Par Emmanuel Kosadinos*
Le 10 septembre 2025, la France s’apprête à vivre une journée historique de mobilisation populaire. Sous le mot d’ordre « Bloquons tout », des millions de citoyens, de travailleurs, de jeunes, de retraités, de militants syndicaux et politiques se rassembleront pour exprimer leur colère face aux politiques d’austérité imposées par le gouvernement de François Bayrou. Cette mobilisation survient dans un contexte de crise politique majeure, où la légitimité du gouvernement est remise en question et où les réformes proposées menacent de déstabiliser davantage le pays.
Une crise politique sans précédent
Depuis sa nomination à Matignon, François Bayrou fait face à une opposition grandissante de la part de l’ensemble des forces politiques, de la gauche à l’extrême droite. Son projet de budget pour 2026, prévoyant 44 milliards d’euros de coupes budgétaires, dont la suppression de deux jours fériés et des réductions dans les dépenses publiques, a provoqué un rejet massif de la population et des élus. Selon une enquête récente, 80 % des Français expriment leur mécontentement face à ces mesures jugées injustes et antisociales.
Face à cette situation, François Bayrou a annoncé qu’il demanderait un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre 2025. Cette décision, perçue comme une tentative désespérée de maintenir son gouvernement en place, intervient alors que le Parlement est profondément fragmenté et que le soutien parlementaire au Premier ministre est quasi inexistant. Les partis de Gauche, le Rassemblement national et des groupes indépendants ont d’ores et déjà annoncé leur intention de voter contre le gouvernement, rendant sa survie incertaine.
Le 10 septembre : une mobilisation populaire inédite
La mobilisation du 10 septembre, née sur les réseaux sociaux, s’apparente à un soulèvement populaire de grande ampleur. Le mouvement « Bloquons tout » réunit des citoyens de tous horizons, unis par une même volonté de dire non aux politiques d’austérité et de défendre les acquis sociaux. Les revendications sont multiples : retrait du budget Bayrou, maintien des jours fériés, augmentation des salaires, amélioration des conditions de travail, défense des services publics, justice fiscale.
Les syndicats, bien que divisés sur la forme de la mobilisation, apportent leur soutien au mouvement. La CGT et Solidaires ont d’ores et déjà annoncé leur participation active, appelant à la grève générale et au blocage des infrastructures. D’autres syndicats, comme FO, la FSU et la CFTC, se réuniront en intersyndicale le 29 août pour décider de leur positionnement. La CFDT, traditionnellement plus modérée, a exprimé son soutien au mouvement, bien qu’elle n’ait pas encore pris de décision officielle quant à sa participation directe.
Des secteurs clés appelés à la grève
Plusieurs secteurs stratégiques ont d’ores et déjà annoncé leur participation à la grève du 10 septembre :
Éducation : Les enseignants, lycéens et étudiants se mobiliseront pour protester contre les suppressions de postes et les réformes éducatives.
Transports : Les cheminots, conducteurs de bus et de tramway, ainsi que les travailleurs des aéroports, ont prévu des grèves et des blocages pour perturber le trafic et soutenir le mouvement.
Santé : Les personnels hospitaliers, déjà en lutte contre la dégradation de leurs conditions de travail, se joindront à la mobilisation pour défendre le service public de santé.
Fonction publique : Les agents de la fonction publique, des collectivités territoriales et des services publics de l’État participeront aux actions de grève et de blocage.
Secteur privé : Les travailleurs du commerce, de l’industrie et des services, soutenus par leurs syndicats, organiseront des piquets de grève et des manifestations dans les grandes villes.
Un soutien politique large
Le mouvement du 10 septembre bénéficie du soutien de nombreuses personnalités politiques, de la Gauche. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a appelé à une grève générale et à des manifestations massives pour faire entendre la voix du peuple. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a exprimé son soutien au mouvement, soulignant la nécessité d’une mobilisation unitaire contre les politiques d’austérité. Les Écologistes, bien que plus discrets, ont apporté leur soutien moral au mouvement, appelant à une transition écologique juste et solidaire.
À l’extrême droite, le Rassemblement national, bien que n’ayant pas appelé à la mobilisation, a laissé ses militants libres de participer aux actions de grève et de blocage.
Une motion de censure en perspective
Le vote de confiance prévu le 8 septembre sera déterminant pour l’avenir du gouvernement Bayrou. Si le Premier ministre échoue à obtenir la confiance de l’Assemblée nationale, il devra démissionner, entraînant la chute de son gouvernement. Cette situation pourrait ouvrir la voie à des élections législatives anticipées.
Les partis d’opposition, unis dans leur rejet du budget Bayrou, pourraient déposer une motion de censure commune, réunissant les voix nécessaires pour renverser le gouvernement. Une telle initiative serait soutenue par les syndicats, qui voient dans cette démarche une opportunité de mettre fin à une politique néolibérale et de redonner le pouvoir au peuple.
Un tournant politique espéré pour la France
Le 10 septembre 2025 marquera un tournant dans l’histoire politique de la France. La mobilisation populaire, soutenue par les syndicats et les partis d’opposition, pourrait entraîner la chute du gouvernement Bayrou et l’ouverture d’une nouvelle ère politique, sous condition que le Parti Socialiste (actuellement divisé) réintègre les orientations du Nouveau Front Populaire, une éventualité plutôt incertaine.
Dans tous les cas les citoyens, unis dans leur diversité, sont déterminés de faire entendre leur voix et réclameront un changement radical dans les politiques publiques.
Ce mouvement est bien plus qu’une simple contestation des réformes proposées par le gouvernement. Il incarne une volonté de reprendre le pouvoir, de défendre les acquis sociaux, de lutter contre les inégalités et de construire une société plus juste et solidaire. Le 10 septembre, la France se lèvera pour dire non à l’injustice et oui à la dignité humaine.
* Emmanuel Kosadinos, membre du Conseil National de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) et du Comité Confédéral de la Confédération Internationale Solidaire et Écologique (CISE)
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