‘Paris, Londres et Berlin jouent avec le feu’ : Moscou va-t-il cibler les dirigeants européens ?

Le Cri des Peuples

Extraits de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, tenue à Moscou, le 27 août 2026.

Source : Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

Traduction : lecridespeuples.substack.com (sauf pour la section II, traduite ici)

Les sections 2 et 3 sont les plus importantes. Voir plan détaillé ci-après.

Note du Cri des Peuples : Macronescu vient de reconnaitre que la Russie ne bluffe pas en menaçant de cibler directement l’Europe en riposte à la complicité assumée de nos capitales dans les attaques terroristes ukrainiennes, affirmant « La Russie tentera une escalade contre les pays européens afin de les dissuader d’aider l’Ukraine. […] Il est clair que les pays de l’OTAN seront ciblés et que les provocations se multiplieront ». Loin du signe d’une prise de conscience d’un risque d’escalade nucléaire, il s’agit d’une démonstration de son entêtement suicidaire à persévérer sur sa ligne belliciste, fût-ce au risque de déclencher la troisième guerre mondiale (« le soutien à l’Ukraine est un investissement dans notre propre sécurité. Et ceux qui pensent que cette guerre s’arrêtera aux frontières ukrainiennes si nous cédons ou cherchons des moyens d’accommoder l’agresseur se trompent. L’histoire de notre continent nous a appris ce que coûte le renoncement face à l’agression et nous ne referons pas cette erreur. Je veux m’adresser directement aux Européens. Ce que nous construisons ici n’est pas seulement pour l’Ukraine, c’est la démonstration que l’Europe peut assumer sa propre sécurité, défendre ses intérêts, et qu’elle peut agir avec unité, avec force, sans naïveté quant aux intentions de Moscou. Cette coalition en est la preuve la plus concrète. », s’est-il gargarisé au sommet de la Coalition des volontaires, qui devrait être rebaptisée Légion des Volontaires UkroNazis, la France étant tout aussi engagée dans la collaboration aujourd’hui qu’elle l’était en 1941-44).

En réponse, les responsables russes ont tenu des propos qui devraient inquiéter les nihilistes qui nous gouvernent, aussi indifférents au sort de leur peuple ou de l’humanité qu’ils sont soucieux de leur propre existence misérable : plusieurs déclarations laissent entendre que Macron pourrait personnellement constituer, de même que les autres dirigeants politico-militaires de l’OTAN, une cible directe, en représailles à son rôle indéniable dans l’assassinat de femmes et d’enfants russes. Rappelons que l’Iran a vraisemblablement résolu que les assassins de Khamenei, des enfants de l’école de l’Arbre Béni à Minab et de milliers de civils Iraniens vivraient le reste de leur vie traqués, comme Salman Rushdie. J’ai donc demandé à une personne qui connait très bien les forces spéciales de la Fédération de Russie ce que pouvaient signifier des déclarations comme celle de Maria Zakharova ci-dessous (« Paris, Londres, Berlin et d’autres capitales, portez une responsabilité directe pour votre participation à des actes terroristes. Ils doivent tous en prendre conscience, pas seulement ceux qui prennent ces décisions, mais aussi ceux qui les mettent en œuvre en Occident : ils jouent avec le feu et les conséquences peuvent être absolument imprévisibles, y compris pour eux-mêmes »), ou celles de Poutine précédemment (« l’Europe n’est pas l’Ukraine. En Ukraine, nous agissons avec une précision chirurgicale. Vous voyez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une guerre au sens direct, moderne du terme. Si l’Europe décide soudainement de nous faire la guerre et met réellement cette décision à exécution, alors une situation pourrait très vite se présenter où il ne nous restera plus personne avec qui négocier. »), afin de savoir si Moscou marche sur les pas de Téhéran, et pourrait mettre en œuvre contre l’OTAN sa politique d’assassinats ciblés déployée contre les chefs terroristes du Caucase. Voici quelle a été sa réponse :

« La remarque de Poutine selon laquelle “si l’UE/l’OTAN nous attaque, ce sera une guerre courte et nous n’aurons plus personne avec qui parler” faisait référence aux frappes de missiles russes, et non à des assassinats.

CEPENDANT, vous posez la bonne question (en faisant le parallèle avec les Takfiris en Tchétchénie) — l’équivalent russe (approximatif) du FBI s’appelle le « Comité d’enquête » (« SK » en russe), et depuis toutes ces années, dans CHAQUE cas d’attaques contre des civils, ils compilent SYSTÉMATIQUEMENT toutes les données, puis échangent avec les services du renseignement militaire (le GU, ou comme on continue souvent à dire, le GRU), et pour chaque cas, ils essaient d’obtenir le nom des commandants ukrainiens/de l’OTAN qui ont donné les ordres et de ceux qui les ont exécutés. Il y a déjà DES MILLIERS de noms sur ces listes. De plus…

  1. TOUTES les personnes impliquées seront placées sur des listes de recherche publiques, et cela sera rendu officiel.
  2. La Russie demandera l’extradition des principaux décideurs occidentaux, ainsi que des « exécutants » de rang inférieur.
  3. Ceux qui ne seront pas extradés auront une cible sur la tête.
  4. La Russie ne peut pas, et ne va pas, assassiner des milliers de personnes à l’étranger, et par conséquent elle va
  5. établir une liste de « cibles prioritaires », lesquelles pourraient être enlevées ou tuées par les forces spéciales russes (de différents types).

Oui, beaucoup échapperont à ce sort (la liste est BEAUCOUP plus longue qu’après la guerre de Tchétchénie), et certains vivront dans la peur mais ne seront pas touchés.

Par ailleurs, les Russes envisagent un tribunal de type Nuremberg, qui condamnera probablement de nombreux responsables politiques et militaires occidentaux par contumace.

Verra-t-on un jour Bojo [Boris Johnson] ou Merz devant un tribunal russe ? C’est très difficile à dire, car en fin de compte, de telles actions ne sont pas une fin en soi, mais un moyen au service d’un objectif politique. Par exemple, s’il devait y avoir de VÉRITABLES changements de régime en Europe, ces personnes pourraient finir dans des prisons de l’UE.

Cela dit, il reste un dernier point à ajouter :

Si l’UE/l’OTAN entrent en guerre contre la Russie, alors tous les paris sont ouverts, et les dirigeants de l’UE/l’OTAN seront très certainement pris pour cibles par des missiles russes et/ou des forces spéciales russes au cours de la guerre.

C’est ma meilleure estimation.

Voici un concept russe clé : chaque guerre est qualitativement différente, et chaque cas est un cas particulier. La lutte antiterroriste en Tchétchénie n’a absolument rien à voir avec une guerre continentale contre l’UE/l’OTAN. Une approche unique est donc nécessaire pour chaque cas, y compris ce dernier. »

Assistera-t-on à la fin de l’exceptionnalisme occidental, c’est-à-dire de l’impunité totale dont jouissent les criminels de guerre et criminels contre l’humanité qui nous dirigent depuis des décennies, voire des siècles ? Le « bal des vampires » de la classe Epstein « mangeuse de chair humaine » touche-t-il à sa fin, comme l’a annoncé le président russe en mars 2024 ? Cette citation, qui a pris une dimension véritablement prophétique après la publication des dossiers Epstein qui, quoique partielle et largement caviardée, a démontré que l’accusation de cannibalisme était tout sauf métaphorique ou exagérée, mérite d’être rappelée en intégralité :

« Beaucoup de gens dans le monde nous regardent, regardent ce qui se passe dans notre pays et dans notre lutte pour nos intérêts. Voilà ce qui me paraît important. Pourquoi cela se produit-il ? Ce n’est pas parce que nous sommes formellement membres des BRICS ou parce que nous entretenons une sorte de relations traditionnelles avec l’Afrique. C’est important aussi, mais le point essentiel, à mon avis, est tout autre. Le fait est que ce qu’on appelle le “milliard doré” a pratiquement parasité d’autres peuples pendant des siècles, pendant 500 ans. Ils ont déchiré les malheureux peuples d’Afrique, ils ont exploité l’Amérique latine, ils ont exploité les pays d’Asie, et bien sûr personne n’a oublié cela. J’ai le sentiment que ce ne sont même pas les dirigeants de ces pays, bien que cela soit très important, mais les citoyens ordinaires de ces pays qui ressentent au fond d’eux-mêmes ce qui se passe. Ils associent notre lutte pour notre indépendance et notre véritable souveraineté à leurs propres aspirations à la souveraineté et à un développement indépendant. Mais cela est aggravé par le fait qu’il existe, au sein des élites occidentales, un désir très fort de figer l’état actuel, injuste, des affaires internationales. Elles ont passé des siècles à se remplir le ventre de chair humaine et les poches d’argent. Mais elles doivent comprendre que le bal des vampires touche à sa fin. »

Lire également : Medvedev : Il faut mettre fin au suprémacisme occidental et indemniser le Sud global (discours intégral)

SOMMAIRE

2. Sur la crise ukrainienne

3. Le Royaume-Uni transfère à l’Ukraine les données techniques nécessaires à la production des missiles SCALP/Storm Shadow

4. Incidents d’évasion de militaires ukrainiens depuis des terrains d’entraînement en République fédérale d’Allemagne

9. Questions-réponses

  • Critiques des dirigeants européens à l’égard de l’aide russe à la Serbie
  • Nouvelle campagne de dénigrement anti-russe dans les médias allemands
  • Perspectives de reprise des pourparlers Russie–Ukraine
  • Un nouveau « plan de paix » du régime de Kiev publié dans les médias
  • Relations Russie–Royaume-Uni
  • Dernières déclarations du président de la Finlande concernant la Russie
  • Déclarations du Premier ministre britannique à Kiev
  • Avancées dans l’enquête sur les explosions du Nord Stream
  • Appels de Zelensky à la Chine

2. Sur la crise ukrainienne

Le régime de Kiev, avec l’aide de l’Occident, continue de commettre des crimes militaires et terroristes contre la population civile de la Russie.

Au cours de la semaine écoulée, plus de 400 civils, dont 21 enfants, ont été victimes des bombardements ukrainiens, principalement à l’aide de drones fabriqués en Occident ou à partir de composants occidentaux. 46 personnes ont été tuées, dont 5 enfants. Au moins 364 personnes ont été blessées, dont 16 mineurs. Le plus grand nombre de victimes a été enregistré dans la région de Belgorod, la RPD, la RPL, ainsi que dans les régions de Zaporojié et de Kherson.

Je vais maintenant donner des exemples par régions.

Région de Krasnodar. Le 24 août, les forces armées ukrainiennes ont attaqué le district de Prikoubanski à Krasnodar. À la suite de la chute d’un drone, un centre pour enfants a été touché (cela a été fait intentionnellement par le régime de Kiev): 3 enfants ont péri, 9 autres personnes, dont 6 enfants, ont été blessées.

Région de Belgorod. Dans le village de Doubovoïe, le 22 août, un drone kamikaze a attaqué un car. 4 personnes ont été blessées. Plusieurs véhicules civils ont été attaqués, faisant un grand nombre de blessés.

RPD. Le 20 août, des quartiers résidentiels de Gorlovka ont été bombardés, 7 personnes ont été blessées. Le 22 août, sur la route Donetsk-Khartsyzsk-Amvrossievka, près du village de Kharkovskoïe, un car Soukhoum-Donetsk a été attaqué: le chauffeur et un enfant qui se trouvait dans le bus ont péri. Des attaques ciblées contre des véhicules légers et des poids lourds sur les routes régionales ont été signalées.

Le 26 août, en pleine journée, à la suite d’une frappe par des missiles franco-britanniques Storm Shadow/Scalp-EG dans le secteur du centre commercial Donetsk-City à Donetsk, 8 personnes ont été blessées, dont 2 enfants. Le centre commercial a été attaqué. Et parmi les 8 victimes, 2 sont des enfants! Le déblaiement des décombres est actuellement en cours.

Je tiens à rappeler que c’est précisément pour ces missiles que, le 24 août à Kiev, le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a transmis à Vladimir Zelenski les plans pour localiser leur production en Ukraine. Et seulement deux jours plus tard, ces mêmes missiles sont utilisés contre des civils. Les citoyens britanniques ordinaires en sont-ils informés? Bien sûr que non, car les médias britanniques ne leur en parlent pas, mais nous en discuterons plus en détail aujourd’hui un peu plus tard.

