritairement ses concessions minières. Peu probable en tout cas qu’au-delà de nouvelles sanctions ciblées et de semonces plus ou moins ostentatoires, le Nicaragua remonte dans les priorités de Washington, trop occupé ailleurs.
Peser sur les élections
L’interventionnisme électoral, forcément décomplexé, est un autre des outils volontiers utilisés par Donald Trump et ses lieutenants pour influer balourdement sur le devenir de l’Amérique latine. Comme au Honduras où, lors des élections présidentielles du 30 novembre dernier, la Maison Blanche avait ouvertement enjoint les Honduriens et les Honduriennes à choisir le candidat nationaliste de droite, Nasry Asfura, contre la gauche sortante, en menaçant le pays dans le cas contraire de « ne pas y gaspiller d’argent ». Le 24 décembre, après vingt-cinq jours d’un décompte chaotique des suffrages, Asfura fut déclaré vainqueur d’une courte tête face à son adversaire du Parti libéral.
Deux mois plus tôt, c’est en Argentine que le président d’extrême droite, Javier Milei, fêtait la victoire des siens aux élections législatives. Victoire obtenue « contre toute attente [9] », à la suite de la promesse trumpienne de 20 milliards de dollars d’aide conditionnée à… ce résultat. Comme au Chili en faveur du nouveau président pinochetiste José Antonio Kast, l’outil est encore financier et incitatif : soutenir un camp politique particulier via un engagement économique mirobolant. Au Salvador, ce fut sensiblement plus indirect, mais le soutien états-unien à la suppression constitutionnelle des limites de mandats permettant au président Nayib Bukele, l’autoproclamé « dictateur le plus cool du monde » (on dirait du Trump), de se représenter indéfiniment, assorti d’un appui politico-économique plusieurs fois réaffirmé, relève aussi de l’ingérence. Tout comme d’autres manœuvres en cours sur les scènes (pré)électorales péruvienne, colombienne, brésilienne, etc.
Protéger les Amériques
À l’évidence, le volet politique de l’actuel redéploiement impérialiste des États-Unis en Amérique latine ne s’encombre plus de justifications démocratiques, d’impératifs de bonne gouvernance ou de fausses légitimations. Il dessine une ligne de démarcation entre pays acquis idéologiquement à la cause – à la restauration de « la grandeur de l’Amérique » – et pays qui le sont moins, pas encore ou qui ne veulent pas l’être. À Doral, en Floride, le 7 mars dernier, Donald Trump a réuni les premiers autour de lui, à l’occasion du 1er sommet du « Bouclier des Amériques ». Gentiment – bien qu’insuffisamment, aux yeux de Washington – subordonnés économiquement à l’empire, ils y ont surtout prêté allégeance à la dimension militaro-sécuritaire de la dynamique.
Ennemi désigné : « le narcoterrorisme », mais il n’a échappé à personne que la démonstration était plus à l’abouchement politico-idéologique, à la mise sous protectorat d’une région dont les conditions de sécurité devront désormais être définies par parrain Donald et son sbire en chef, Pete Hegseth [10]. Grands absents de la rencontre : le Mexique et la Colombie (les deux pays pourtant les plus affectés par le narcotrafic), ainsi que le Brésil (à l’armée, l’économie et l’étendue les plus importantes du sous-continent). Trois gouvernements encore situés à gauche, en réalité. Peut-être plus pour longtemps – on vote cette année à Bogotá et à Brasília –, mais suffisamment pour préférer à l’alignement sur Washington ce que le politologue argentin Juan Carlos Puig appelait déjà il y a un demi-siècle « l’autonomie hétérodoxe » [11].
Le défi est bien évidemment plus ardu pour le Mexique – grand bénéficiaire économique qu’il est du nearshoring (rapprocher les activités de production délocalisées au plus près des frontières) pratiqué par les États-Unis –, mais cette stratégie de multi-alignement ou de diversification des relations vers d’autres partenaires du Sud global, bien qu’inacceptable pour Trump, reste prégnante en Amérique latine. Idéalement, comme le répète à l’envi le président brésilien Lula, en faveur d’une « réindustrialisation des pays de la région », d’« échanges marchands moins asymétriques » et de « transitions vers des modèles souverains à plus haute valeur ajoutée » [12]. Autant d’objectifs que l’importante vague de gouvernements de gauche qu’a connue la région entre 2000 et 2015 n’a pourtant pas réussi à atteindre, trop occupée qu’elle fut à profiter de l’aubaine extractiviste et agroexportatrice liée au boom des matières premières. Rien n’y fit, pas même les valeureux efforts d’intégration du sous-continent non subordonnée à l’hégémonie nord-américaine (ALBA, UNASUR, CELAC…), aujourd’hui dans un état comateux.
