États-Unis: une adolescente noire incarcérée pour ne pas avoir rendu ses devoirs

par Nina Pareja

Connue sous le nom d’emprunt de Grace, une adolescente de 15 ans aurait enfreint les conditions de sa libération conditionnelle, selon la juge en charge de son cas, en ne rendant pas ses devoirs et ce, en pleine période de confinement et de cours en ligne. Elle est incarcérée dans un centre de détention pour mineur·es depuis le 15 mai.

Le magazine ProPublica a enquêté sur l’histoire de Grace et révélé son caractère étrange. En effet, selon plusieurs avocat·es contacté·es par la journaliste, le confinement a plutôt poussé la justice américaine à limiter l’incarcération des jeunes ados.

Pour la mère de Grace, le cas de sa fille est révélateur d’un système judiciaire biaisé, raciste. ProPublica rappelle que les rectorats américains ont comptabilisé des milliers de cas d’étudiant·es ayant des problèmes pour se connecter. En particulier celles et ceux plus vulnérables comme Grace, qui souffre de troubles de l’attention reconnus.

Procès expédié

ProPublica s’est procuré le compte rendu du procès qui a eu lieu, lui aussi, en ligne. La juge a estimé que l’adolescente «était coupable de ne pas avoir rendu ses devoirs et de ne pas s’être levé pour aller à l’école» et a parlé d’«une menace pour la communauté» au vu des premières charges pour vol et violence –un vol de téléphone qu’elle a ensuite rendu et des disputes avec sa mère qui l’élève seule. Son audition, quelque peu expédiée par les conditions du confinement, n’a pas permis de recueillir le témoignage de ses enseignant·es qui étaient pourtant globalement satisfait·es du travail de l’adolescente.

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Sauf en cas d’urgence, les centres de détentions pour mineur·es ont plutôt fait l’objet d’une baisse de fréquentation depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Mais les enfants racisés sont sur-représentés dans le système judiciaire américain et moins d’alternatives à l’incarcération leur sont offertes. Dans l’État du Michigan, les jeunes noir·es sont quatre fois plus souvent incarcéré·es que les jeunes blanc·hes.

Des élèves, professeur·es, militant·es et résidant·es se sont réunis pour manifester contre la détention de Grace devant son l’école, et tenaient de nombreux panneaux sur lesquels on pouvait notamment lire «Black Lives Matter» («La vie des Noir·es comptent»), rapporte The Independent.

À la suite des protestations, le cas de Grace devrait être de nouveau examiné par la cour suprême de l’État du Michigan.