Justice pour Wissam – Mardi 9 Juin

Avec une trentaine de collectifs de familles de victimes de crimes policiers appelant à la journée internationale contre les violences policières, nous avions pris collectivement nos responsabilités en Mars dernier pour annuler cette journée de manifestations en raison du COVID 19.

Comme Ă  chaque fois, nos efforts et nos mains tendues n’ont pas Ă©tĂ© compris. Comme Ă  chaque fois, on trouve normal que l’on fasse Ă©ternellement des efforts.

La trêve nécessite aussi la trêve de tous et toutes et en premier lieu de nos bourreaux et de leurs complices.

Pas de trêve pour les lois scélérates qui visent à museler notre parole sur les réseaux sociaux.

Pas de trêve pour les projets de lois qui visent à rendre impossible de filmer des violences polici ères pour un simple quidam.

Pas de trĂŞve pour les fausses expertises, le plus grand scandale du système judiciaire actuel qui attend de dĂ©truire l’entourage de sa prochaine victime …

Les violences policières et les enterrements judiciaires n’ont pas connu de trĂŞve non plus…

Le mĂ©pris liĂ© non plus …
https://www.amnesty.fr/actualites/violences-policieres-et-impunite-en-france

La trĂŞve a Ă©tĂ© rompu par nos bourreaux en France. Seul pays au monde, Ă  notre connaissance, qui interdit aujourd’hui les manifestations contre les violences policières alors qu’elle semble se passer plus violemment dans d’autres pays.

Avec d’autres collectifs de familles de crimes policiers nous avons alors tout de m&ec irc;me manifestĂ© ce samedi pour apporter tout d’abord du soutien mĂ©diatique et de la puissance Ă  nos ami-e-s amĂ©ricain-e-s en manifestant symboliquement sous la Tour Eiffel. Nous avons tenu Ă  rappeler que les violences policières et leur impunitĂ© sont aussi des rĂ©alitĂ©s françaises.

Que les amĂ©ricains sachent qu’ils ne sont pas seuls, leur combat est aussi notre combat : ils donnent le la Ă  travers le monde.

Notre combat est aussi leur combat : culturellement et idĂ©ologiquement la France est regardĂ©e, Ă©coutĂ©e dans le monde. Nous avons pu constater que nous sommes regardĂ©s, Ă©tudiĂ©s, quand nous sommes allĂ©s prĂ©senter des documentaires comme le film “Les coups de leurs privilèges” dans d’autres pays.

Nous sommes beaucoup plus forts et beaucoup moins impuissants qu’on ne le pense.

Notre co mbat enfin est aussi le vĂ´tre et celui de votre entourage :

“Tant que nous considĂ©rerons que la loi n’est pas la mĂŞme pour tout le monde, qu’elle innocente des coupables tout en culpabilisant les victimes et leur entourage, tant que nous penserons qu’une couleur de peau ou un uniforme nous sĂ©pare du reste de l’humanitĂ©, alors nous ne serons pas heureux.”

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http://www.justicepourwissam.com/2020/06/tant-que-nous-considererons-que-la-loi-n-est-pas-la-meme-pour-tout-le-monde-qu-elle-innocente-des-coupables-tout-en-culpabilisant-le

Nous sommes heureux de constater que quelque chose se crĂ©e. Quelque chose qui nous Ă©chappe nous mĂŞme. L’ancien monde disparait mĂŞme s’il rest e toujours des “has been” qui resteront des “has been” d’ailleurs pour affirmer sans honte que les violences policières n’existent pas…

Partout en France, nous faisons aussi le constat que c’est la France d’aujourd’hui et de demain dans sa richesse et sa diversitĂ©, droite dans ses bottes qui dit “Non” aux injustices et qui a compris que les violences policières et leur impunitĂ© sont la partie visible de l’iceberg des injustices.

Cette jeunesse dit aussi “oui” Ă  une fraternitĂ© mais pas Ă  une fraternitĂ© hypocrite comme celle de ses aĂŻeux ou de celle de ceux qui sont au pouvoir.

Non, cette jeunesse mĂ©prise cette hypocrisie ancrĂ©e, et elle dit “oui” Ă  une fraternitĂ© effective, celle qui cherche plus Ă  se donner les moyens d’ĂŞtre ce qu’elle se revendique ĂŞtre. Celle qui fait ce qu’elle dit et dit ce qu’elle fait.

C’est la conscience du monde qui est dans la rue. C’est le monde de demain qui est dans la rue. Et le monde ancien, celui de l’orgueil et de la lâchetĂ©, celui qui fait que l’on a tous et toutes une boule dans le ventre qui est prĂŞte Ă  exploser, ils n’en veulent pas. Il n’en veulent plus.

Quoiqu’il en soit, Mardi 9 juin George Floyd sera enterrĂ© aux USA.

A 9h, en France, la chambre d’instruction de Riom doit dĂ©cider si elle dira aussi “Non” comme sa jeunesse ou si elle la trahira, se trahira. Elle devra en effet dĂ©cider si elle forcera la juge d’instruction Myriam Fenina Ă  entendre PERSONNELLEMENT 3 tĂ©moins clĂ©s ou si elle accompagnera sa nonchalance et son refus de se donner les moyens d’agir. En un mot si elle fera preuve de lâchetĂ© ou de courage.

On en appelle Ă  toutes les volontĂ©s et Ă  toutes les initiatives, Ă  toutes les belles âmes Ă  nous aid er Ă  ne pas laisser celle que l’on appelle la “justice” enterrer et dissimuler un Ă©nième crime.