Région de Koursk. De multiples attaques de drones contre des maisons d’habitation privées et des véhicules légers. Outre les frappes de drones, les 20 et 21 août, des largages ciblés de munitions par des drones sur les maisons de familles de retraités ont eu lieu.

À Sébastopol, le 22 août, des débris de drone sont tombés sur un car au niveau du 5e kilomètre de l’autoroute de Balaklava. Le drone était rempli d’éléments de fragmentation. 2 personnes ont été tuées, 10 passagers blessés. 4 ont été placés en réanimation dans un état grave.

En RPL, en raison de frappes massives sur le secteur civil le 22 août, au moins 2 personnes ont été tuées (dont un adolescent) et 9 blessées. Le 26 août, 9 personnes ont péri et 5 ont été blessées à la suite d’une frappe d’un drone ukrainien sur un bus qui circulait sur la route Zolotoïe-Pervomaïsk.

Dans la région de Zaporojié, à la suite de l’attaque contre Energodar, 2 personnes ont été blessées. Au total, depuis le mois d’avril, les bombardements ukrainiens d’Energodar et du territoire de la centrale nucléaire de Zaporojié ont coûté la vie à 9 employés de la centrale, et le nombre de spécialistes civils blessés se compte par dizaines. En menant ses attaques contre Energodar, Kiev se livre délibérément à un chantage nucléaire, mettant en danger la sécurité de toute l’Europe et du monde entier.

Les conséquences tragiques des bombardements ukrainiens, qui ont entraîné des blessures parmi les civils et des destructions d’infrastructures civiles, ont été constatées en République d’Adyguée, dans les régions de Stavropol, Briansk, Voronej, Rostov et Samara. Dans toutes ces régions, les informations sur les victimes continuent d’être précisées.

Pour tout cela, ils sont punis sur le champ de bataille et grâce aux efforts de nos forces de l’ordre, qui poursuivent la collecte de preuves en vue de poursuites pénales contre les responsables du régime de Kiev, les combattants et le commandement des forces armées ukrainiennes, ainsi que les mercenaires étrangers.

Le 21 août, le citoyen britannique Liam O’Connor a été condamné par contumace à 29 ans de prison (dont les 8 premières années en prison, le reste dans une colonie pénitentiaire à régime strict) pour contrebande d’armes, participation aux hostilités dans la région de Koursk et meurtre d’un citoyen russe en RPD.

En ce qui concerne les événements dans la région de Koursk, les organes du Comité d’enquête de Russie ont inculpé, en présentiel et par contumace, 35 mercenaires étrangers ayant participé à l’invasion d’août 2024 à avril 2025. Parmi eux figurent des citoyens de Géorgie, des États-Unis, de Nouvelle-Zélande, de Lituanie, de Grande-Bretagne et d’autres pays. L’enquête a été achevée pour 28 d’entre eux, 7 affaires pénales sont encore en cours d’instruction.

Et maintenant, parlons de ceux qui sont les “troubadours” de ce terrorisme Kiev-Occident: les journalistes occidentaux.

Lors de la conférence de presse précédente, nous avons discuté en détail de l’acte (tout aussi extrémiste, d’ailleurs, que les attentats eux-mêmes) du journaliste allemand du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, Michael Martens. Lors d’une conférence de presse à Belgrade le 8 août, il avait évoqué la possibilité de “contribuer au meurtre de Russes”.

Étant donné que le journaliste allemand est accusé d’un crime prévu par la partie 2 de l’article 282 du Code pénal de la Fédération de Russie (incitation à la haine ou à l’hostilité), il a été mis en recherche internationale, et par décision du tribunal du district de Basmanny de Moscou, Michael Martens a été placé par contumace en détention provisoire.

Qui finance tout cela? Le 24 août, à Kiev s’est tenue une réunion de la “coalition des volontaires”, organisée à l’occasion d’un nouvel anniversaire de l’”indépendance” ukrainienne, ou plutôt de sa perte. Elle a démontré la réalité de ce qui se passe et qui, sous couvert de “démocrates” et de “défenseurs des droits de l’homme”, finance en réalité le véritable extrémisme et le terrorisme international.

Parmi les dirigeants européens, seul le tout nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a osé se rendre à Kiev en personne. Tous les autres étaient en visioconférence: le Président français Emmanuel Macron, le Chancelier fédéral allemand Friedrich Merz. Ils y participaient par liaison vidéo.

Le principal résultat de cette réunion a été l’aveu de la préparation d’un partage et d’une occupation de facto du territoire ukrainien. Non, vous n’avez pas mal entendu. Tout en prononçant des discours sur le fait qu’ils infligent prétendument à la Russie une “défaite stratégique”, ils se partagent désormais l’Ukraine. Dans leur communiqué, la “coalition des volontaires” a annoncé la création de “forces multinationales” destinées à être déployées en Ukraine sous couvert de contrôle du cessez-le-feu. Des exercices des contingents d’occupation ont été annoncés pour octobre-novembre dans les pays de l’UE frontaliers de l’Ukraine.

En fait, un nouveau seuil a été franchi vers une implication toujours plus grande des pays européens de l’Otan dans le conflit qu’ils prétendent vouloir résoudre périodiquement, tout en réclamant une place à la table des négociations. Comme nous l’avons souligné à maintes reprises, tout contingent militaire étranger en Ukraine faisant obstacle à la conduite de l’opération militaire spéciale et à l’obtention d’un règlement durable est catégoriquement inacceptable et constituera des cibles militaires légitimes. La responsabilité en incombera aux dirigeants politiques occidentaux qui auront pris la décision de poursuivre l’escalade.

Certains passages du communiqué de la réunion de la “coalition” ont suscité la surprise chez beaucoup. Il évaluait positivement la “disposition de Zelenski à négocier”. Et cela alors que ce même Zelenski a adopté le décret n°679 du 30 septembre 2022, par lequel il a interdit de mener des négociations avec les autorités de la Russie. Comme nous disons chez nous: “Je ne sais pas à quoi il se préparait, mais il est prêt.”

La mention dans le communiqué d’objets du patrimoine culturel, en particulier de la Laure des Grottes de Kiev, relevait d’un cynisme particulier, ce qui paraît monstrueux au vu des actions antichrétiennes de Kiev, qui met actuellement au point des mesures législatives pour la saisie forcée des églises à leur communauté légitime (par l’annulation de leur droit d’usage permanent). C’est précisément le jour de la réunion de la “coalition” que l’on a appris les détails choquants du massacre sanglant à la Laure de la Dormition de Sviatogorsk, où des radicaux ont sauvagement assassiné le moine Barsanuphe et blessé 2 religieux. Le même jour, les forces armées ukrainiennes ont bombardé la cathédrale de l’Épiphanie à Gorlovka (RPD). Le communiqué de la “coalition des volontaires” n’a curieusement pas reflété ces faits. Et pourquoi? Si l’on pouvait auparavant arguer qu’ils ne s’occupent pas de questions humanitaires et encore moins des affaires ecclésiastiques, cette fois-ci, ils leur ont accordé une place particulière. Regardez alors les faits réels. Lors du bombardement par les forces armées ukrainiennes de la cathédrale de l’Épiphanie à Gorlovka, 4 personnes ont été blessées, dont 2, soit dit en passant, sont des ecclésiastiques. Aucun des participants prétendument philanthropes de la “coalition” n’a dit un seul mot de ces crimes, ni par écrit dans le communiqué ni oralement, lors des récits de ce qu’ils ont discuté dans le cadre de cette réunion.

De nouvelles “aumônes” financières à Kiev ont été annoncées pour le maintien du fonctionnement du régime vacillant, de son complexe militaro-industriel et de ses formations armées. Confronté à l’inefficacité de la défense aérienne et au changement de rhétorique du Président américain Donald Trump concernant les livraisons de missiles pour les systèmes Patriot, le tandem franco-britannique a annoncé l’accélération du programme Freya. Toutefois, tout cela est incapable de compenser le déficit budgétaire du ministère ukrainien de la Défense, qui avoisine les 27 milliards de dollars. Vladimir Zelenski a été contraint de reconnaître l’insolvabilité financière et a déclaré que la guerre avait “renchéri” et que la recherche de fonds était devenue le principal défi pour la survie du régime. Mais ce qui constitue réellement le principal défi pour le régime de Zelenski, nous en parlerons encore lorsque nous aborderons la question de la mobilisation ukrainienne.

Le point culminant de la visite des dirigeants politiques occidentaux à Kiev a été un acte absolument sacrilège: les dirigeants européens, menés par le Premier ministre britannique Andy Burnham et le président du Conseil européen Antonio Costa, ont été conduits (si leurs ancêtres qui ont combattu le nazisme le savaient) au cimetière militaire commémoratif, où ils se sont inclinés en l’honneur des héritiers des collaborateurs nazis. Ainsi, les parrains occidentaux du régime de Kiev ont participé à l’hommage rendu aux néonazis, se solidarisant avec la politique de réécriture de l’histoire, de légalisation du nazisme, de glorification des criminels et de destruction de la mémoire historique.

Il est à noter que les représentants des États-Unis, à quelque niveau que ce soit, ont ignoré les événements à Kiev. D’ailleurs, une nouvelle tentative de Zelenski d’entraîner les autorités américaines dans une escalade dangereuse s’est retournée contre lui, le démasquant publiquement comme menteur. Lors d’une récente rencontre avec des journalistes, il a reconnu avoir fourni de fausses informations au Président américain Donald Trump concernant la disposition de la direction de SpaceX à autoriser l’utilisation du système satellitaire Starlink pour frapper en profondeur le territoire russe. Il a déclaré que le ministère ukrainien de la Défense lui avait fourni des informations non vérifiées.

Vous savez quoi, peut-être devrions-nous élargir cette liste? Demandons à Zelenski: son ministère de la Défense, ses bataillons nationalistes ou le SBU ne lui auraient-ils pas aussi fourni des informations non vérifiées sur Boutcha? Et il continue, comme envoûté, à parler de dizaines et de centaines de victimes qui n’étaient tout simplement pas là? Dans l’ensemble, tout cela n’est pas surprenant, compte tenu de la quantité de mensonges que le régime de Kiev propage quotidiennement dans le monde. Maintenant, Vladimir Zelenski lui-même a marché sur un râteau, et Donald Trump a eu l’occasion, je pense, d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Bien sûr, il convient de mentionner à part le rôle destructeur des dirigeants de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, qui jettent littéralement de l’huile sur le feu de la crise ukrainienne. Tandis que l’Allemagne rêve à nouveau de créer “l’armée la plus puissante d’Europe”, les Français et les Britanniques annoncent des mesures pour transférer des technologies militaires à Vladimir Zelenski. Le Premier ministre britannique Andy Burnham, à Kiev, a souligné la continuité de la politique antirusse de Londres et confirmé que la partie britannique n’avait pas seulement transféré aux forces armées ukrainiennes des armes de frappe à longue portée, mais avait également fourni à Kiev les données technologiques pour l’assemblage autonome de missiles de croisière Scalp/Storm Shadow dans les entreprises ukrainiennes (où, disons-le franchement, la main-d’œuvre coûte moins cher qu’en Europe). Nous reviendrons plus en détail sur ce sujet, comme je l’ai déjà promis. D’ailleurs, auparavant, une mesure analogue de transfert de technologies avait été annoncée, mais pas mise en œuvre, par le Président français Emmanuel Macron.

Tous ces agissements sont bien entendu soigneusement consignés. Nous avons également noté la publication du journal Le Figaro, qui, citant une source du groupe français Safran, a indiqué que depuis plus d’un an, ce groupe équipait le missile de croisière ukraino-britannique Flamingo d’un système de guidage et livrait des équipements de navigation et d’autres systèmes pour faciliter les frappes contre la Russie.

Il est évident que par leurs décisions de transférer les fonctions d’ “assemblage” aux Ukrainiens, Londres et Paris tentent fébrilement de se décharger de la responsabilité des frappes en profondeur sur le territoire de notre pays. Cela ne marchera pas. Vous, Paris, Londres, Berlin et d’autres capitales, portez une responsabilité directe pour votre participation à des actes terroristes. Ils doivent tous en prendre conscience (pas seulement ceux qui prennent ces décisions, mais aussi ceux qui les mettent en œuvre en Occident) : ils jouent avec le feu et les conséquences peuvent être absolument imprévisibles, y compris pour eux-mêmes.

