Monday, 8 August , 2022

UE 2022: Paris et les autres

Vu d’Allemagne Le pilote de l’Europe, c’est bel et bien la France

Handelsblatt (Düsseldorf)

Paris prend les rênes du Conseil de l’Union européenne ce 1er janvier, pour six mois. Un leadership exercé déjà depuis plusieurs mois en réalité, estime le quotidien économique allemand Handelsblatt.

L’Allemagne ou la France ? Pour Handelsblatt, à l’heure où Paris prend les rênes de l’Union européenne, ce 1er janvier 2022, le pays le plus puissant de l’UE n’est pas celui que l’on croit. “Le cœur du pouvoir politique européen s’est incontestablement déplacé vers Paris au cours des dernières années, observe le journal économique allemand. Macron lance de nouvelles initiatives, Berlin réagit – et à la fin, les Français sont en position de trancher.”

Le président français se distingue sur des dossiers aussi variés que le nucléaire, la réforme du pacte de stabilité européen ou encore la transition écologique. Grâce à l’“habile positionnement de ses collaborateurs” et à son attitude volontariste, il a déjà réussi à convaincre l’Allemagne de financer le plan de relance anti-Covid via des emprunts européens communs – ce que le pays avait toujours refusé.

Le contexte favorise la France. Les crises climatique et sanitaire ont remis au goût du jour l’interventionnisme étatique si cher à l’Élysée. Depuis le Brexit, Berlin a perdu un allié favorable à l’économie de marché. Sur le développement de l’industrie des puces électroniques en Europe, prôné par la France, seuls les Pays-Bas ont mis en garde contre le “dirigisme” des Français.

Selon Handelsblatt, la situation est aussi le fruit de l’attitude “attentiste” d’Angela Merkel. Mais elle risque d’empirer avec le nouveau gouvernement allemand d’Olaf Scholz.

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Dans la nouvelle coalition, on retrouve plus de Macron que de Merkel.”

C’est ce qu’assure l’ex-diplomate allemand Peter Wittig, cité par le journal. La présidence française de l’UE sera le premier test pour la nouvelle équipe dirigeante à Berlin.

La présidence française de l’Union européenne, un tremplin pour Macron ?

Le 1er janvier 2022, la France prendra pour six mois la présidence du Conseil de l’Union européenne. L’occasion pour Emmanuel Macron, qui doit ce 9 décembre présenter les priorités de cette présidence française, de mettre en avant son pays et sa candidature, observe le quotidien conservateur espagnol ABC.

Emmanuel Macron veut profiter du vide laissé par la chancelière allemande Angela Merkel, pendant que son successeur, Olaf Scholz, prend ses marques. Comme le changement à la tête du gouvernement allemand coïncide avec la présidence française de l’UE, Macron a un moyen de gagner en influence au sein de l’alliance franco-allemande, qui de fait restera le cœur de la politique européenne.

À Bruxelles, cela fait déjà plusieurs mois qu’aucune grande discussion n’avance, car il faut attendre que l’Allemagne, pays le plus grand et le plus puissant de l’UE, réorganise son paysage politique. Le hasard du calendrier fait que, au moment où l’Allemagne sera de retour, la France sera chargée d’orienter ces grandes discussions. La plus cruciale d’entre elles portera sur la façon de renouer avec la viabilité budgétaire définie dans le Pacte de stabilité et de croissance, dont les règles sont suspendues en raison des répercussions catastrophiques de la pandémie et des confinements.

Alliance franco-italienne

À cet égard, la France a profité de la période d’intérim en Allemagne pour conclure un pacte de coopération avec l’Italie, gouvernée par l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi. Comme Macron, il aime adoucir et assouplir les rigueurs budgétaires, surtout dans les pays du sud de l’UE. Quand Macron et Scholz se réuniront pour la première fois, le président français pourra affirmer à son homologue allemand qu’il est soutenu par l’un des autres grands pays fondateurs, dont la force de frappe économique ne peut en aucun cas être négligée.

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Enrique Serbeto
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