Nettoyer les États-Unis
L’inhumanité de la politique migratoire exercée par la nouvelle équipe Trump depuis janvier 2025 est également partie prenante du combo néo-impérialiste que la Maison Blanche administre aux nations et populations latino-américaines et caraïbéennes. Même si, dans ce domaine, on n’est pas non plus à une contradiction près. Spectacularisation du durcissement, restrictions draconiennes de l’accès à l’asile, militarisation accrue des frontières, chasse effrénée (illégale, légalisée, réillégalisée et ainsi de suite) aux « illégaux », conditions de détention barbares [13], expulsions brutales… traduisent une logique de dissuasion indifférente au respect des droits humains et aux engagements internationaux signés par les États-Unis.
S’y ajoutent deux traits au moins, propres à Donald Trump. D’une part, une rhétorique politique de stigmatisation des personnes migrantes ou immigrées en provenance du Sud, qui ne cesse de franchir des paliers de mépris ou de vilénie, faisant systématiquement de ces « envahisseurs » ou de ces « moins que rien », des « criminels », des « violeurs », de la « vermine »… qui menacent la « sécurité nationale ». D’autre part, une externalisation forcée du contrôle migratoire à distance du territoire états-unien : au Mexique, dans les petits États d’Amérique centrale et au-delà. Et ce, à coup de pressions diplomatiques et de chantage économique, au prix d’arrangements souvent opaques, multipliant de la sorte les zones grises exposées à la violence, à l’exploitation et à l’arbitraire administratif.
L’une des contradictions majeures de ces dispositifs répressifs réside dans le décalage entre l’économie états-unienne qui dépend fortement de cette main-d’œuvre immigrée ou migrante – et qui continue de l’absorber, souvent de manière informelle –, et un appareil politique qui la criminalise. Cette double réalité alimente à la fois la précarité et l’insécurité des millions de travailleurs et travailleuses étrangers, déclarés ou pas, et une forme d’hypocrisie structurelle, où l’exclusion affichée coexiste avec une intégration de fait, vitale à de nombreux employeurs. À tel point que, paradoxalement encore une fois, pour compenser les effets de la guerre aux migrant·es sur la main-d’œuvre disponible, jamais Washington n’a octroyé autant de nouveaux visas de travail saisonnier dans l’agriculture et les services qu’en 2025… [14].
Redessiner les cartes
On a là, exposés de manière trop sommaire, les différents éléments – plus chaotiques que cohérents, plus contingents que constants – du stade Donald de l’impérialisme yankee en Amérique latine. Auquel, le 5 mars dernier à Miami – c’est injustement passé inaperçu –, le toujours mesuré secrétaire d’État à la guerre, Pete Hegseth, est venu ajouter une dimension particulière, en faisant part au Commandement Sud de l’armée des États-Unis de la « nouvelle carte stratégique » de Donald Trump pour le continent américain, baptisée « Greater North America » [15].
« Chaque nation et territoire souverain situé au nord de l’équateur, du Groenland à l’Équateur et de l’Alaska à la Guyane, ne fait pas partie du Sud global », a-t-il expliqué. « Il s’agit désormais de notre périmètre de sécurité immédiat. » Périmètre « bordé soit par l’océan Atlantique Nord, soit par l’océan Pacifique Nord » et délimité au Sud par « les deux principales barrières géographiques de cette région » que sont « l’Amazonie et la cordillère des Andes », a-t-il précisé. Et de conclure : « Il s’agit là de notions élémentaires de géographie que l’on n’enseigne pas suffisamment à l’école ».
Élémentaire, évidente, impérieuse, comme le fut la priorité accordée à « l’hémisphère occidental » – tout le continent américain cette fois – dans la « Stratégie de sécurité nationale » rendue publique par l’administration Trump le 5 décembre 2025 [16], il y a une éternité. Si la « Greater North America » s’impose désormais comme « le périmètre de sécurité immédiat » des États-Unis, « The Western Hemisphere » demeure leur pré carré. Celui en tout cas vis-à-vis duquel l’actuelle présidence de l’empire yankee n’entend se refuser aucun moyen – du chantage économique à la frappe militaire – pour y restaurer la suprématie du « plus beau pays de tous les temps ». Pas de rupture fondamentale donc dans la logique impériale des States en Amérique latine, mais une exacerbation de ses méthodes et de sa rhétorique dans un cadre géopolitique marqué par la concurrence chinoise.
Notes
[16] National Security Strategy of the United States of America, The White House, Washington, novembre 2025.
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