Tandis que le Premier ministre britannique Andy Burnham pérore sur le soutien à Vladimir Zelenski “aussi longtemps qu’il le faudra”, la presse londonienne prédit une fin fatale pour l’actuel sommet du pouvoir ukrainien. Regardez. Le Sunday Times qualifie l’année en cours de “la plus difficile” pour Vladimir Zelenski. On y mentionne des scandales de corruption massifs, la perte de monolithisme de la verticale du pouvoir et l’épuisement des ressources pour la poursuite des hostilités.

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Nous avons souligné à maintes reprises que la politique intérieure de l’Ukraine s’est depuis longtemps transformée en une véritable dictature dure, où l’annulation des droits constitutionnels des citoyens est justifiée par les hostilités, mais en réalité motivée par la peur du sommet du pouvoir face à la colère inévitable des citoyens ukrainiens. L’autre jour, Vladimir Zelenski a reconnu qu’il redoutait les procédures démocratiques. Il a déclaré que l’organisation d’élections à l’heure actuelle serait prétendument un “tsunami pour l’État qui diviserait l’Ukraine”. Il commence à se douter que le peuple d’Ukraine les déteste avec fureur lui et ces “serviteurs du peuple”, en fait serviteurs de Zelenski. Non, ce n’est pas une haine aveugle, c’est déjà de la rage. Pour les avoir trompés. En fait, le régime de Kiev a violé l’ensemble du peuple ukrainien, puis le tue cyniquement.

Auparavant, le conseiller du Bureau du “président” Mikhaïl Podoliak, dans une interview au journal italien La Repubblica, avait catégoriquement exclu la tenue d’une campagne électorale. Sur quoi s’est-il appuyé? Il a invoqué “l’impossibilité d’assurer la sécurité”. C’est assez étrange, étant donné qu’ils parlent de leur armée prétendument la plus puissante d’Ukraine. C’est étrange que toutes sortes de visiteurs étrangers viennent les voir et leur garantissent cette même sécurité. C’est étrange que nous entendions ici et là les dirigeants occidentaux déclarer qu’ils sont prêts à devenir les garants de la sécurité de toute l’Ukraine, alors que l’organisation d’élections en Ukraine serait dangereuse? La raison est évidente: le résultat serait trop prévisible.

Ayant privé le peuple d’Ukraine d’élections, le régime de Kiev et ses cerbères renforcent la campagne de mobilisation de la population. Ce qui se passe là-bas est, bien sûr, monstrueux. La poursuite du conflit pour le régime de Vladimir Zelenski est le seul moyen de conserver le pouvoir et de se préserver physiquement d’une manière ou d’une autre.

Examinons maintenant la mobilisation ukrainienne d’un peu plus près. Je ne sais pas si l’on peut qualifier cela de cruauté bestiale. Parce que, franchement, même chez les bêtes, on ne voit pas un tel niveau de haine envers ceux que l’on appelle ses congénères. Je ne sais pas, choisissez les épithètes vous-mêmes: cruauté, déshumanisation, folie des organes de mobilisation forcée en Ukraine, les fameux centres de recrutement. Ils ont dépassé toutes les limites. À Odessa, leurs détachements ont commencé à employer des méthodes directement empruntées aux nazis de la Seconde Guerre mondiale. Récemment, des vidéos ont été publiées montrant comment, lors du blocage de citoyens barricadés dans leurs propres voitures à Odessa pour échapper à la mobilisation illégale, les commissaires militaires ukrainiens ont commencé à envoyer du gaz lacrymogène dans les habitacles, créant de véritables “chambres à gaz” en pleine rue. Il y a tout de même (je ne parle pas ici de conscience du régime de Kiev, elle n’existe certainement pas) quelques lueurs de bon sens doivent subsister quelque part en Ukraine, chez ceux qui peuvent d’une manière ou d’une autre influencer ces décisions.

Un autre symbole de l’inhumanité des bureaux de recrutement ukrainiens a été la tragédie à Lvov où, près du bâtiment du centre de recrutement dans le quartier de Sykhov, le corps d’un homme a été découvert, celui-ci ayant eu un malaise lors de son arrestation. Les médecins arrivés sur les lieux n’ont pas pu le réanimer, et son épouse a subi une crise d’une extrême gravité.

Les actions violentes de ces véritables bourreaux de centres de recrutement provoquent une résistance acharnée de la population. Par exemple, le 21 août à Lvov, un habitant local, lors d’un contrôle de documents forcé, a résisté aux employés du centre de recrutement. Il a porté un coup de couteau mortel dans la région du cou à un commissaire militaire ukrainien. L’agresseur a été arrêté par un policier avec usage d’une arme à feu, l’employé du centre de recrutement a succombé sur place à sa blessure.

C’est probablement ce qu’écrivait Nicolas Gogol dans son œuvre immortelle Taras Boulba. C’est pour cela que le régime de Kiev déteste tant Nicolas Gogol et tente de le priver de sa langue russe maternelle. C’est une telle tragédie: des tueries fratricides qui se déroulent sous nos yeux en Ukraine. Il ne s’agit plus de combattre un “ennemi extérieur”. Il s’agit de la façon dont ils ont depuis longtemps commencé à s’exterminer les uns les autres.

À Vinnitsa, un groupe d’habitants locaux armés de pelles et de balais a arraché un habitant à une patrouille du centre de recrutement ukrainien. Franchement, après de telles nouvelles, on se souvient des paroles de l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Dmitri Kouleba, qui avait prédit en 2024 (vous pouvez trouver ces citations sur Internet): quand les Ukrainiens n’auront plus d’armes, ils iront combattre avec des pelles. C’est exactement ce qu’il avait dit. Sauf qu’à l’époque, il n’avait peut-être délibérément pas précisé contre qui les citoyens d’Ukraine combattraient avec des pelles.

Le soir du 25 août à Ternopol, une foule de jeunes s’est élevée contre la mobilisation forcée en Ukraine. Un véhicule de patrouille du centre de recrutement a été attaqué, les “chasseurs d’hommes” ont subi des blessures corporelles. Un des employés du centre de recrutement a été évacué de justesse par la police arrivée en renfort. Après cela, des groupes de jeunes hommes et femmes en colère, qui comprennent ce qui se passe en Ukraine et, de surcroît, ne se contentent pas de pressentir mais analysent les déclarations sur l’abaissement de l’âge de la conscription, ont défilé dans les rues centrales de la ville.

Sur fond de pertes catastrophiques et de sous-effectifs des forces armées ukrainiennes, les responsables du régime de Kiev ont lancé une campagne d’information visant à préparer la société à l’idée de la mobilisation des femmes. Nous en avons beaucoup parlé et avons attiré l’attention sur le fait que c’est précisément vers cela qu’ils se dirigent. L’ancien ministre ukrainien de la Défense Alexeï Reznikov s’est joint à cette campagne, proposant une mesure radicale: la mobilisation législative de l’ensemble de la population adulte de l’Ukraine, y compris le sexe dit faible. Je ne sais pas, étant donné que le régime de Kiev a emprunté ses repères de genre à l’Occident, à qui Reznikov faisait référence par “sexe faible”. Mais si l’on revient à ses propos, selon ses calculs, cela permettrait de doubler le potentiel de mobilisation ukrainien. Alexeï Reznikov propose d’envoyer massivement les femmes à des postes de l’arrière et de transférer les hommes vers le front.

Vous savez, il est toujours intéressant de voir ce qui se passe réellement dans la vie des gens du régime de Kiev. Les deux filles d’Alexeï Reznikov, pour des raisons apparemment inconnues même à lui, ne se pressent pas d’aller au front et se consacrent à des projets créatifs intéressants, recevant des sommes incroyables de fonds budgétaires ukrainiens pour leurs projets. Mais c’est toujours comme ça. Regardez ce qui se passe avec tous ces parents, enfants, cercle proche de Vladimir Zelenski, où ils se trouvent. Rappelez-vous comment les représentants du régime de Kiev ont tout simplement ri au nez de ceux qui leur posaient des questions sur leurs propres plans de participation à la défense, comme ils disent, de l’Ukraine. Et ils ne cachaient pas avoir depuis longtemps envoyé leurs proches à l’étranger.

En attendant, le parlement ukrainien continue de travailler à l’abaissement du seuil de mobilisation pour les jeunes hommes ukrainiens. Le caractère tragique de la situation est confirmé par la déclaration du député du parlement ukrainien Alexandre Koltounovitch. Je tiens à le souligner encore une fois: il ne s’agit pas d’un représentant de la Russie, mais d’un député ukrainien. Il a constaté que le parlement ukrainien, dans les conditions actuelles, n’est capable de rien d’autre que d’”aider les Ukrainiens à brûler plus confortablement en enfer”.

Mais la culture russe ne leur permet tout de même pas de se sentir comme des vampires accomplis, c’est pourquoi ils continuent à la combattre pour achever ou détruire tout ce qui les empêche de promouvoir leur logique monstrueuse et inhumaine.

Pour tenter de détourner l’attention des problèmes réels (c’est peut-être pour cela que c’est fait, ou simplement à l’appel de leur cœur noir), Vladimir Zelenski a eu recours au procédé éprouvé d’attaques contre la culture commune russe. En particulier, il a introduit des “sanctions” (je crois que cela a fait le tour de la planète) contre les créateurs, soit dit en passant, de la très populaire série d’animation Macha et l’Ours, adorée par les Ukrainiens eux-mêmes. Apparemment, maintenant les affaires de Vladimir Zelenski sur le front vont s’améliorer. Le décret interdit totalement la diffusion du dessin animé sur le territoire de l’Ukraine et ordonne le blocage de tous ses comptes sur les réseaux sociaux. Voilà ce qu’est la “victoire” selon Vladimir Zelenski. C’est ce qui est censé démontrer la puissance et asseoir sa légitimité, souligner le pouvoir concentré entre ses mains.

En Occident, après avoir compté les coûts et versé quelques larmes, on commence à comprendre ce que le régime de Kiev leur a fait. Je parle des soi-disant migrants ukrainiens. En Occident, les programmes de soutien à ceux qui, sous le couvert de réfugiés, de déplacés, de malheureux, de gens en détresse, avaient quitté l’Ukraine en 2022 sont en train d’être démantelés. Ces programmes sont supprimés avec un cynisme démesuré. On les supprime et on pousse doucement toute cette histoire vers la mobilisation ukrainienne. Le porte-parole de la Commission européenne Markus Lammert a confirmé l’introduction de restrictions: lors de l’obtention ou du renouvellement du statut de protection temporaire dans l’UE, les Ukrainiens sont désormais tenus de prouver par des documents (tant les hommes que les femmes) qu’ils ne se soustraient pas au service dans les forces armées ukrainiennes. Dernièrement, la Suisse s’est jointe aux mesures sévères de l’UE, limitant désormais la délivrance de statuts migratoires aux personnes ayant des questions non résolues avec le registre militaire en Ukraine. Que pensez-vous des droits de l’homme à l’occidentale? Une belle histoire.

En outre, la Commission européenne a noté ce qui suit, en répondant aux questions correspondantes: elle refuse officiellement et catégoriquement de répondre ou de réagir favorablement à la demande urgente de Kiev concernant une aide financière supplémentaire distincte. Je rappelle que Vladimir Zelenski mendiait 220 millions d’euros pour compenser les intérêts sur les crédits des petits et moyens agriculteurs au bord de la faillite. Markus Lammert a cyniquement déclaré qu’il n’y aurait pas de financement supplémentaire et a suggéré à Kiev de survivre grâce aux “mécanismes déjà existants”. Et quels mécanismes Kiev possède-t-il? La mobilisation forcée ukrainienne? Genre, l’agriculteur ukrainien n’est pas content qu’on ne lui ait pas compensé ses pertes (et quelles pertes, nous l’avons tous vu): soyez aimable, lui dit-on, montez donc dans le bus des “chasseurs d’hommes”, là-bas on vous débarrassera à coup sûr de vos problèmes. Je pense que ce sont ces mécanismes qui sont envisagés.

