1936 – Le bonheur est dans l’occupation des usines

1936, le Front Populaire, entre joie et colères

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30 avril 2026
France.TV

Nous sommes ici pour le bifteck,
Nous n’en sortirons pas pour des haricots !

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Regarder et partager l’histoire, la mémoire et l’héritage du Front populaire, quatre-vingt-dix ans après sa victoire électorale et ses avancées sociales emblématiques. C’est ce que France Télévisions propose aux Français, avec un récit intense et très documenté sur cette période charnière de l’histoire politique et sociale du XXe siècle.

Coréalisé par Fabien Béziat et Hugues Nancy, le documentaire événement 1936, le Front populaire – Entre joie et colères, à découvrir sur france.tv et sur France 3, raconte, avec des archives et des témoignages rares, la société de l’époque, ses réalités, ses fractures politiques, et ses transformations culturelles et sociales qui ont façonné la France contemporaine.

Résumé

Ce court moment de notre histoire (1934-1938) que l’on appelle le « Front populaire » a marqué à jamais notre mémoire collective. Pour la première fois, en remontant le temps à la recherche de témoignages familiaux et d’archives inédites, ce film offre un récit vibrant de cette expérience fondatrice, racontée à hauteur d’hommes et de femmes, à travers la parole exceptionnelle de descendants d’ouvriers et d’acteurs politiques de l’époque, à gauche comme à droite.

Alors que la moitié des Français était passionnément pour et l’autre moitié farouchement contre, le film 1936, le Front populaire nous plonge au cœur d’une intense bataille politique, dont le résultat sera une incroyable révolution culturelle et sociale, qui a façonné la France telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Liste des intervenants

Maryse Veny-Timbaud Petite-fille de Jean-Pierre Timbaud • Eugénie Bachelot-Prévert Petite-fille de Jacques Prévert • Serge Wolikow Auteur de 1936, le monde du Front populaire • Anne-Marie Rerolle Fille et petite-fille d’ouvrières Michelin • Jean Vigreux Auteur de 1936, l’échappée belle • Antoine Malamoud Arrière-petit-fils de Léon Blum • Gilles Richard Auteur de Histoire des droites en France • Hugues de La Rocque Petit-fils de François de La Rocque • Gérard Leidet Président de “Provence mémoire et monde ouvrier” • Hélène Langevin Fille d’Irène Joliot-Curie • Michel Korb Fils de Francis Lemarque • Denise Bailly-Michels Fille de Charles Michels • Danielle Tartakowsky Auteure de Le Front populaire – La vie est à nous • Guy Huard-Verneuil Conservateur aux archives de Sciences Po • François Demay Petit-fils de France Demay • Corinne Jamet Fille de Pierre Jamet • Pascal Ory Auteur de La belle illusion, 1935-1938 • Raymond Mateu Fils d’un combattant des Brigades internationales

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Note d’intention – Fabien Béziat et Hugues Nancy

Il y a peu d’événements de notre Histoire qui ont à la fois marqué les esprits de leurs contemporains comme ceux des générations suivantes, s’inscrivant à jamais, et parfois inconsciemment, dans notre mémoire collective. Le « Front populaire » appartient sans aucun doute à cette catégorie, au même titre que la « Révolution française » ou la « Libération ». Il nous est donc apparu important qu’en 2026, quatre-vingt-dix ans plus tard, un film vienne raconter l’histoire de ce mouvement politique, social et culturel qui a tout à la fois constitué la matrice de notre système politique et social actuel tout en divisant profondément les Français.

Ce « Front populaire », qui s’étend en réalité de 1934 à 1938, c’est l’histoire d’une impossible union de la gauche rendue nécessaire face au péril fasciste, l’histoire d’un monde ouvrier qui décide d’arracher ses propres conquêtes dans la grève, l’histoire surtout d’une transformation politique et sociale sans précédent avec l’instauration des congés payés, la semaine de 40 heures, la reconnaissance de délégués syndicaux dans les entreprises et l’invention d’une grande politique culturelle à la recherche d’une société plus libre, plus égalitaire et plus fraternelle. Mais c’est aussi l’histoire d’une société française politisée et fracturée comme jamais entre la gauche et la droite.