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P.S : Ci-dessous un lien de l’ACAT sur l’affaire

https://www.acatfrance.fr/actualite/affaire-wissam-el-yamni—sept-ans-apres–sa-famille-toujours-dans-lattente-de-la-verite

Cordialement,
Justice et Vérité pour Wissam


Mardi 9 Juin Ă  09h00 devant la chambre d’instruction de Riom pour
demander l’audition des tĂ©moins du couloir du commissariat par la juge
d’instruction

Date: 2020-06-02
De: justicewissam@riseup.net
Ă€: justice _pour_wissam@lists.riseup.net

L’audience qui devait originellement avoir lieu le Mardi 24 mars avait Ă©tĂ© reportĂ©e en raison du COVID 19.

Nous venons d’apprendre qu’elle aura lieu finalement le Mardi 9 Juin Ă  9h00 devant la chambre d’instruction de Riom.

Nous avons besoin de soutiens.

L’enjeu de cette audience est de savoir si la juge d’instruction se donnera les moyens d’entendre personnellement les tĂ©moins du commissariat, tĂ©moins d’une scène de crime, sans passer par la police des polices que l’on estime corrompue.

Pour rappel :

Dans notre affaire la police des polices de Lyon n’a pas rĂ©cupĂ©rĂ© les photos des mĂ©decins du CHU de Clermont-Ferrand alors qu’elle avait la mission donnĂ©e par la juge d’instruction de prendre le dossier mĂ©dical. AlertĂ©s par le CHU lu i mĂŞme nous nous sommes organisĂ©s pour que les photos soient envoyĂ©es directement Ă  la juge sans passer par la police des polices. Premier doute sur la confiance que l’on puisse porter sur la police des polices.

Dans notre affaire la police des polices s’est auto-administrĂ©e une expertise technique alors qu’elle n’est pas habilitĂ©e pour cela. Cette expertise technique visait Ă  dater les photos numĂ©riques prĂ©sent dans l’ordinateur du capitaine de la police judiciaire. On accuse le capitaine de la police judiciaire d’avoir antidatĂ© des photos pour dissimuler des marques de coups et d’avoir ainsi influencĂ© les uns et les autres en minorant les blessures. Dans un verbiage extraordinaire la police des polices dira en Juin 2013 qu’il n’y a pas Ă  douter que les
photos prĂ©sentĂ©es comme Ă©tant prises le 1er janvier 2012 par le capitaine de la police judiciaire soient bien du 1er janvier 2012. Elle ment. Un enfant verrait que les photos prises par le capitaine judiciaire sont postĂ©rieures Ă  celles prises par les mĂ©decins et qui sont datĂ©es du 2 janvier et postĂ©rieures Ă  celles prises par la famille prises encore après. Deuxième doute sur la confiance que l’on puisse porter sur la police des polices.

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Une contre-expertise technique rĂ©alisĂ©e par un vrai expert technique montrera finalement que l’ordinateur a Ă©tĂ© formatĂ© après que la chambre d’instruction de Riom avait demandĂ© de rĂ©cupĂ©rer les photos de l’ordinateur du capitaine de la police judiciaire pour les dater. C’est
Ă  dire au moment mĂŞme oĂą la police des polices s’Ă©tait accaparĂ©e l’ordinateur. Troisième doute sur la confiance que l’on puisse porter sur la police des polices.

La police des polices avait affirmĂ© que la vidĂ©o de la salle des geĂ´les ne montrait rien d’intĂ©ressant. Nous avons alors visionnĂ© ces vidĂ©os, elle montre que des tĂ©moins voient ce qu’il se passe dans le couloir du commissariat. Elle montre aussi des tĂ©moins sous le choc de ce qu’ils voient. Elle montre aussi l’un des deux policiers impliquĂ©s directement dans la mort de Wissam en jouissance passant devant la camĂ©ra. Quatrième doute sur la confiance que l’on puisse porter sur la police des polices.

L’ensemble de ces Ă©lĂ©ments est vĂ©rifiable objectivement par des magistrats honnĂŞtes.

Pour rappel, veuillez trouver Ă  ce sujet en pièce jointe un imprim Ă©cran d’une partie de l’un des Ă©changes Ă©lectroniques que l’on a eu avec l’ un de ces tĂ©moins que l’on a retrouvĂ© et qui date de 2013. Son tĂ©moignage ne correspond pas Ă  ce que la police des polices affirme. Il voit les policiers torturer Wissam dans le couloir du commissariat. Cinquième doute sur la confiance que l’on puisse porter sur la police des polices.

La juge d’instruction affirme que ce n’est pas nĂ©cessaire d’entendre les tĂ©moins du commissariat se basant sur la confiance qu’elle porte Ă  la police des polices.

Elle fait à nos yeux obstacle à la manifestation de la vérité. Elle trahit avec opiniâtreté sa fonction.

La question qui se pose c’est pourquoi on nomme une juge d’instruction pour instruire une affaire pour qu’elle se limite Ă  entĂ©riner une enquĂŞte rĂ©alisĂ©e par le ministère de l’intĂ©rieur ?

Nous nous sommes d onnĂ©s les moyens d’entendre ces tĂ©moins d’une scène de crime, nous aimerions que la justice fasse de mĂŞme et montre par lĂ  mĂŞme toute son utilitĂ©, son indĂ©pendance, son courage et sa droiture.

Cordialement,
Justice et Vérité pour Wissam

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