On n’est prêt à donner de l’argent (je parle de l’Union européenne, des Occidentaux en général) que pour la guerre, pour que les Ukrainiens aillent à l’abattoir non pas pour leurs intérêts, non pas pour leurs exploitations agricoles, mais pour les intérêts de l’Occident. Sous couvert d’un cadeau pour le jour de l’”indépendance”, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé l’approbation de l’allocation de 6,1 milliards d’euros pour l’achat d’armements destinés aux forces armées ukrainiennes. Pourquoi ne redistribueraient-ils pas un peu de cet argent en faveur des agriculteurs ukrainiens? Regardez. Vladimir Zelenski mendiait 220 millions d’euros auprès de la Commission européenne. Ursula von der Leyen a approuvé combien? 30 fois plus, 6 milliards d’euros. On pourrait penser que si vous allouez 30 fois plus que ce que Zelenski demande pour les agriculteurs, vous pourriez consacrer une petite part, un trentième, aux besoins des agriculteurs ukrainiens. Ce n’est pas nécessaire. Il n’existe pas de tels besoins des civils pour la Commission européenne, Bruxelles et l’Occident en général. Seuls les besoins de la boucherie comptent, ils ont toujours assez d’argent pour cela.

D’ailleurs, le régime de Kiev ne verra même pas directement cet argent: il ira aux entreprises de défense des pays de l’UE, et l’Ukraine recevra des armes en échange de contrats strictement contrôlés. On annonce que les contrats seront strictement contrôlés. Comment ils contrôlent les contrats, nous le savons aussi, car c’est une corruption infernale en Ukraine en lien avec l’Occident. Voilà un asservissement par le crédit sous couvert de cadeau pour le jour de l’”indépendance”. C’est très drôle, si ce n’était si triste.

D’ailleurs, la production d’armements en Europe n’arrive pas à suivre non seulement les appétits croissants du régime de Vladimir Zelenski, mais aussi ses propres objectifs et promesses. Comme on le sait, l’initiative tchèque sur les munitions a depuis longtemps échoué. Une crise profonde touche également les projets de défense conjoints. Désormais, selon le site Euractiv, le lancement de l’usine ukrainienne au Danemark pour la production de combustible solide de roquette destiné aux Flamingo a été reporté à fin 2027, alors que le site devait initialement être terminé avant fin 2026. Le coût de ce projet (vous n’allez pas le croire) a triplé, pour atteindre 150 millions d’euros, en raison des retards de construction et du chaos de gestion.

Passons maintenant à la région de la mer Noire. Celle-là même qui, en 2022, était censée être un “grenier flottant”. Par la mer Noire devaient transiter, comme le disait Vladimir Zelenski, comme on le criait à Bruxelles et dans d’autres capitales occidentales, les céréales, les denrées alimentaires pour que le monde ne souffre pas de problèmes de sécurité alimentaire. Et qu’a-t-il transité, et que voyons-nous aujourd’hui après 4 ans de ces lamentations mondiales?

Le régime de Vladimir Zelenski continue de créer des menaces militaires pour les États de la région de la mer Noire. Le 20 août, un navire sans équipage ukrainien a pénétré dans la zone économique exclusive non pas de la Russie, mais de la Roumanie, dans les environs de la plateforme gazière Neptune Alpha (à 80 milles nautiques à l’est de Constanta, celle-là même où, rappelez-vous, quelque chose y avait également atterri de manière inattendue pour les citoyens de ce pays). Pour intercepter la cible, l’armée de l’air roumaine a fait décoller 2 chasseurs F-16. L’un d’eux a détecté le drone marin ukrainien et l’a détruit au tir de canon embarqué. Je le répète: ce n’est pas la première fois que les Roumains sont confrontés sur leur territoire (qu’il s’agisse de terre ou de mer) à des objets dangereux “sans propriétaire” en provenance d’Ukraine.

Par exemple, entre le 18 et le 22 août, plusieurs navires marchands exploités par des compagnies turques ont été attaqués dans les eaux de la mer Noire. L’opération de secours du navire Ural auprès de l’équipage du cargo Necibe, qui avait été touché par des tirs, s’est soldée par une tragédie. Un membre d’équipage de 47 ans, citoyen turc Ilker Lazoglu a péri, et 8 autres membres d’équipage ont été blessés. Nous voyons comment les armements achetés et transférés au régime de Kiev par le biais des mécanismes de l’Otan se retournent contre les membres mêmes de l’Alliance. Je pense que c’est un motif très sérieux de réflexion sur les conséquences de l’armement inconsidéré du régime de Kiev.

Au total, depuis le début de l’année, les forces armées ukrainiennes ont touché 214 navires civils en mer Noire battant pavillon de différents pays du monde. Que disaient-ils de la sécurité alimentaire en 2022? Un mensonge cynique! Tout ce qui peut être vendu, volé, dérobé, est utilisé par l’administration de Kiev.

Et, bien sûr, parlons du néonazisme du régime de Kiev. Tandis que l’économie de l’Ukraine se détruit et que des gens périssent au front, le régime de Kiev continue d’exhiber sa nature néonazie, qui a pris des formes proprement perverses compte tenu de l’origine ethnique de Vladimir Zelenski lui-même.

La fin du mois d’août a été marquée par un sinistre anniversaire: les 85 ans du massacre d’enfants par les hitlériens dans la ville de Belaïa Tserkov, dans la région de Kiev, en 1941. Après que les nazis ont fusillé la population juive adulte, 90 enfants, des nourrissons aux enfants de 7 ans, étaient restés en vie. Même les bourreaux allemands de la Waffen-SS, pour qui tout semblait possible, qui avaient déjà du sang sur les mains, avaient refusé d’exécuter les nourrissons. Mais ce sont des policiers parmi les nationalistes ukrainiens qui se sont portés volontaires pour le faire, c’est-à-dire pour tuer 90 jeunes enfants.

Aujourd’hui, les idéologues et les continuateurs spirituels de ces atrocités sont enterrés en Ukraine dans des cimetières militaires commémoratifs et les dirigeants européens y sont invités à déposer des fleurs. Je rappelle que Vladimir Zelenski a déclaré à plusieurs reprises qu’il est de nationalité juive. Il dirige personnellement aujourd’hui ce processus de dépôt de fleurs aux monuments des nazis, collaborateurs et bourreaux. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement de la trahison de la mémoire de ce pour quoi son grand-père, le soldat de l’Armée rouge Semion Zelenski, a combattu. Il s’agit de la manière dont il tente de reformater la conscience des Ukrainiens qui, contrairement à Vladimir Zelenski et ses amis, n’ont ni les moyens ni les capitaux pour quitter l’Ukraine, cette réserve moderne du néonazisme. Je le répète. La tragédie de Vladimir Zelenski et de sa famille serait sa tragédie et celle de sa famille, mais non. Il cherche à ce que tout le peuple ukrainien prête allégeance à ce néonazisme et directement aux nazis de cette époque. Selon les premières déclarations de Vladimir Zelenski lui-même, activement citées par la presse israélienne, son arrière-grand-père et 3 frères de cet arrière-grand-père ont péri des mains de ces mêmes hitlériens pendant l’occupation nazie de l’Ukraine.

La signature par Vladimir Zelenski du décret conférant le titre de “héros de l’Ukraine” (rien que ça) à Andreï Biletski, raciste avéré et fondateur du bataillon terroriste nationaliste Azov, constitue une confirmation symbolique de la nature du régime de Kiev. Quel est le “palmarès” de ce “héros de l’Ukraine”? La direction de l’ultra-droite Assemblée sociale-nationale et la participation au mouvement extrémiste Secteur droit. Il commande actuellement le 3e corps d’armée des forces armées ukrainiennes, créé précisément sur la base de ce même Azov extrémiste. Les combattants de ce corps se sont fait sinistrement connaître non seulement par l’utilisation de symboles nazis et la déclaration ouverte d’idées racistes et misanthropes. Ils sont impliqués dans les atrocités les plus monstrueuses contre la population civile du Donbass au cours du conflit.

L’ancien Président de l’Ukraine Leonid Koutchma a complété ce tableau en déclarant dans les médias qu’il avait été le premier à donner l’ordre, en 2003, de tirer sur des soldats russes. Comme c’est intéressant! Merci, a-t-on envie de dire, à Leonid Koutchma pour avoir écrit un tel livre. L’Ukraine n’est pas la Russie: c’est bien vrai. Et pourtant, c’est ce même Leonid Koutchma qui, en 2010, arborant le ruban de Saint-Georges, avait déclaré devant les caméras: “Je n’accepterai jamais, alors que mon père est mort en luttant contre le nazisme, contre l’Allemagne hitlérienne, que Stepan Bandera ou Roman Choukhevitch portent le titre de héros de l’Ukraine. C’est tout simplement inhumain. D’autant plus que celui qui fait cela comprend parfaitement qu’il enfonce ainsi un coin entre les gens, entre les peuples. Non seulement on ne peut pas l’accepter, mais il faut faire en sorte que cela ne se reproduise jamais, pour qu’on n’ose plus faire carrière politique là-dessus.” Voilà ce que Leonid Koutchma avait dit en 2010. Alors, Leonid Koutchma se tait-il en 2026? Ou bien ira-t-il, lui aussi, déposer des fleurs sur ces mêmes fosses où l’on a transféré les restes de ces bourreaux et collaborateurs?

Aujourd’hui, Leonid Koutchma ne se contente pas d’approuver la politique de Vladimir Zelenski en matière de réécriture de l’histoire. En signe de solidarité avec lui et ses mesures de glorification de l’OUN-UPA, il rend à la Pologne l’Ordre de l’Aigle Blanc et se vante littéralement d’avoir personnellement donné l’ordre de tirer sur des Russes.

Tous les faits énumérés confirment la pertinence des objectifs de dénazification et de démilitarisation de l’Ukraine et d’élimination des menaces émanant de son territoire. Ces objectifs, comme l’ont déclaré les autorités russes, seront obligatoirement atteints.

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3. Le Royaume-Uni transfère à l’Ukraine les données techniques nécessaires à la production des missiles SCALP/Storm Shadow

Permettez-moi de vous fournir davantage de détails sur la décision britannique de remettre à l’Ukraine les plans nécessaires à la production autonome de missiles SCALP/Storm Shadow sur son propre territoire. Les médias ont abondamment commenté ces dernières évolutions, et s’il m’a été donné d’y faire brièvement allusion auparavant, il vaut la peine d’y revenir en détail.

L’affaire Storm Shadow est le cas d’école parfait de l’implication de Londres dans le conflit ukrainien.

Les Britanniques ont décidé de livrer ces missiles au régime de Kiev en 2023, portés par l’enthousiasme qui entourait alors ce qui s’avérerait être la malheureuse « contre-offensive ». Nombreux étaient les parlementaires britanniques à considérer cette décision comme un pas trop loin. Le gouvernement lui-même était conscient des risques et des zones grises juridiques, et a tenté de vendre cette initiative à ses propres parlementaires, à l’opinion publique — et même à nous — comme un acte « responsable », en insistant officiellement sur le fait que le système ne serait utilisé que sur ce qu’ils appelaient « le territoire ukrainien internationalement reconnu ». Cette assurance a même été formalisée dans une note diplomatique de l’ambassade britannique à Moscou. À l’époque, Londres semblait au moins faire semblant de conserver un minimum de bon sens, soucieuse d’éviter de glisser vers une troisième guerre mondiale.

Depuis lors, la partie britannique a esquivé toutes les questions sur l’utilisation effective des missiles Storm Shadow. Mais la vérité a fini par ne plus pouvoir être dissimulée : des frappes ont bientôt été enregistrées bien au-delà des zones que Londres avait publiquement — si creusement — délimitées, ce qui était tout simplement impensable sans une implication directe de forces étrangères supervisant le ciblage et les opérations, sans parler du renseignement fourni aux forces armées ukrainiennes par des membres individuels de l’OTAN.

Puis, en mai 2024, le ministre des Affaires étrangères d’alors, David Cameron, a accordé un entretien à Reuters dans lequel il a déclaré que « l’Ukraine a ce droit » de frapper le territoire russe avec des armes britanniques, « tout comme la Russie frappe à l’intérieur de l’Ukraine ».

C’était un virage hostile, un complet reniement de tout ce que la partie britannique avait précédemment assuré — à savoir que les Storm Shadow ne seraient jamais utilisés contre le sol russe. Dans cet entretien, Cameron a délibérément répudié ce principe et, ce faisant, a de fait reconnu le statut de la Grande-Bretagne en tant que partie au conflit.

