27 juil. 2019
D’après l’IGPN, et contrairement aux affirmations du procureur, les coups portĂ©s par Didier Andrieux lors de l’acte 8 des Gilets jaunes n’Ă©taient «ni proportionnĂ©s ni nĂ©cessaires». Une information judiciaire pour violences policières a Ă©tĂ© ouverte.
«J’ai saisi un juge d’instruction pour violences volontaires par personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique» : le 26 juillet – soit six mois après les faits – le procureur de la RĂ©publique de Toulon Bernard Marchal a opĂ©rĂ© un virage Ă 180 degrĂ©s concernant le commandant divisionnaire Didier Andrieux, filmĂ© en train de frapper plusieurs personnes lors de l’acte 8 des Gilets jaunes.
Dans des vidĂ©os qui avaient provoqué de vives rĂ©actions sur les rĂ©seaux sociaux, Didier Andrieux avait Ă©tĂ© vu en train d’assĂ©ner des coups au visage d’un individu interpellĂ©, qui semblait pourtant ĂŞtre maĂ®trisĂ© par ses collègues policiers. Dans la foulĂ©e, Bernard Marchal, avait assurĂ© ne pas avoir ouvert de procĂ©dure contre le commandant de police, justifiant : «Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidĂ©os, dans lequel il Ă©tait impossible d’interpeller quelqu’un sans violence, et il a agi proportionnellement Ă la menace.» Didier Andrieux et Bernard Marchal avaient par ailleurs expliquĂ© de concert que ce manifestant Ă©tait menaçant et avait notamment un tesson de bouteille en main.
Le parquet de Toulon, qui n’avait pas jugĂ© utile dans un premier temps d’enquĂŞter sur les conditions de l’interpellation, s’Ă©tait ravisĂ© 24 heures plus tard, après une dĂ©cision de la prĂ©fecture d’engager de son cĂ´tĂ© une enquĂŞte administrative. Didier Marchal avait alors confiĂ© Ă son tour une enquĂŞte judiciaire Ă l’Inspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale (IGPN).
C’est sur la base du rapport remis fin juin par l’IGPN que Didier Marchal a finalement dĂ©cidĂ© d’ouvrir une information judiciaire. Selon LibĂ©ration, la police des polices indique dans son rapport que l’homme n’Ă©tait pas porteur d’un objet dangereux et que les coups portĂ©s au visage par le policier n’Ă©taient «ni proportionnĂ©s ni nĂ©cessaires».
Le parquet de Toulon, qui avait ouvert prĂ©cĂ©demment une information judiciaire contre trois Gilets jaunes, dont l’homme visible dans la vidĂ©o – qui ne portait pas de Gilet jaune – pour «outrages et violences volontaires Ă l’Ă©gard de personnes dĂ©positaires de l’autoritĂ© publique», prĂ©cise qu’un seul et mĂŞme juge d’instruction est saisi des deux volets de l’affaire.
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