Nous sommes donc partis à la recherche des traces qu’a laissées le Front populaire en interrogeant notamment les chemins que prend la mémoire pour se transmettre et venir jusqu’à nous. Et d’abord à travers les récits familiaux, transmis génération après génération, de certains acteurs importants de la période comme Léon Blum raconté par son arrière-petit-fils Antoine Malamoud, Irène Joliot-Curie, racontée par sa fille Hélène Langevin, le colonel François de La Rocque raconté par son petit-fils Hugues de La Rocque…

Nous nous sommes également plongés dans des fonds d’archives exceptionnels comme les bobines tournées par les équipes cinématographiques de la SFIO ou du PC, récemment restaurées, ou les collections de photographies miraculeusement sauvegardées au sein des familles de Pierre Jamet ou de France Demay, deux témoignages fascinants sur la vie culturelle et sportive à l’époque du Front populaire.

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Sans oublier les archives préservées de François de La Rocque et de son PSF, les collections uniques de l’AFP pour l’année 1938 ou encore les archives que l’on appelle le « fonds de Moscou », ces documents liés aux mouvements de gauche qui avaient été volées par les nazis en 1940 puis transférées à Moscou par l’Armée rouge, maintenues au secret pendant plus de cinquante années et dont la découverte au début des années 2000 a profondément renouvelé le regard des historiens sur cette période.

Et ce qui nous a notamment frappés lors de la réalisation de cette fresque documentaire sur ces quatre années décisives, c’est l’étrange sentiment de faire en creux le récit de notre société contemporaine. Car, en 1933 et 1934, ce qui va entraîner la révolution politique du Front populaire, c’est l’irruption de régimes totalitaires et fascistes à nos frontières, une crise économique et agricole d’ampleur, une majorité introuvable à l’Assemblée nationale avec une valse historique des gouvernements et la montée d’une extrême droite française qui parvient alors à séduire au sein même de la droite parlementaire.

Mais comme on l’indique souvent au début des films de fiction, « toute ressemblance avec des faits ou des personnages actuels serait purement fortuite ».

Remarques 1 de do :

Léon Blum : « Nous armerons le prolétariat… tout le reste n’est que littérature ! »
(vidéo 36’’)

https://mai68.org/spip/spip.php?article5381

« Nous procèderons à l’armement du prolétariat ! »

Telle fut la La promesse électorale de léon Blum !

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Léon Blum : « Aussitôt que nous possèderons le pouvoir, nous détruirons et remplacerons par les nôtres les cadres de l’armée, de la magistrature, de la police et nous procèderons à l’armement du prolétariat ; nous pourrons alors construire la société collectiviste ou communiste. Tout le reste n’est que littérature ! »

Bien sûr, Léon Blum n’a pas armé le prolétariat, et il n’a même pas aidé les révolutionnaires espagnols de 1936 contre Franco. Mais constatez-le, voilà ce qu’il fallait dire à cette époque pour gagner une élection. Et constatez autre chose : la prétendue “extrême gauche” d’aujourd’hui en France est bien moins à gauche, dans le discours tout au moins, que la vieille SFIO de Léon Blum. Il faut en revenir à un tel rapport de force, à une telle conscience de classe, qu’un candidat de gauche, pour se faire élire, soit obligé comme Léon Blum de promettre l’armement du prolétariat !

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Remarque 2 de do :

Les ouvriers savaient que les élections ne résoudraient aucun problème

Mais, l’élection de Léon Blum a été pris par les ouvriers comme un signal qu’ils pouvaient faire la révolution immédiatement (“Battons le fer tant qu’il est chaud”). C’est pourquoi ils ont tout de suite entamé massivement l’occupation des usines.

Il s’est passé la même chose au Chili après l’élection d’Allende.

Malheureusement cela ne s’est pas passé pareil après l’élection de Mitterrand le 10 mai 1981 !

Remarque 3 de do sur les congés payés

Ce qui est souvent présenté comme un acquis essentiel du Front Populaire, les congés payés, n’avait nullement été réclamé par les ouvriers. Mais, comme après avoir gagné sur plein de revendications, les ouvriers continuaient d’occuper les usines, et à manger, et danser, et à vivre heureux sur leur “lieu de travail” au lieu de… reprendre le travail.

Comme les ouvriers ne se décidaient pas à rendre les usines aux patrons, ceux-ci ont eu l’idée de les envoyer à la mer grâce aux congés payés. C’est le seul moyen qu’ils ont trouvé pour reprendre possession de “leurs” usines !

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Sourcemai68.org

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