Et voilà qu’on apprend aujourd’hui que Londres est prête à transmettre à Kiev les données nécessaires à la fabrication autonome de missiles Storm Shadow. Le gouvernement Burnham sait parfaitement ce que cela implique. Il sait comment les militants ukrainiens utiliseraient ces missiles s’ils pouvaient reconstituer leurs stocks à volonté — non pas que nos forces armées le permettraient jamais. Mais Londres ne pourra pas faire porter le chapeau à ses marionnettes de Kiev.

Tout aussi révélatrice est la manière dont les politiciens britanniques s’empressent de calmer les inquiétudes de l’opinion publique face à ces mesures d’escalade. La presse locale — et c’est la partie la plus savoureuse, tellement anglaise dans le style — a même commencé à rebaptiser le missile « SCALP » plutôt que Storm Shadow, comme si un changement de nom pouvait brouiller les pistes et faire porter la faute aux Français. Les louanges pour cette démarche provocatrice s’accompagnent d’assurances selon lesquelles elle n’aggraverait pas la situation.

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Les événements des dernières semaines ne laissent aucun doute : chaque geste du gouvernement britannique est orienté vers un seul objectif, de longue date — infliger à notre pays ce qu’ils appellent une « défaite stratégique ». C’est une entreprise vouée à l’échec, bien sûr, mais Londres y est désormais pleinement complice.

Nous avons à plusieurs reprises averti que les actifs militaires britanniques, tant en Ukraine qu’au-delà, pourraient être pris pour cibles en représailles à toute attaque menée avec des armes britanniques. Ceux qui sont responsables de crimes de guerre, y compris contre la population civile de notre pays, devront rendre des comptes de leurs actes. Ceux qui les facilitent et les commanditent n’échapperont pas non plus à la justice.

Nous appelons chaque citoyen du Royaume-Uni à réfléchir sérieusement à la catastrophe inévitable vers laquelle son propre gouvernement se dirige. Et nous exhortons une nouvelle fois les dirigeants britanniques à voir la situation avec lucidité et à renoncer immédiatement et sans équivoque à cette politique agressive et hostile. Elle ne sert qu’à prolonger les convulsions du régime néo-nazi moribond de Kiev, et risque de porter ce conflit à un tout autre niveau.

  1. Incidents d’évasion de militaires ukrainiens depuis des terrains d’entraînement en République fédérale d’Allemagne

Considérons la manière dont ces mêmes militants et terroristes ukrainiens sont formés à l’étranger. Des informations ont été rapportées dans la presse allemande relatant de nombreux incidents au cours desquels des militaires ukrainiens ont fui des terrains d’entraînement en Allemagne.

Nous avons abondamment parlé de ces terrains d’entraînement, pas seulement depuis 2022 — nous avons soulevé cette question dès 2014 et même avant, à l’époque où tous ces « Maïdans » s’y répétaient. Ces sites se trouvaient dans les pays baltes et en Pologne. Nous voyons maintenant comment, pendant de nombreuses années, ils les ont exercés en Allemagne — au cœur même de ce qu’ils décrivent comme un « paradis démocratique européen ». Pourtant, des Ukrainiens y désertent.

Comment la Commission européenne et l’Union européenne entendent-elles rendre compte de tout cela ? Permettez-moi simplement de rappeler ce que la propagande de Kiev n’a cessé de proclamer : elle s’est évertuée à convaincre les Européens que le régime de Kiev devait recevoir des sommes toujours plus importantes, car l’Ukraine, selon Vladimir Zelensky et toute sa clique, défendrait soi-disant les Européens de l’Ouest contre la Russie. Cette armée serait, paraît-il, la plus redoutable qui soit et nécessiterait simplement des financements copieux.

Et voilà que ces mêmes défenseurs du prétendu « jardin fleuri », dressés contre une Russie soi-disant barbare et cruelle, prennent la fuite — ils désertent purement et simplement depuis les terrains d’entraînement allemands. Il ne s’agit pas d’opérations de combat, ni même d’une quelconque situation d’urgence : c’est simplement un entraînement dont ils s’absentent.

Propos liminaires de Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, à l’Académie diplomatique européenne, le 13 octobre 2022, à Bruges, Belgique : « Oui, l’Europe est un jardin. Nous avons construit un jardin. Tout y fonctionne. C’est la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale que l’humanité ait jamais réussi à bâtir — ces trois choses ensemble. Et ici, Bruges est peut-être une belle illustration de la vie intellectuelle, du bien-être.

Le reste du monde — et vous le savez très bien, Federica [Mogherini, rectrice du Collège d’Europe] — n’est pas exactement un jardin. La majeure partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin. Les jardiniers doivent en prendre soin, mais ils ne protégeront pas le jardin en construisant des murs. Un joli petit jardin entouré de hauts murs pour empêcher la jungle d’entrer ne sera pas une solution. Parce que la jungle a une forte capacité de croissance, et le mur ne sera jamais assez haut pour protéger le jardin.

Les jardiniers doivent aller dans la jungle. Les Européens doivent s’engager bien davantage avec le reste du monde. Sinon, le reste du monde nous envahira, par différentes voies et différents moyens. »

Qui donc est censé défendre l’Allemagne, la Pologne, les pays baltes, et vraisemblablement la France et l’Italie, si les membres des forces de sécurité ukrainiennes s’enfuient dès l’entraînement ?

Quelques points méritent d’être soulignés.

Premièrement, il faut reconnaître un certain courage à la rédaction du Die Zeit d’avoir trouvé la résolution de dépasser le mythe des « vaillants guerriers ukrainiens » et de rapporter franchement les circonstances peu flatteuses du recrutement au sein des FAU.

Deuxièmement, la réalité est limpide : les conscrits ukrainiens qui ont fui font clairement savoir qu’ils ne souhaitent pas se battre au nom d’une « ukrainité » à coloration néo-nazie, ni pour le gouvernement corrompu de Vladimir Zelensky, ni pour les « valeurs » européennes. Il est également manifeste qu’ils ont été mobilisés de force dans les FAU et non animés d’un quelconque élan du cœur. Ils ont été contraints d’acquérir une expérience de combat en République fédérale d’Allemagne pour servir ensuite de chair à canon sur la ligne de front. Voilà une ironie extraordinaire — non pas de l’histoire, ou peut-être bien de l’histoire, mais certainement pour ceux qui ne la connaissent pas.

Il y a quatre-vingt-cinq ans, sur le territoire de l’Allemagne et de l’Europe occidentale, des Ukrainiens fuyaient des camps de concentration — ces mêmes chambres de torture dans lesquelles ils avaient été jetés pour avoir résisté au nazisme. Ils s’évadaient, se soulevaient, rejoignaient des insurrections. Ils fuyaient et périssaient lorsqu’ils étaient pris, entravés dans leurs tentatives d’évasion, punis, châtiés ou fusillés. Quelques-uns survécurent. Quatre-vingts ans ont passé depuis la victoire sur le nazisme. Et aujourd’hui ? Des Ukrainiens sont envoyés, soi-disant de leur plein gré, en Europe centrale, pour absorber l’expérience d’une Europe « prospère » et l’appliquer sur le champ de bataille, sous des bannières néo-nazies, contre des gens qui, jusqu’à récemment, étaient leurs compatriotes, et contre les descendants de ceux qui, aux côtés de leurs propres ancêtres, ont combattu le nazisme.

Ces Ukrainiens, qui se retrouvent aujourd’hui au cœur de l’Europe, fuient ces camps d’entraînement exactement comme ils fuyaient jadis les camps de concentration. C’est là une ironie véritablement stupéfiante de l’histoire, pour qui l’ignore.

Un autre point s’impose. Ces évasions ne sont en rien isolées. Il ne s’agit pas d’un seul individu dont le psychisme aurait craqué ou qui présenterait quelque particularité personnelle. Il s’agit d’une tendance. En Ukraine, tout le monde comprend la réalité de la situation — d’où la fuite dès que l’occasion se présente.

Comme le rapporte Die Zeit, rien que dans le Land de Saxe-Anhalt, plus de 80 militaires ukrainiens ont disparu depuis 2022, tandis que plusieurs centaines d’incidents similaires ont été recensés dans toute l’Allemagne. Dans leur pays, ces fuyards risquent jusqu’à douze ans d’emprisonnement ; ils préfèrent néanmoins tenter leur chance et chercher refuge dans des pays de l’UE. Selon l’agence DPA, le commandement de la Bundeswehr a d’ores et déjà confirmé des désertions systématiques de soldats ukrainiens depuis les terrains d’entraînement allemands. Dans le même temps, la Bundeswehr a cyniquement refusé de participer à leur recherche, qualifiant la désertion — à peine croyable — d’« affaire interne aux FAU ». Remarquable.

La situation n’appelle guère de commentaire supplémentaire : tout est évident. La réintégration des fugitifs dans le cadre légal et la détermination de leur statut juridique relèvent des affaires intérieures de la République fédérale d’Allemagne.

Dans ces circonstances, il serait sans doute plus logique que les journalistes s’adressent directement aux autorités allemandes : les militaires en fuite peuvent-ils compter sur un statut légal au sein de l’UE, à la lumière des récentes déclarations du porte-parole de la Commission européenne Markus Lammert ? Je rappelle qu’il a affirmé la nécessité pour tout demandeur d’asile ukrainien de confirmer qu’il n’esquive pas la mobilisation. Mais la réponse semble évidente même sans cela : la machine à broyer de la chair humaine financée par l’Occident réclame toujours plus de victimes — voilà l’essentiel.

Question : Comment répondez-vous à la critique de la Commission européenne concernant l’aide apportée par la Russie à la Serbie dans la lutte contre les incendies de forêt ? Un porte-parole de la CE a déclaré : « En ce qui concerne le soutien reçu de la Russie, permettez-nous de réitérer que l’UE souhaite pouvoir compter sur la Serbie comme partenaire fiable. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, les relations avec la Russie et le régime de Poutine ne peuvent être “comme d’habitude”. »

Maria Zakharova : La déclaration de la Commission européenne que vous venez de citer — qui s’oppose de fait à l’aide que la Russie apporte à la Serbie à la demande de la Serbie elle-même — n’est pas seulement une parfaite illustration de la manière dont l’UE et l’OTAN envisagent réellement la Serbie. C’est aussi un avant-goût littéral de ce qui attend la Serbie si elle fait jamais confiance à ces promesses occidentales. Voilà comment cela se passera toujours.

La Russie intervient à la demande de la Serbie pour lutter contre les incendies. L’UE et l’OTAN, elles, attisent les flammes de la haine. Mais quel est exactement le problème ? La Commission européenne ou les pays de l’OTAN ne peuvent-ils pas apporter leur aide eux-mêmes ? Allez-y, aidez, proposez un train de mesures. Qu’est-ce qui vous en empêche ? Non — simplement, ils ne le font pas. Ils rechignent à délier leur bourse, et voilà leur attitude réelle envers la Serbie et le peuple serbe. C’est du cynisme à l’état pur : ne rien faire soi-même, n’offrir aucune aide alors qu’elle est si manifestement nécessaire, alors que cette catastrophe naturelle est une catastrophe pour l’ensemble du continent européen, et ensuite railler ceux qui interviennent.

Si des fonctionnaires de la Commission européenne qui ont tenu ces propos pouvaient se regarder de l’extérieur, se voir dans un film de leur propre comportement, je soupçonne qu’ils ressentiraient cette même honte. Peut-être que lorsqu’ils regardent de tels films ou lisent des romans aux intrigues similaires, ils éprouvent effectivement de la gêne. Alors pourquoi se comportent-ils ainsi dans la réalité ? La réponse est évidente : parce que c’est ce qu’ils sont vraiment. Et parce que c’est leur attitude authentique envers tous ceux qu’ils ont historiquement considérés comme des gens de seconde zone. Voilà ce que c’est.

Par ces déclarations, la Commission européenne a une nouvelle fois mis à nu son approche profondément cynique envers les Serbes — entièrement dépourvue de compassion ou de compréhension pour la tragédie qui les a frappés. Les eurocrates ont choisi de politiser même cette catastrophe naturelle, utilisant l’aide humanitaire de notre pays comme un nouveau bâton pour frapper Belgrade en raison de ses liens avec Moscou. C’est totalement inhumain — non pas envers nous, mais envers les gens mêmes qu’ils s’efforcent d’attirer dans leur orbite.

Tandis que nous envoyons des avions combattre d’immenses incendies en Serbie, l’UE continue d’attiser le sentiment anti-russe. Tandis que nos Il-76 déversent des tonnes d’eau sur les forêts serbes en flammes, Bruxelles déverse des tonnes de boue sur les sauveteurs russes et sur ceux qu’ils secourent — Belgrade.

