Non a l’esclavage

Le gouvernement grec introduit un projet de loi qui demantèle tous les droits des travailleu.se.s sans scrupule. La semaine de 5 jours, la journée de travail de 8 heures, tout ce que les travailleu.se.s ont gagné avec des luttes sanglantes, sera aboli.

Lors d’un entretien qu’il a donné hier, le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a dit :

“Parfois, donner à une femme la possibilité de travailler à domicile est une bonne chose, pas une mauvaise. Cela peut aller à l’encontre du travail traditionnel de huit heures, cinq jours par semaine, mais c’est bien.”

Nous sommes tou.te.s conscient.e.s des charges trop lourdes que surtout les #femmes ont dû reprendre pendant la pandémie, à cause du télétravail obligé. Mis à part le fait que le premier ministre sous-entend qu’une femme est la personne qui sera chargée des tâches ménagères d’office, en même temps que des tâches de son travail, il dit explicitement que c’est bien qu’une personne doive jongler avec le ménage, les enfants et son boulot 24/7.

“Lorsqu’une entreprise convient avec les travailleurs, par le biais d’un accord d’entreprise, de passer de cinq à sept jours avec le consentement des travailleurs, avec un bien meilleur salaire et des droits accrus, et que les deux parties sont d’accord, nous ne faisons rien d’autre que reconnaître que nous sommes dans un monde qui change et que les travailleurs, les entreprises et l’État doivent s’adapter à cette nouvelle réalité.”

Selon le premier ministre, les travailleu.se.s et les employeurs peuvent “négocier” et convenir des accords, à pied d’égalité. Le premier ministre n’a apparemment aucune connexion avec la vraie vie des personnes qui travaillent ; dans la réalité du monde de travail, nous sommes tou.te.s conscient.e.s du fait que les employeurs sont capables de forcer des choses aux travailleu.se.s, en utilisant la menace du licenciement – et appeler cela une négociation qui a abouti à un accord.

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D’ailleurs, ce projet de loi prévoit aussi que les heures supplémentaires seront obligatoires mais compensées en congès et non pas en argent. L’horaire de travail n’existera pas, ce sera tout à fait normal de faire travailler quelqu’un pour 12 ou 15 heures par jour, et lui donner des congés supplémentaires, quand ce sera convenable pour l’entreprise.

Le gouvernement grec appelle ça du progrès ; c’est le retour aux conditions de travail du 19e siècle, quand les travailleu.se.s n’étaient pas du tout protegés et ils/elles étaient une proie facile à la dispositions des patrons.

Le mouvement grec se prépare pour riposter. Une #grève est prévue déjà le 10 juin – et d’autres suivront. Ce projet de loi monstrueux ne peut en aucun cas passer. C’est la suite des politiques mémorandaires, et le mouvement ouvrier devra riposter de façon décisive et ne pas céder.

Nous sommes solidaires avec les travailleu.se.s grec.que.s – les projets du gouvernement autoritaire grec ne passeront pas !

https://www.ethnos.gr/…/38217_bomba-mitsotaki-ept