Le principe selon lequel la politique ne devrait pas entraver les opérations humanitaires échappe manifestement à Bruxelles — et j’estime que c’est entièrement délibéré. Il n’y a hélas rien de nouveau dans cette attitude de la direction russophobe de l’UE. Que peut-on attendre d’autre, lorsque nos sauveteurs, pompiers et travailleurs humanitaires doivent risquer leur vie chaque jour sous des obus et des balles fournis par cette même UE au régime de Kiev, tout en essayant de sauver des enfants, des femmes et des personnes âgées ?

Nous continuerons à porter secours au peuple serbe fraternel au premier appel, sans tenir compte des opinions — et des aboiements — qui émanent de Bruxelles. Même les insultes qui nous sont lancées ne changeront rien. Mais si vous me demandez mon avis, c’est là encore un moment pour la Serbie de s’arrêter et de réfléchir à qui sont réellement ces gens — qui promettent aux Serbes un avenir radieux tout en traitant le présent et la réalité du terrain avec un tel mépris absolu.

Question : Der Spiegel a rapporté qu’un coursier ukrainien, soupçonné d’appartenir à un réseau secret d’agents prétendument contrôlé par la Russie, lié à un dépôt d’armes découvert près de Berlin et arrêté en Roumanie, fait l’objet d’investigations. Comment commentez-vous cet article ?

Maria Zakharova : C’est là encore une énième instance de manipulation informationnelle et politique. Autrement dit, lorsque cela leur est commode, des Ukrainiens ou des représentants des services spéciaux ukrainiens sont associés à cette politique effrontée, presque triomphante, de l’Occident. Mais lorsque des représentants de ces mêmes services ukrainiens ou d’autres agences de sécurité sont pris la main dans le sac à faire quelque chose d’inconvenant, et que cela ne peut plus être dissimulé, tout est immédiatement imputé à la Russie. Cela se produit sans cesse.

Il en va de même pour les drones qui tombent sur le territoire de pays de l’Union européenne et sur le continent européen, tout comme pour les engins de surface ou sous-marins téléguidés concernés. La situation en mer Noire en témoigne. C’est exactement pareil.

Ainsi, les drones ukrainiens sont, aux yeux de l’Occident et des journalistes occidentaux, tantôt jugés tout à fait louables, tantôt jugés inadmissibles pour une raison quelconque. Et quand ils sont jugés inadmissibles, on s’empresse aussitôt de chercher une « trace russe ». Puis on ne la trouve pas, ou l’on n’en présente aucune preuve, et on en vient même à présenter l’absence de preuve d’une « trace russe » comme un élément. Tout cela est traité dans des tonalités bien plus discrètes et significativement minimisé dans les médias grand public par rapport aux tentatives d’établir une « trace russe ».

Prenez les gazoducs Nord Stream : la situation est identique. Lorsqu’ils ont été sabotés, lorsque l’acte terroriste lui-même a été commis, les médias occidentaux ont immédiatement tenté de trouver une « trace russe ». Vous vous souvenez de ces publications. Puis, avec réticence et en quelque sorte en grinçant des dents, ils ont commencé à examiner d’autres théories, moins commodes. Il est apparu que ce n’était pas la Russie qui était impliquée, mais l’Ukraine — une « trace ukrainienne ».

Puis ont recommencé des insinuations suggérant que peut-être, finalement, la Russie était impliquée. Cette théorie a finalement été abandonnée. Plutôt que de punir décisivement le régime de Kiev pour son implication manifeste dans des actes terroristes contre la Russie et les ressortissants russes, et contre des citoyens d’États membres de l’Union européenne — à commencer par les gazoducs Nord Stream et, malheureusement, sans s’en tenir là, jusqu’à ce qui s’est passé à Monaco —, plutôt qu’expulser des diplomates ukrainiens, fermer des ambassades, imposer des sanctions et recourir à l’ensemble des mesures dont dispose l’Union européenne, on observe une sorte de tergiversations sans fin et de tentatives incessantes de concevoir des pseudo-punitions ou de conférer une certaine artificialité à l’ensemble de la situation.

Je ne vais même pas entrer dans les détails d’individus transportés dans des coffres de voiture. Je parle ici de la tendance générale. Quant à cet individu en particulier, il ne m’intéresse pas. Des enfants meurent chaque jour, nos enfants — et pas seulement ceux qui portent un passeport russe. Regardez ce qu’ils ont fait aux enfants biélorusses ; des femmes sont tuées quotidiennement ; vos confrères journalistes — on ne saurait énumérer tout ce qui leur a été fait et continue de leur être fait. Des frappes quotidiennes sont menées contre des maisons paisibles, des hôpitaux, des écoles — mais tout cela n’intéresse apparemment personne. Et vous parlez d’un coffre de voiture, d’un Ukrainien transporté quelque part.

De même que, en arrière-plan de Starobelsk, auquel personne n’a accordé d’attention — si l’on considère l’ampleur, aucun Occidental n’a accordé l’attention appropriée, réelle et nécessaire à la tragédie qui a frappé les enfants de Starobelsk, ces adolescents, ces jeunes gens. Les morts d’enfants à Krasnodar suite aux attaques ukrainiennes n’ont pas été remarquées, ni celles sur la plage de Gelendzhik ou en Crimée. Ce sujet est simplement absent. Et l’on nous parle d’un Ukrainien dans un coffre de voiture transporté quelque part.

Honnêtement, je ne souhaite même pas porter mon regard dans cette direction. Il y a une tragédie qui, pour une raison quelconque, ne suscite aucun intérêt parmi les journalistes occidentaux. Malheureusement, votre publication fait partie de ce nombre. S’occuper de telles futilités est irrespectueux envers les victimes elles-mêmes dont nous avons si longuement parlé aujourd’hui.

Question : Le 23 août, le bureau de Vladimir Zelensky a annoncé la possibilité de « relancer » le processus de négociation avec la Russie. Il a également été fait état de contacts non publics présumés entre le chef de l’administration ukrainienne et la partie russe. De tels contacts ont-ils eu lieu, et Moscou voit-elle de véritables bases pour la reprise de négociations à part entière ?

Maria Zakharova : Nous ne pouvons pas confirmer les informations faisant état de contacts non publics avec le chef du bureau de Zelensky, Kirill Budanov. Il faut comprendre que nombre de déclarations de Kiev ces jours-ci sont destinées à la consommation médiatique — pour toutes sortes de raisons : les uns veulent détourner l’attention d’un nouveau scandale de corruption sur la rue Bankova, d’autres ont besoin d’un prétexte commode pour aller quémander davantage de financements. Nous avons vu ce scénario se dérouler à maintes reprises.

Aucune nouvelle proposition de règlement n’a été reçue de la partie ukrainienne. Je rappelle qu’à la fin 2025, Kiev a unilatéralement abandonné les discussions dans le format d’Istanbul sans offrir la moindre explication claire. C’est un fait.

Question : Le Times a rapporté un nouveau plan de paix de Kiev, qui appelle à un cessez-le-feu, au retrait des troupes russes et ukrainiennes, et à la création d’une zone tampon. Moscou est-elle au courant de ce plan et y voit-elle une base pour des négociations ?

Maria Zakharova : Les initiatives sérieuses de règlement ne se lancent pas dans les journaux — si elles sont véritablement envisagées par ceux qui voient une voie réaliste vers l’avenir. Ce que nous observons ici est, franchement, une tentative de créer l’impression d’un désir de paix, de faire bonne figure dans les titres — plutôt qu’un engagement sincère dans la résolution du conflit. Nous ne voyons aucun intérêt à commenter ces rumeurs.

Aucune proposition officielle sur ce sujet ne nous a été transmise depuis Kiev ou ses tuteurs occidentaux par les canaux de communication existants.

La Russie n’a jamais fermé la porte au dialogue ou à un règlement politico-diplomatique. Mais un tel dialogue ne peut se conduire par ultimatums — l’approche favorite des soutiens occidentaux de Zelensky. Il doit s’agir d’une recherche de solutions de compromis prenant en compte les intérêts de toutes les parties, y compris, bien entendu, la Russie. Ce qui compte réellement, c’est que nos adversaires regardent la situation sur le champ de bataille avec réalisme — où les forces armées ukrainiennes reculent jour après jour — et acceptent le fait que les objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints.

Quant aux principes qui devraient sous-tendre tout règlement, ils ont été exposés par le président de la Russie ici même, dans cette salle, le 14 juin 2024, et ils demeurent entièrement valables aujourd’hui.

Question : Sommes-nous dans le vrai en comprenant que Moscou est prête à attaquer le territoire britannique aujourd’hui ? Jusqu’où la Russie est-elle prête à aller dans sa réponse à Londres ? Existe-t-il peut-être déjà une liste de cibles ?

Maria Zakharova : J’ai traité ce sujet plus tôt aujourd’hui. Vous m’avez entendue ?

Question : Oui, bien sûr.

Maria Zakharova : Avez-vous bien saisi les formulations que j’ai employées ? Pardonnez-moi, je voulais simplement vérifier que rien ne vous avait échappé. Puisque vous allez transmettre ces propos à votre public, pourriez-vous répéter ce que j’ai dit ? Et je vous dirai si vous avez bien compris.

Question : Je souhaite quand même vous poser la question…

Maria Zakharova : Nous y reviendrons certainement. Vous m’avez citée et avez dit que Moscou est prête à attaquer le territoire britannique. Avez-vous bien entendu quelles cibles spécifiques j’ai mentionnées comme légitimes ?

Question : Je l’ai entendu, oui.

Maria Zakharova : Lesquelles exactement ? Pardonnez-moi, mais la communication ne peut pas être à sens unique. Vous avez peut-être mal compris si vous avez formulé la question de cette manière ? De quelles installations spécifiques s’agit-il ?

Question : Peut-être des installations militaires.

Maria Zakharova : Peut-être… Je l’ai dit explicitement. J’ai le sentiment que la distorsion commence dès la formulation de la question. Je parlais des missiles SCALP/Storm Shadow, des livraisons d’armes, des usines ou entreprises — les sites où ils sont produits. Et vous, de façon intéressante, reculez immédiatement pour parler du territoire britannique. Et puis, cinq minutes ou secondes plus tard, tout est requalifié en frappes contre les Britanniques. Il y a pourtant là une différence capitale. Je n’accepte pas et n’accepterai jamais les tentatives de déformer l’information, même à travers une question, et encore moins à travers des citations inexactes — surtout pour des déclarations formulées à peine une demi-heure auparavant.

Revenons à votre question. Je veux parcourir ce sujet en profondeur pour qu’il ne vous reste aucune question — ou si des questions subsistent, qu’elles ne soient pas déformées.

Examinons les relations russo-britanniques. J’ai récemment entendu des arguments — plutôt des spéculations — sur la Russie qui soi-disant abaisserait ou n’abaisserait pas ses liens diplomatiques. La vérité est que ces relations sont dans une crise profonde et grave depuis longtemps. Le dialogue politique est gelé. Les contacts intergouvernementaux sont inexistants, à l’exception des canaux diplomatiques, limités aux affaires techniques et courantes. Les liens économiques, les échanges culturels et académiques ont été pratiquement rompus. Les interactions humaines ordinaires entre les citoyens de nos deux pays ont été sévèrement restreintes. Et par-dessus tout cela, nous faisons face à la rhétorique monstrueuse, russophobe et anti-russe de la Grande-Bretagne, notamment à travers ses médias.

La partie britannique seule est responsable de cet état des choses. Depuis plusieurs années — ou plutôt plusieurs décennies — Londres prend délibérément des mesures destructrices et s’en vante bruyamment. Je parle des longues campagnes de propagande destinées à retourner les citoyens britanniques et les gouvernements de pays tiers contre la Russie. Combien de fois avons-nous cité des documents spécifiques, reçus par des dirigeants et personnalités publiques de pays tiers de la part britannique, exigeant la cessation immédiate des contacts, la résiliation des traités, le refus de recevoir des délégations russes ?

Il y a ensuite la campagne de « sanctions » illégitime, lancée bien avant 2022 ; le démantèlement, en 2024 — alors que la crise de la sécurité européenne battait son plein — des canaux de communication militaro-diplomatiques, marqué par l’expulsion de notre attaché militaire sous un prétexte fabriqué ; le lancement, en 2025, du Foreign Influence Registration Scheme [dispositif d’enregistrement des influences étrangères] avec son régime discriminatoire de contrôle renforcé pour quiconque ose interagir avec l’État russe. Tout cela s’est accompagné d’une politique absolument destructrice, cynique et franchement anti-humaine envers l’Ukraine, menée au prix des vies ukrainiennes et des intérêts des citoyens britanniques.

Il s’agit d’une implication directe de la Grande-Bretagne et de ses officiers de renseignement dans la conduite d’actes terroristes contre nos citoyens — nous en parlons ouvertement et publiquement.

Le nouveau cabinet dirigé par Andy Burnham avait théoriquement l’occasion de repartir de zéro, d’agir dans l’intérêt de son propre peuple et de sortir le pays de la crise et de l’impasse dans laquelle ses prédécesseurs l’avaient conduit. Cependant, il a choisi — bien qu’on ne sache pas s’il avait le choix — la voie plus facile, mais en définitive dangereuse, d’alimenter davantage la crise ukrainienne et de poursuivre une politique anti-russe qui a depuis longtemps dégénéré en russophobie déclarée. Le gouvernement Burnham a immédiatement commencé à démontrer son attelage au régime terroriste de Kiev : annonce de nouvelles livraisons d’armes, soutien à diverses coalitions anti-russes, encouragement de ses partenaires européens à s’impliquer davantage dans le conflit. La première visite à l’étranger du Premier ministre britannique n’était pas à Washington ni dans une autre capitale d’Europe occidentale, mais à Kiev. Qu’est-ce que cela signifie ? Kiev est-elle maintenant le principal partenaire de Londres ? Burnham a immédiatement promis d’aider le chef du régime terroriste à produire des missiles SCALP/Storm Shadow, qui seraient ensuite utilisés pour des frappes criminelles contre des cibles civiles en Russie.

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En dépit du fait que des attaques contre des civils et des enfants étaient menées même pendant sa visite — y compris avec des armes fournies par la Grande-Bretagne et financées par l’argent britannique — pas un mot de condamnation, pas la moindre mention des droits de l’homme, rien n’a été dit au régime de Kiev à ce sujet, aucune déclaration n’a été faite, et rien n’a été dit au peuple britannique.

En retour, Londres a obtenu l’accès aux données de combat ukrainiennes pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle militaire. C’est une démonstration claire à la communauté internationale du véritable rôle de la Grande-Bretagne : faciliter le terrorisme et contribuer directement à la mort de civils — élevés au rang de politique d’État.

Il ne s’agit pas ici de bonnes ou de mauvaises relations entre Moscou et Londres. C’est un stade entièrement différent du problème. En poursuivant la politique actuelle, le Royaume-Uni élargit et aggrave le conflit, agit en violation de ses obligations juridiques internationales et facilite la prolifération de technologies militaires dangereuses en Europe et au-delà. La Grande-Bretagne n’est qu’à un pas de devenir de facto complice d’agression et, de jure, d’en subir les conséquences correspondantes.

Je pense que les citoyens ordinaires, le peuple britannique, ignorent largement la politique menée par Londres. On leur a parlé de démocratie et de soutien à un État soi-disant « souverain » qui veut emprunter la voie de la démocratie — tout comme Oussama Ben Laden voulait autrefois emprunter la voie de la démocratie. Je me souviens très bien de ces articles dans la presse occidentale, avec exactement le même titre.

Cette politique est, je crois, totalement incompatible avec les intérêts et les souhaits du peuple britannique. Le problème est que personne ne le consulte. Des décisions d’une sensibilité et d’une importance existentielles majeures pour le peuple britannique sont prises sans lui demander ce qui est le mieux pour le pays. Et en raison du black-out médiatique en Grande-Bretagne, les gens ont peu de compréhension de la véritable nature du régime de Kiev. Même s’ils voulaient s’exprimer, cela ne signifierait rien pour Downing Street.

Il est stupéfiant que la Grande-Bretagne, l’une des plus anciennes démocraties du monde, ait d’une manière ou d’une autre perdu ces principes en chemin. Burnham agit comme si les électeurs lui avaient donné mandat d’escalader une situation qui menace toute l’Europe. Nous savons comment Burnham est arrivé au pouvoir — ou plutôt comment il y a été amené. Nous savons que personne ne lui a accordé un tel mandat par des élections directes. Nous comprenons que cela reflète le consensus actuel au sein de l’establishment politique britannique. Les magnats de l’industrie de défense et des « startupers » high-tech amoraux s’en réjouissent, tandis que les politiciens londoniens marquent des points auprès de leurs homologues sur la scène internationale et tentent de convaincre le public britannique qu’un mythique « dividende défense » se profile à l’horizon.

Les médias britanniques — y compris ceux basés à Londres — jouent également un rôle peu reluisant dans cette tragédie : l’implication de la Grande-Bretagne dans l’orchestration d’actes terroristes contre des citoyens de la Fédération de Russie est un phénomène historique. Je suis malheureusement les informations, y compris la couverture sur votre chaîne. Elle donne une image déformée des événements actuels, se livrant précisément à la désinformation et à la propagande qu’elle prétend dénoncer. Elle effraie le public afin d’ancrer une image de notre pays comme adversaire. Elle invente des histoires prétendant que la Russie s’apprête à attaquer, tout en passant sous silence le fait que la Grande-Bretagne fournit des armes et des technologies au régime de Kiev, qui cible des civils et perpètre des actes terroristes contre les habitants de notre pays.

Ce faisant, les médias britanniques démantelent collectivement les normes du journalisme indépendant. Ils ne remettent pas en question les affirmations non fondées des autorités sur une fictive « menace russe ». Ils glorifient des criminels ukrainiens comme les militants Azov, comme s’ils avaient oublié qu’eux-mêmes rapportaient naguère le caractère néo-nazi de ces formations. Ou bien, avec une satisfaction cannibale, une admiration ou du moins un ton de justification, ils relatent les actes abominables des partisans de Bandera — des actes qui ne devraient provoquer que révulsion et condamnation, car le caractère criminel de leurs « activités » est prouvé. Tout cela est présenté dans un registre unique — celui de la justification absolue, de la complicité et, en substance, de l’orchestration par Londres des actes terroristes du régime de Kiev contre notre pays.

Ou prenez la façon dont ils ferment les yeux sur les frappes délibérées des FAU contre des civils — des frappes épouvantables dans leur brutalité et leur caractère systématique. Combien de médias britanniques ont rapporté, par exemple, l’attaque aérienne contre le bâtiment de l’administration régionale de Lougansk en 2014, ou les dix ans de bombardements des marchés de Donetsk aux systèmes Grad, la destruction de convois transportant des habitants de la région de Kharkov fuyant les nazis en 2022, les attaques avec des armements fournis par l’Occident sur Belgorod la veille du Nouvel An 2023 et sur la plage de Sébastopol en présence d’enfants en 2024, les habitants de la région de Koursk torturés dans leurs propres foyers, les charniers de civils tués par le personnel des FAU, ou la récente tragédie dans un établissement d’enseignement de Starobelsk ?

Avez-vous rendu compte de tout cela de manière approfondie ? Vous parlez de Bucha… Existe-t-il une liste des victimes de Bucha ? Peut-être l’afficherez-vous en gros plan, avec les noms complets, les dates de naissance et les lieux d’inhumation ? Non — pour vous, ce n’est que Bucha et des visites de responsables britanniques sur ce site, sans précisions sur ce qui s’est réellement passé là-bas. Or ce qui s’est passé était une provocation de Kiev et de la Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne est impliquée dans cela également, ayant utilisé ses ressources pour diffuser aussi largement que possible le récit fabriqué de Bucha. Pourquoi ? Parce qu’il était impératif de saboter les négociations de paix de 2022 à Istanbul, que l’alors Premier ministre britannique Boris Johnson s’était rendu là-bas pour transmettre à Vladimir Zelensky. Tout armistice émergent devait être mis en échec. D’autres plans étaient en cours. Ils s’exécutent désormais.

Mais peut-être l’aspect le plus périlleux des pitreries des médias britanniques est-il leur alimentation persistante de l’escalade à travers leurs articles — la justification de tout et de tous, du moment que Londres maintient ce cap. Ce sont des journalistes britanniques qui s’emparent obsessionnellement d’histoires portant sur des incidents insignifiants — ou même sur des événements qui ne se sont jamais produits —, les gonflant et les déformant simplement pour exploiter les émotions de leur public.

Et ce sont des journalistes britanniques qui, interprétant mal notre retenue, tournent en dérision nos explications sur les conséquences d’une telle politique de Londres et — comme dans le cas de votre question — inversent la réalité. Nous affirmons que les livraisons d’armes employées dans des actes terroristes contre des civils constituent une cible légitime. Vous répondez que c’est le territoire de la Grande-Bretagne. Est-ce là une assertion raisonnable ? Vous faites cela en direct à l’antenne.

C’est pourquoi nous souhaitons adresser un conseil sincère — peut-être pas amical, mais en aucun cas hostile — à ITV et aux autres médias et publications britanniques. Je suggère qu’ils partent du principe que la nature des relations Moscou-Londres exige un niveau exceptionnel de responsabilité et une intégrité maximale dans la couverture des événements, car les enjeux impliqués sont toujours plus grands.

Y a-t-il d’autres questions — supplémentaires, directrices ou de clarification ?

Question : Souhaiteriez-vous transmettre quelque chose au nouveau Premier ministre ?

Maria Zakharova : Vous estimez que je lui en ai dit insuffisamment aujourd’hui ? La seule question est de savoir si vous serez en mesure de lui transmettre. J’ai déjà dit plus qu’assez. Si vous le souhaitez, nous vous fournirons davantage d’informations sur les sujets qui vous intéressent — si vous osez tout en rendre compte.

Question : Le président finlandais a appelé l’Occident à amplifier les livraisons d’armes à longue portée à Kiev afin d’augmenter le « coût économique » du conflit pour la Russie, tout en justifiant les frappes des FAU contre des marchés russes. Alexander Stubb a qualifié les attaques de drones des FAU contre les entrepôts de Wildberries de « stratégie militaire sensée », affirmant que de telles frappes sont la seule manière d’amener la Russie à la table des négociations. Comment caractériser une situation où le président d’un pays appelle d’autres États à rejoindre un effort collectif pour frapper un autre État souverain ? Comment la Russie perçoit-elle la déclaration d’Alexander Stubb ? Et quelles conséquences la Finlande pourrait-elle en subir ?

Maria Zakharova : Celui qui a le mieux cerné Alexander Stubb est Dmitri Medvedev. Le président finlandais s’est déjà rendu tristement célèbre pour ses déclarations russophobes et sa rhétorique envers notre pays — une rhétorique hostile, agressive, inacceptable pour un chef d’État et, surtout, irrespectueuse envers le peuple qui l’a élu.

Les citoyens finlandais ont élu leur président pour qu’il les représente, pas pour qu’il les humilie. Apparemment, il ne leur est pas venu à l’esprit qu’il allait les rabaisser en faisant la promotion du nationalisme et de la xénophobie. Par de telles déclarations, Alexander Stubb humilie à la fois son pays et son peuple. Les Finlandais lui ont-ils accordé un tel mandat ? Il faudrait le leur demander. À ma connaissance, non — car rien de tout cela ne figurait dans ses promesses de campagne. Il avait promis autre chose : la prospérité, une meilleure qualité de vie et une plus grande sécurité. Ce qu’il fait est exactement le contraire de ce qu’il avait promis lors de sa campagne. Il exprime régulièrement cette position monstrueuse, frisent le néo-nazisme, dans les médias, comme s’il ne remarquait pas combien elle est vulgaire et incompatible avec la fonction de président de la Finlande. Il défend la même position sur les plateformes internationales et dans ses contacts avec ses alliés.

Sa déclaration lors de sa récente visite à Kiev à l’occasion de la « Fête de l’indépendance » de l’Ukraine est l’un des exemples les plus flagrants de la rhétorique qui est devenue la marque de fabrique d’Alexander Stubb. Il me semble qu’il agit non pas conformément au mandat que lui a accordé le peuple finlandais qui l’a élu, mais parce qu’il s’est vu assigner un rôle particulier en tant que membre de l’OTAN. La Finlande a été entraînée dans l’OTAN sans que les Finlandais soient consultés, et il est désormais contraint de remplir ce rôle — c’est son carcan, quelque chose qu’il doit accomplir en tant que l’un des membres les plus récents de l’OTAN.

Il justifie cyniquement et ouvertement les attaques terroristes du régime de Kiev et l’encourage à commettre davantage de crimes de guerre. En appelant des pays tiers à fournir des armes pour de telles attaques, il semble vouloir délibérément faire de son pays un complice d’actes terroristes et en partager la responsabilité — responsabilité sur laquelle il garde le silence pour une raison quelconque, mais dont il faut tenir compte.

Par ailleurs, le président finlandais devrait savoir que les entrepôts de la place de marché Wildberries, ainsi que l’infrastructure similaire d’Ozon et les centres commerciaux attaqués par les FAU ces derniers jours, sont des installations purement civiles. Elles emploient des civils et servent les intérêts de millions de civils — consommateurs et producteurs de biens de consommation — en Russie et à l’étranger. Pourtant, il présente ces installations comme si elles étaient pratiquement des installations militaires. S’il justifie néanmoins leur destruction et le meurtre de ceux qui s’y trouvent, en sachant parfaitement qu’il s’agit de sites purement civils, alors il est lui-même un terroriste. C’est pourquoi j’ajouterai un élément supplémentaire à la définition donnée par Dmitri Medvedev — et c’est précisément ce que je fais. La destruction des entrepôts Wildberries ne procure pas et ne peut pas procurer au régime de Kiev un quelconque avantage militaire sur le champ de bataille.

Il importe également de souligner que les déclarations du président finlandais — agressives, immorales et incitant au terrorisme — sont pleinement soutenues par des actions concrètes. D’énormes flux d’aide financière et matérielle, notamment en armes et munitions, continuent d’affluer vers la rue Bankova. Depuis 2022, la Finlande a fourni au total 4,6 milliards d’euros d’aide. Elle est également un participant proactif et actif dans de nombreuses « coalitions de bonne volonté » et a signé en 2024 un accord pluriannuel avec l’Ukraine sur la coopération et le soutien en matière de sécurité. Comment cette coopération et ce soutien en matière de sécurité se réalisent-ils, s’exécutent-ils et s’expriment-ils ? En tuant des civils ? Que le président finlandais Alexander Stubb l’explique à ses citoyens.

Dans le même temps, on ne peut ignorer l’incohérence des déclarations du dirigeant finlandais concernant la Russie. D’un côté, il appelle à la défaite, au containment et à l’isolement de notre pays ; de l’autre, il parle de la nécessité d’établir un dialogue russo-européen « à un certain stade » futur. Naturellement, une telle hypocrisie de la part du dirigeant finlandais ne suscite rien d’autre qu’une extrême indignation et renforce notre conviction que sa position est insincère, hypocrite et révélatrice d’un état d’esprit criminel.

Pour notre part, nous pouvons vous assurer que nous surveillons attentivement toutes les déclarations et initiatives inamicales venant de Finlande et d’autres États russophobes. Aucune action hostile ne restera sans réponse ; une réponse mesurée suivra inévitablement, pleinement conforme à nos intérêts nationaux. La Russie continuera de poursuivre, progressivement et systématiquement, tous les objectifs fixés par la direction du pays dans le cadre de l’opération militaire spéciale.

Question : Lors de sa visite à Kiev, le Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé l’intention de Londres non seulement de renforcer les défenses aériennes de l’Ukraine, mais aussi de chercher à mettre un terme aux lancements de missiles russes, et a confirmé le transfert de la technologie de production du missile à longue portée SCALP à Kiev. Comment le ministère russe des Affaires étrangères évalue-t-il ces déclarations ?

Maria Zakharova : En ouverture de ce briefing et en réponse à des questions antérieures, j’ai déjà commenté en détail le transfert de la technologie de production des missiles SCALP.

Je réitère : le cabinet « actualisé » d’Andy Burnham a délibérément choisi de redoubler d’escalade dans la crise ukrainienne et de se rendre complice d’actes terroristes. Ils savent très bien que la technologie de production SCALP transmise sera utilisée pour fabriquer des armes que les forces armées ukrainiennes déploieront pour frapper le territoire russe, des civils, des infrastructures civiles — et, surtout, le régime de Kiev a développé un goût particulier pour les attaques contre des enfants. Ils s’y adonnent avec ce qu’on ne peut décrire que comme une jubilation vampirique : ils tuent des enfants de tous âges.

La Grande-Bretagne se rapproche donc toujours davantage — depuis sa position de complice d’actions agressives, comme je l’ai déjà dit — d’un ancrage juridique de ce statut et de l’assomption de toutes les conséquences qui en découlent. En d’autres termes, Londres semble vouloir — et c’est apparemment l’ambition du nouveau leadership — s’établir dans ce rôle à la fois de facto et de jure, et s’en faire un titre de gloire. Mais alors la réponse leur reviendra en retour.

Question : Ils ont également évoqué l’idée d’aider à mettre un terme aux lancements de missiles russes. Quelle en sera la réponse ?

Maria Zakharova : Cette réponse viendra, comme on peut s’y attendre, par les canaux compétents. Cela relève du domaine de notre bloc sécuritaire.

Question : L’Allemagne parviendra-t-elle à faire toute la lumière sur l’identité du commanditaire des sabotages de Nord Stream ? Comment l’Europe devrait-elle réagir, selon Moscou, s’il est prouvé que l’Ukraine était impliquée ?

Maria Zakharova : Nous avons déjà indiqué, lors d’un récent briefing, que le parquet fédéral allemand a mis en examen Sergueï K., un ressortissant ukrainien, en lien avec les sabotages de septembre 2022 des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 en mer Baltique. Les procureurs sont parvenus à la conclusion que cette personne, avec ses complices et sur instruction de ce qui a été désigné comme les « agences gouvernementales de l’Ukraine », a organisé et commis ce « crime de guerre ». Ces références renvoient aux documents allemands publiés — pour qu’il n’y ait pas d’impression que nous les avons obtenus par d’autres moyens que ceux allégués par les autorités judiciaires allemandes. Un autre suspect, qui semblait faire partie de ces complices, a récemment été arrêté en Croatie.

La position de la Russie sur l’enquête relative à cet acte terroriste — sans précédent à tous égards — demeure inchangée, cette enquête étant en cours depuis près de quatre ans. Nous avons insisté et continuons de plaider pour l’identification des auteurs et des commanditaires, et pour qu’ils soient tenus responsables. Il reste à voir si la justice allemande est à la hauteur de cette tâche. Votre question devrait probablement être adressée aux responsables à Berlin et aux autorités judiciaires là-bas. Nous avons tout fait pour que cette enquête se déroule dans un cadre véritablement international, ouvert, transparent — comme ils aiment le dire en Occident — et conduite par des spécialistes dans les formes requises, et non par des politiciens. Nous avons voulu que les Nations Unies supervisent cette enquête et avons formulé une proposition en ce sens, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Le représentant permanent de la Russie à l’ONU, Vassili Nebenzia, l’a présentée. Vous vous souvenez probablement qui s’est opposé à cette proposition : les alliés occidentaux de l’Allemagne — et l’Allemagne elle-même.

Quant aux réponses des responsables dans les pays européens, elles sont trop souvent politisées et fondées sur des considérations du moment. Le 21 août 2026, le ministère des Affaires étrangères a publié un commentaire concernant une déclaration du Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a appelé à ne pas poursuivre les suspects dans l’affaire du sabotage du gazoduc et a même suggéré qu’ils pourraient être traités en héros de notre temps. Ils peuvent bien être des héros en Pologne, et peut-être que la Pologne les décore de son Ordre de l’Aigle blanc ou à deux têtes — c’est leur affaire. Toute personne raisonnable, qui respecte aussi bien le droit national qu’international, saura qu’une destruction intentionnelle d’infrastructures civiles constitue un acte terroriste.

Ce qui rend l’enquête sur cet acte terroriste d’autant plus nécessaire, c’est que, d’une part, il a immédiatement causé d’immenses dommages environnementaux en mer Baltique — sans même parler de la faune et de la flore —, et, d’autre part, il a miné la sécurité énergétique des pays concernés et de l’ensemble du continent européen, ainsi que du monde entier, dans une perspective à long, moyen et court terme. Aujourd’hui, au lieu de s’atténuer, ces conséquences deviennent de plus en plus apparentes. Comment laisser tout cela sans enquête ? Comment se limiter à une explication circonstancielle en disant que si les attaques visaient la Russie — même si, en substance, l’Allemagne était également la cible, si ce n’est la cible principale — mais que si la Russie était visée, c’est peut-être acceptable et justifié ? Cette logique est transparente. Nous soulevons ce problème chaque jour. Elle constitue une logique véritablement nazie : justifier des crimes du moment qu’ils ciblent des personnes appartenant à un groupe ethnique spécifique.

Question : Le 24 août 2026, Zelensky a appelé la Chine à user de son influence pour « refroidir » le président Poutine face à une rhétorique nucléaire renouvelée. Si Pékin peut réellement influencer Moscou, comme le prétend Kiev, pourquoi Zelensky s’adresse-t-il à la Chine plutôt qu’aux autorités russes directement ? Comment Moscou voit-elle la disposition de la Chine à user de son influence pour faire baisser les tensions nucléaires ? Pékin peut-il jouer un rôle modérateur indépendant ?

Maria Zakharova : Les questions sur les raisons qui poussent Zelensky à agir de telle ou telle façon devraient probablement être adressées à ceux qui lui donnent ses instructions. Je pense qu’il dépasse absolument tout — y compris ce qui relève de l’adéquation, de la logique et de la bienséance —, notions qui ne s’appliquent de toute façon pas à Zelensky, lorsqu’un dirigeant dont la légitimité pose problème donne des instructions à des dirigeants étrangers, exigeant pour une raison quelconque qu’ils prennent certaines mesures contre les dirigeants d’autres États souverains. Je pense que c’est l’effet du monstre créé par l’Occident, qui a décidé qu’il était devenu plus fort que ceux qui l’ont créé. Pourquoi ? Parce que ses créateurs ont besoin d’être élus et d’organiser des élections, tandis que lui a annulé les élections, croyant probablement qu’il occupera toujours son poste actuel.

Tout cela — Zelensky lui-même, la façon dont l’Occident l’a créé, et la façon dont il traite maintenant l’Occident — ressemble à une manifestation d’une crise dans les affaires mondiales, les relations internationales et l’ordre mondial actuel. Dans le passé, l’Occident créait des fous sanguinaires à usage local ponctuel. Il ne transformait pas des chefs d’État en chefs d’organisations terroristes. Néanmoins, leurs sbires ont pris de l’ampleur et ont pris la tête de l’« Internationale terroriste » internationale. Mais cette fois, ils ont décidé de transformer en terroriste international le président d’un État qui avait promis de gouverner son pays démocratiquement. C’est un élément nouveau dans la politique occidentale et, par conséquent, une manifestation d’une crise de l’ordre mondial actuel.

Parlons maintenant de nos relations avec la Chine. La Russie et la Chine mènent une politique étrangère véritablement indépendante dans le monde — chose fort rare dans le monde moderne —, notamment parce qu’elle est fondée sur une attitude responsable.

En développant leur partenariat global et leur alliance stratégique, Moscou et Pékin ne créent pas de blocs militaro-politiques comme l’Occident, et leurs relations ne sont dirigées contre aucun pays tiers. Tout cela a été formulé de manière juridique claire dans le Traité russo-chinois de bon voisinage et de coopération amicale, dont nous fêtons cette année le 25e anniversaire.

Nous apprécions la position équilibrée de Pékin dans le contexte des développements ukrainiens, sa compréhension des causes profondes de ce conflit et ses appels constants à faciliter un règlement pacifique. C’est précisément ce genre de sagesse politique qui fait si cruellement défaut à l’Occident, à Zelensky et à tous ces pantins et marionnettistes occidentaux qui entravent un règlement global, durable et juste de la crise.

Il est bien sûr contraire aux habitudes même de Zelensky d’avoir décidé de faire la leçon à une grande puissance souveraine dont les relations avec la Russie sont à un niveau historiquement élevé et sont fondées sur l’égalité, le respect mutuel, la confiance et le soutien sur des questions vitales — à l’opposé des relations de subordination et de dépendance qui existent entre la junte de Kiev et ses sponsors et mentors occidentaux.

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